Catholic Church

ROMAINS, X

on juillet 6, 2024

Je veux juste une Foi qui soit sucre et tendresse  !

NON  ! Vous devez aller le dimanche à la Messe  !

C’est un grand mystère que les Israélites aient été, dans l’Ancien Testament, la race choisie parmi tous les hommes pour fournir au Fils de Dieu les moyens de vivre sur terre une vie humaine — afin qu’Il puisse souffrir et mourir pour tous les hommes en tant que leur Sauveur et Messie — et qu’ils aient néanmoins refusé de le reconnaître comme leur Messie lorsqu’Il fut venu finalement parmi eux. Pour trouver une explication, on a beau évoquer la condition humaine, le péché originel, l’orgueil humain  : le mystère demeure. Comment une race quelle qu’elle soit, après la meilleure préparation possible pendant les deux mille ans qui séparent Abraham de la venue de son Messie, refuse pourtant de Le reconnaître et se transforme au contraire, au cours des deux mille années suivantes, en Ses persécuteurs les plus habiles et les plus déterminés  ?

Dans le chapitre 9 de l’ Épître aux Romains, saint Paul commence à répondre à cette question en déclarant que le Peuple de Dieu n’a pas failli, mais que si, sous l’Ancien Testament, il se composait uniquement de Juifs nés au sein de leur race, sous le Nouveau Testament, il se compose maintenant de Juifs ou de Gentils grâce à leur foi en Jésus-Christ. Et si Dieu a choisi librement de favoriser par ce don de la Foi les Gentils plutôt que les Juifs, cela relevait de sa prérogative, et les Juifs n’avaient et n’ont toujours qu’eux-mêmes à blâmer pour leur refus de ce don. Ce refus sert à souligner la miséricorde de Dieu envers les Païens qui étaient auparavant incapables d’appartenir à Son Peuple et qui peuvent maintenant, grâce à la Foi catholique, appartenir à l’Église catholique, le véritable Israël selon l’esprit  ; alors que les Juifs qui refusent Jésus-Christ et qui s’accrochent à la loi mosaïque pour faire leur salut constituent un faux Israël selon la chair, et sont incapables de sauver leur âme.

Au chapitre 10, saint Paul oppose de la même manière deux « justices », ou états de salut devant Dieu, également appelés « justifications » (v. 1–4). La justification de l’Ancien Testament exigeait que l’on accomplît toutes les œuvres prescrites par la loi mosaïque, ce qui était humainement impossible, dit saint Paul (v. 5). Au contraire, la justification du Nouveau Testament n’exige pas de tâches aussi astreignantes, dépassant les forces humaines, mais requiert simplement que le Juif ou le Gentil croie en Jésus intérieurement et le professe extérieurement (v. 6–13). Il est vrai que pour croire en Jésus-Christ, il faut le connaître par l’intermédiaire d’un prédicateur (14–17), mais tous les hommes ne choisissent pas de croire, même s’ils connaissent le Christ (16). Ainsi, les Juifs ont entendu (18) et compris (19) l’Évangile du Christ, mais ils ont choisi (et choisissent librement au cours des siècles) de ne pas croire au Christ (21).

Dans ce chapitre 10 de l’ Épître aux Romains, les versets 6 à 13 revêtent une importance particulière, car ils forment l’un des textes-clés de l’Écriture que Luther a utilisé pour fonder le protestantisme et faire prendre son envol au monde moderne. Dans son contexte, saint Paul oppose la simplicité et la facilité d’une profession de foi à la difficulté inhumaine de l’accomplissement des œuvres de la loi mosaïque (voir Romains 7), mais il ne précise pas à cet endroit ce qui est nécessaire en plus de cette profession de foi pour permettre à une âme d’entrer dans l’Église catholique et d’être sauvée pour l’éternité. Par exemple, un homme peut avoir un fils très distrait, et si ce fils doit utiliser la voiture familiale, son père peut lui dire : « La voiture a besoin d’essence ». Or, pour rouler, la voiture a également besoin d’huile et d’eau, mais le père ne lui dit pas : « La voiture a besoin d’essence, d’huile et d’eau », parce que dans le contexte, même si cela est plus complet et parfaitement vrai, il n’y a pas besoin de dire tout cela à ce moment-là au fils.

