Catholic Church

ROMAINS, X

ROMAINS, X on juillet 6, 2024

Je veux juste une Foi qui soit sucre et tendresse  !

NON  ! Vous devez aller le dimanche à la Messe  !

C’est un grand mystère que les Israélites aient été, dans l’Ancien Testament, la race choisie parmi tous les hommes pour fournir au Fils de Dieu les moyens de vivre sur terre une vie humaine — afin qu’Il puisse souffrir et mourir pour tous les hommes en tant que leur Sauveur et Messie — et qu’ils aient néanmoins refusé de le reconnaître comme leur Messie lorsqu’Il fut venu finalement parmi eux. Pour trouver une explication, on a beau évoquer la condition humaine, le péché originel, l’orgueil humain  : le mystère demeure. Comment une race quelle qu’elle soit, après la meilleure préparation possible pendant les deux mille ans qui séparent Abraham de la venue de son Messie, refuse pourtant de Le reconnaître et se transforme au contraire, au cours des deux mille années suivantes, en Ses persécuteurs les plus habiles et les plus déterminés  ?

Dans le chapitre 9 de l’ Épître aux Romains, saint Paul commence à répondre à cette question en déclarant que le Peuple de Dieu n’a pas failli, mais que si, sous l’Ancien Testament, il se composait uniquement de Juifs nés au sein de leur race, sous le Nouveau Testament, il se compose maintenant de Juifs ou de Gentils grâce à leur foi en Jésus-Christ. Et si Dieu a choisi librement de favoriser par ce don de la Foi les Gentils plutôt que les Juifs, cela relevait de sa prérogative, et les Juifs n’avaient et n’ont toujours qu’eux-mêmes à blâmer pour leur refus de ce don. Ce refus sert à souligner la miséricorde de Dieu envers les Païens qui étaient auparavant incapables d’appartenir à Son Peuple et qui peuvent maintenant, grâce à la Foi catholique, appartenir à l’Église catholique, le véritable Israël selon l’esprit  ; alors que les Juifs qui refusent Jésus-Christ et qui s’accrochent à la loi mosaïque pour faire leur salut constituent un faux Israël selon la chair, et sont incapables de sauver leur âme.

Au chapitre 10, saint Paul oppose de la même manière deux « justices », ou états de salut devant Dieu, également appelés « justifications » (v. 1–4). La justification de l’Ancien Testament exigeait que l’on accomplît toutes les œuvres prescrites par la loi mosaïque, ce qui était humainement impossible, dit saint Paul (v. 5). Au contraire, la justification du Nouveau Testament n’exige pas de tâches aussi astreignantes, dépassant les forces humaines, mais requiert simplement que le Juif ou le Gentil croie en Jésus intérieurement et le professe extérieurement (v. 6–13). Il est vrai que pour croire en Jésus-Christ, il faut le connaître par l’intermédiaire d’un prédicateur (14–17), mais tous les hommes ne choisissent pas de croire, même s’ils connaissent le Christ (16). Ainsi, les Juifs ont entendu (18) et compris (19