Or Luther utilise cette citation de l’Écriture comme si, pour être sauvé, il suffisait de faire une profession de foi intérieure et extérieure dans le Christ. C’est comme si le père disait : « La voiture n’a besoin que d’essence », ce qui est manifestement faux. Pour rejoindre le Peuple de Dieu du Nouveau Testament, à savoir l’Église catholique, il faut aussi être baptisé  : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 16). Cela, saint Paul n’avait pas besoin de l’ajouter en Romains 10, 8–13. Mais en prétendant que St Paul disait que le salut chrétien ne requérait que la profession de foi du sujet, comme si les voitures n’avaient besoin que d’essence, Luther utilisait cette citation pour réduire en lambeaux l’Église catholique  ! Depuis lors, le subjectivisme (l’homme passe avant Dieu) s’est lentement mais sûrement saisi du catholicisme. Et nous en arrivons aujourd’hui jusqu’aux folies du ‘wokisme’.

Kyrie Eleison

 

COMMENT DEVIENT-ON CATHOLIQUE ?

on mai 25, 2024

Lorsqu’une âme comprend ce qu’est l’Éternité, 

Qu’elle ait son chapelet sans jamais le quitter.

Un lecteur de ces Commentaires, qui n’est manifestement pas catholique, demande comment le devenir. Cela peut intéresser plusieurs d’entre vous. Que le Bon Dieu bénisse tous les lecteurs qui sont dans ce cas, car c’est certainement une grâce de Sa part qui les incite à s’intéresser sérieusement à entrer dans é à Son unique et véritable Église, la vraie Église catholique romaine. Aujourd’hui, il faut bien entendu ajouter l’adjectif « vraie », car le Concile Vatican II (1962–1965) a fabriqué de toutes pièces une fausse Église destinée à conduire les âmes dans l’Enfer éternel plutôt qu’au Paradis éternel. La question « comment rejoindre la véritable Église ? » s’en trouve donc plus compliquée aujourd’hui. Mais si une âme cherche honnêtement cette Église, Dieu a d’innombrables manières de l’atteindre, avec toute l’aide nécessaire, et malgré tous les obstacles jetés sur Son chemin par des hommes dévoyés ou malfaisants. Qu’une telle âme ait confiance dans la Volonté de Dieu de l’amener au Ciel, car Dieu n’a besoin que de sa coopération permanente pour y réussir. 

On est catholique pour aller au Ciel. Et le Ciel est la béatitude surnaturelle, sans interruption, en elle-même bien au-dessus et bien au-delà de tous les pouvoirs naturels de notre esprit et de notre volonté humains. La béatitude consiste en la vision surnaturelle de Dieu tel qu’Il est en Lui-même et pas seulement tel que nous pouvons L’entrevoir à travers Ses créatures naturelles qui nous entourent durant notre courte vie sur cette terre. La porte d’accès à cette béatitude est le don surnaturel de Foi, qui vient de Dieu et dépasse de loin notre raison naturelle. Que je reçoive ou non de Dieu ce don essentiel au salut éternel, dépend entièrement de Lui et non de moi. Mais, d’un autre côté, un vieil adage dit qu’à quiconque fait tout ce qu’il est en sa nature de faire, Dieu ne refuse pas sa grâce (surnaturelle). C’est du bon sens si l’on veut, mais attention, la Foi reste pour l’essentiel un don gratuit de Dieu. Une fois que j’ai compris à quel point le don de la Foi est indispensable au salut, je peux alors mobiliser toutes mes forces pour demander à Dieu, dans la prière, de me donner cette Foi. (Il est vivement recommandé de prier le Rosaire, même si l’on ne croit pas encore que la Vierge Marie a été et est toujours la Mère de Dieu. Elle interviendra . . . ) 

Je peux aussi appliquer toutes mes facultés de raisonnement à l’examen de trois grandes propositions auxquelles mon esprit peut adhérer suite à un simple raisonnement humain (simple, mais droit !). Je dois alors garder en tête que si cette application de mes facultés peut certes aider Dieu à me communiquer le don de la Foi, cependant, mes facultés ne peuvent pas à elles seules faire descendre le don de Dieu sur moi. La Foi reste Son don gratuit. Comme le dit le pécheur à moitié croyant dans l’Évangile : « Seigneur, je crois, mais aide mon incrédulité ». Il n’était peut-être pas théologien, mais il parlait le langage catholique (Marc 9, 24). Ces trois propositions sont les suivantes : 1) Dieu existe ; 2) Jésus-Christ est et a toujours été Dieu ; 3) l’Église catholique romaine (la vraie) a été instituée par Jésus-Christ. 

1) Dieu existe — l’argument le plus évident tiré de Ses créatures (qui dit effet, dit cause nécessaire) est l’argument de la « conception intelligente ». L’intelligence est visible partout dans Sa création, mais elle ne peut pas venir des créatures qui sont elles-mêmes inintelligentes, comme les animaux, les végétaux et les minéraux. Un seul exemple : une araignée ne marche jamais sur les parties collantes de sa propre toile ! Seules les victimes de l’araignée le font. 

2) Jésus-Christ est et a toujours été Dieu — durant Sa vie sur terre, Il a accompli d’innombrables miracles que Dieu seul peut accomplir, car l’Auteur de la nature est le seul à pouvoir interrompre à volonté le cours normal de cette nature. La résurrection de Lazare (Jean 11) est un miracle stupéfiant accompli directement devant une foule largement hostile. Les reliques de Notre Seigneur qui révèlent à la science moderne des traces de Son ADN montrent qu’Il est né d’une mère humaine, mais non d’un père humain. En effet, Il est né de Marie mais Il a été conçu par le Saint-Esprit. 

3) Jésus-Christ a institué la (vraie) Église catholique romaine et aucune autre. L’histoire de l’humanité montre que toutes les autres dénominations « chrétiennes » ont vu le jour des siècles après sa venue sur terre (1–33 apr. J.-C.). Quant à toutes les religions non chrétiennes, elles nient toutes que Jésus soit Dieu, deuxième personne de la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Toutes ces religions ne peuvent être vraies, car il n’y a pas de place pour le mensonge dans le vrai Ciel du vrai Dieu ; et si elles prétendent encore qu’elles puissent être un chemin vers le Ciel, comme le fait Vatican II, elles mentent une seconde fois. On peut éventuellement se sauver en elles, mais certainement pas par elles. 

Si, après avoir examiné ces trois vérités préliminaires, une âme souhaite toujours devenir catholique, elle doit aller voir un prêtre catholique pour demander le baptême, qui est la nécessité normale pour entrer dans l’Église. 

Kyrie Eleison 

Maladie Mentale

on janvier 21, 2012

Un ami m’a présenté récemment une série d’arguments pour montrer pourquoi la FSSPX devrait faire un accord avec Rome, bien que les Discussions doctrinales de 2009–2011 aient montré que le désaccord doctrinal Rome-FSSPX est radical. Que l’un de ses arguments fasse le sujet de ce Commentaire-ci, car je crois qu’il ouvre la compréhension de la pleine dimension du problème auquel la FSSPX est confrontée.

Si la FSPX ne « normalise » pas bientôt sa position vis-à-vis de Rome, écrit-il, elle court le risque de perdre son sens de l’Eglise. Car il y a des laïcs et même des prêtres de la FSSPX qui sont à l’aise dans leur situation présente anormale et qui s’y sont adaptés, parce que la FSSPX « a tout ce dont elle a besoin, en particulier des évêques ». Une telle adaptation, écrit mon ami, tend vers une mentalité schismatique et un sédévacantisme pratique, sinon théorique. J’ai répondu qu’à mon avis un risque bien plus grand que celui de se laisser gagner par une mentalité schismatique est celui de contracter « la maladie spirituelle et mentale des Romains d’aujourd’hui en les fréquentant de trop près ». Une réponse scandaleuse ? Que je m’explique.

« Maladie mentale » est le mot appliqué à des hommes d’Eglise à Rome avec lesquels un autre ami s’est récemment entretenu longuement. Il dit que ce sont des hommes intelligents et sincères, parfaitement capables de saisir les arguments en faveur de la Tradition qui leur sont présentés, mais il conclut, « Ce sont des malades mentaux, mais ils ont l’autorité ». Certainement qu’en disant « malades mentaux » il ne pense nullement à injurier personnellement ces Romains, car il exprime quelque chose de beaucoup plus sérieux qu’une simple injure personnelle. Il signale l’état objectif des esprits romains, tel que ses conversations avec eux l’ont confirmé. Leurs esprits ne se préoccupent plus de vérité.

Un troisième ami, ayant lui aussi eu à parler avec des Romains, m’a dit la même chose avec des mots différents. Je lui demandais, « N’auriez-vous pas pu aller au fond du problème en abordant avec eux la question fondamentale de l’esprit et de la vérité ? ». Il répondit : « Non. Tout ce qu’ils auraient dit, c’est que c’est eux l’autorité, que l’Eglise catholique c’est eux, et que si nous voulons être catholiques, c’est à eux de nous dire ce qu’il faut pour l’être ». Comme une voiture marche à l’essence, de tels esprits ne marchent plus à la vérité mais à l’autorité. Or, le lait est une chose merveilleuse, bien sûr, mais imaginez un automobiliste qui insisterait avec le plus grand sérieux pour remplir le réservoir de sa voiture avec du lait ! Le problème gigantesque du monde moderne presque entier, c’est qu’il a perdu tout sens et amour de la vérité. L’Eglise a résisté le plus longtemps possible à cette perte de la vérité, mais avec Vatican II cette dernière résistance s’est aussi effondrée.

Car le monde moderne est éblouissant et d’un puissant attrait, et Rome de même ! Voici comment un ami Italien ressent le magnétisme des bureaux du Vatican : « Pénétrer dans les palais de Rome est une entreprise hasardeuse car l’air même que l’on respire à l’intérieur est irrésistible. Si on est fasciné par ces salles vénérables, c’est moins par le charme des personnages officiels (beaucoup ne sont pas charmants du tout !) que par l’impression qu’elles inspirent de tous leurs 2000 ans d’histoire de l’Eglise. S’agit-il de la fascination du Ciel ? De l’Enfer ? En tout cas l’atmosphère même du Vatican séduit les visiteurs et entraîne leur volonté ».

Et la fascination du Vatican ne constitue qu’une petite partie de la pression totale du monde moderne qui s’infiltre dans les esprits pour les mettre au pas, et les entraîner à sa suite. Cher ami, je préférerais être un sédévacantiste schismatique qu’un apostat romain. Mais Dieu aidant, je ne serai ni l’un ni l’autre !

Kyrie eleison.

Religion d’État ? – III

on janvier 14, 2012

Proclamer que les Etats n’ont pas besoin de professer ni de protéger la religion catholique est une erreur libérale classique, et l’une des plus grandes erreurs du Vatican II. Le libéralisme a dit, pour ainsi dire, « N’attaquons pas de front le Catholicisme, mais divisons pour régner. Divisons l’homme individuel d’avec la société en prétendant que l’homme n’est pas un animal social, et alors nous pourrons prétendre que la religion est uniquement une affaire individuelle. Cela nous permettra de nous emparer de la société, et une fois que nous l’aurons rendue libérale, nous pourrons la retourner contre l’individu en arme puissante pour le rendre lui aussi libéral, parce que, bien sûr, l’homme est un animal social ! Et alors si un quelconque individu ne veut pas être libéral, il aura de grandes difficultés à résister à sa société que nous aurons rendue libérale ». N’en est-il pas ainsi ? Regardez autour de vous ! Répondons alors à trois nouvelles objections à la doctrine selon laquelle, pour le salut des âmes, tout Etat devrait être catholique.

Excellence, Notre Seigneur lui-même a dit, « Rendez à César les choses qui sont de César, et à Dieu les choses qui sont de Dieu » (Mt.XXII, 21). Ici Notre Seigneur sépare clairement l’Eglise de l’Etat. Par conséquent aucun Etat ne devrait être impliqué dans le Catholicisme ni dans n’importe quelle autre religion.

Réponse : non, Notre Seigneur ne sépare pas ici l’Eglise de l’Etat ! Il ne fait que distinguer selon le bon sens entre ce que l’individu doit à l’Etat (impôts, etc.) et ce qu’il doit à Dieu (culte). En aucune façon Notre Seigneur ne dit que l’Etat temporel ne doit rien au Dieu éternel. De fait l’Etat, en tant qu’il est l’autorité collective temporelle d’une réunion d’êtres humains, doit à Dieu dans ses actes d’autorité ce que ces êtres humains doivent à Dieu en tant qu’ êtres sociaux, à savoir, l’observance de sa loi naturelle, et quant à l’Eglise, dont la raison naturelle par elle-même peut discerner qu’elle est la vraie, l’Etat lui doit une reconnaissance et soutien social, dans la mesure où cela ne sera pas contre-productif pour le salut des âmes.

Mais c’est à l’individu qu’il revient de discerner quelle est la vraie religion. Comment alors l’Etat en tant qu’Etat peut-il être obligé par principe d’être Catholique ?

Réponse : l’Etat n’est rien d’autre que l’association morale (c’est à dire non-matérielle) dans un corps politique d’un plus ou moins grand nombre d’êtres humains physiques (c’est-à-dire matériels). Or, chacun de ces êtres humains, rien que par l’usage correct de sa raison naturelle, avec ou sans la vertu surnaturelle de la Foi, est capable de discerner que Dieu existe, que Jésus-Christ est Dieu, et que l’Eglise Catholique est la seule Eglise fondée par Jésus-Christ. Si alors tel Etat ne discerne pas quelle est la vraie religion, ce n’est pas parce que ses citoyens ne peuvent pas la discerner, mais bien parce que diverses raisons font qu’ils ne la discernent pas ou ne veulent pas le faire, alors qu’ils en seraient bien capables par l’usage droit de la raison que Dieu leur a donnée. Devant Dieu ils porteront tous une responsabilité plus ou moins grande, parfaitement mesurée par Lui selon les conditions qui sont les leurs, pour ne pas l’avoir fait.

Mais, Excellence, si vous insistez sur l’obligation de chaque Etat à être Catholique, vous ferez tout simplement que les gens se braquent contre la bonne doctrine.

Réponse : C’est pour la gloire de Dieu et le salut éternel des âmes que chaque Etat devrait être catholique. Ainsi pour des hommes trop ignorants ou corrompus pour que cette vérité fasse autre chose que les aliéner, on peut, sans diminuer le principe, hésiter à le proclamer, mais cela ne le rend pas moins vrai pour autant. Les vrais principes ne sont pas moins vrais parce qu’il faut exercer parfois dans la pratique une certaine prudence dans la façon dont on les proclame. Assurément, aux lecteurs de ce « Commentaire » on peut dire la vérité entière !

Kyrie eleison.

Explosion Prochaine

on janvier 7, 2012

Si certains lecteurs ont trouvé le « Commentaire Eleison » de la semaine dernière un peu sombre pour le début de l’année, je m’en excuse vraiment, et je promets que celui de cette semaine se terminera sur une citation plus encourageante. Mais en vérité beaucoup de gens, ainsi qu’on me le dit, ignorent encore à quel point nous sommes menacés par un désastre économique qui plane sur le monde entier. Pire, ils ne saisissent pas la gravité pré-apocalyptique de la crise dans l’Eglise. Occupons-nous un moment de ce dernier point.

L’optique même de certains prêtres dans la Fraternité de St. Pie X c’est que la FSSPX est une Congrégation religieuse normale tandis que la Rome d’aujourd’hui n’est pas excessivement anormale. Il est vrai que Mgr. Lefebvre avait des mots très durs au sujet de Vatican II et des « anti christs » à l’intérieur du Vatican, mais au cours des 20 années qui nous séparent de sa mort, les choses ont changé en mieux. Maintenant nous avons un Pape, pensent-ils, qui est de cœur un Traditionaliste, ainsi que l’a prouvé sa libération de la Messe Tridentine et sa « rémission » des « excommunications » de 1988 des quatre évêques de la FSSPX. De sorte qu’il suffirait sûrement d’un tout petit peu de flexibilité de chaque côté pour que Rome et la FSSPX arrivent à une certaine entente qui permettrait à Rome de rendre à la FSSPX cette respectabilité dont elle n’aurait jamais dû être privée, et à la FSSPX de faire son entrée dans Rome en procession de triomphe. Réunis, les deux partiraient ensemble à la reconquête du monde entier pour le Christ. Les Discussions Doctrinales de 2009–2011 ont pu mettre en lumière une divergence doctrinale radicale, mais cela ne fait que prouver qu’il faut que l’entente soit purement pratique ( !).

Hélas, les prêtres qui se laissent bercer par un tel rêve ou bien n’ont jamais lu Pascendi, ou bien n’ont pas compris ce qu’ils ont lu. Dans sa grande Encyclique de 1907 St. Pie X avertissait l’Eglise que le Modernisme représente une menace majeure pour son existence même, parce que le Modernisme est ce qui coupe l’âme une fois pour toutes de la réalité, naturelle comme surnaturelle. C’est l’ultime fermeture de l’esprit sur lui-même dans son monde de rêves sans Dieu. L’erreur ne peut aller plus loin. Voici un exemple de cette auto-fermeture de l’esprit :

Vers la fin de la section sur le théologien Moderniste, Pascendi explique comment le Moderniste se fait fort d’être condamné par l’autorité de l’Eglise. Tout comme un tuyau de jardin ne doit pas être séparé du robinet qui lui permet d’arroser, ainsi l’Eglise ne doit pas être coupée de sa source dans la Tradition. L’Eglise a besoin alors de progresser par une interaction entre le Modernisme et la Tradition. Par conséquent les Modernistes ont besoin que l’autorité soit Traditionnelle, et qu’Elle fasse valoir la Tradition en les condamnant en tant que Modernistes. De cette façon, que le Pape les condamne ou ne les condamne pas, de toutes façons ils iront de l’avant, car même en les condamnant il contribue au progrès de l’Eglise ! Face le Pape perd, pile c’est eux qui gagnent. Voici l’erreur refermée sur elle-même. Dieu y perd à tous les coups.

Eh bien, le Seigneur Dieu des Armées garde en réserve une surprise pour ceux qui pensent ainsi. Pour sauver les âmes Il a lessivé le système totalement corrompu des hommes au temps de Noé, et pour sauver de nouveau les âmes Il peut cette fois-ci le dynamiter. La purification, cette fois-ci sèche, commence peut-être en 2012. Et la citation plutôt consolante ?—

« Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche » (Lc.XXI, 28). L’heure la plus sombre, dit-on, est juste avant l’aube.

Kyrie eleison.

Nouvelle Année

on décembre 31, 2011

Et ainsi encore une année se termine sans que le ciel nous soit tombé sur la tête (ainsi que le redoutaient nos ancêtres les Gaulois). Depuis des dizaines d’années je dis qu’il est sur le point de tomber, par exemple à un petit groupe de personnes en France il y a quelques cinq ou sept ans. Parmi eux il y avait un prêtre de la Fraternité St Pie X qui avait été séminariste à Ecône lorsque j’y étais professeur à la fin des années `70 et au début des années `80. « Excellence, » dit-il, « ne disiez-vous pas cela il y a 25 ans ? » Mais il le dit avec un petit sourire. Peut-être pensait-il qu’un jour je pourrais avoir raison.

Alors, est-ce que 2012 sera l’année qui voit tomber le ciel ? Nombreux sont les commentateurs séculiers qui pensent que ce pourrait bien être l’année ou l’économie mondiale implose. Certainement la dette ne peut s’empiler indéfiniment comme elle s’empile depuis des dizaines d’années. Par exemple, les aides sociales sont un fardeau insupportable qui pèse sur le budget de nombreuses démocraties occidentales, mais presque par définition un politicien démocratique est incapable de prendre les décisions drastiques nécessaires pour restaurer l’équilibre fiscal, parce que s’il veut être réélu il ne peut y toucher. On a bien dit qu’une démocratie ne peut plus durer à partir du moment où le peuple se rend compte qu’il a accès à l’argent de l’Etat.

Alors, 2012 est-elle l’année ou les démocraties occidentales finiront par tomber ? Peut-être. En effet beaucoup de gens aujourd’hui ont la sensation qu’un quelconque désastre se prépare, et sûrement cela ne mettra pas 30 ans encore pour arriver, se dit-on. Pourtant cela fait déjà beaucoup d’années qu’on se le dit. Peut-être le libéralisme a-t-il enivré les gens à tel point que même le chaos qui va toujours augmentant les laisse indifférents. Néanmoins tandis que les roues du moulin de Dieu moulent lentement, dit le proverbe, elles moulent très finement. En d’autres mots toutes les factures de Dieu devront être payées, et le jour du règlement viendra, et ce sera sur des comptes bien plus sérieux que ceux des aides sociales.

Sera-ce pour cette année, l’année prochaine, un jour, jamais ? Certainement pas jamais. Il arrivera à l’heure de Dieu. L’année importe relativement peu. Comme le dit Hamlet (Act V,2), « Il y a une providence dans la chute d’un moineau. Si c’est maintenant, ce n’est pas pour demain ; si ce n’est pas pour demain, ce sera maintenant ; si ce n’est pas pour maintenant, de toute façon cela arrivera : le tout est de se tenir prêt. » Il y a une Providence. Il y a un Dieu, et le moment choisi par Lui est le meilleur pour le salut des âmes. « Le moment de Dieu est le meilleur de tous », dit le proverbe allemand.

Remarquez, Dieu ne demande pas à la plupart d’entre nous d’essayer de faire quelque chose pour entraver la course présente de l’Eglise et du monde vers leur destruction. Je parie que même bon nombre de leaders publiques du monde se sentent en privé incapables de faire quoi que ce soit, et je me demande si jusqu’aux contrôleurs secrets du monde, poussés par l’Enfer à se faire les maîtres du monde, se sentent toujours sûrs d’être maîtres du jeu. « Dès maintenant, il n’y a que Moi qui puisse vous aider, » a dit la Mère de Dieu.

Ce que Dieu nous demande c’est de vivre en sa grâce et de lui faire confiance. Quand arrivera l’effondrement, que ce soit en 2012 ou à un autre moment, du point de vue humain ce sera sans aucun doute plutôt douloureux, mais du point de vue de Dieu ses châtiments sont des actes de miséricorde. St. Paul cite les Proverbes (III, 11–12) : « Mon fils, ne rejette pas la correction du Seigneur, et ne défaille point quand tu es châtié par Lui. Car celui que le Seigneur aime, Il le châtie. » Et St. Paul enclenche (Héb.XII, 7–8) : « Supportez donc la correction. Dieu vous traite comme des fils. Car quel est le fils que le père ne corrige pas ? Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non de vrais fils. »

Le tout est de se tenir prêt, comme les vierges sages de la parabole (Mt. XXV, 1–13).

Joyeux Nouvel An.

Kyrie eleison.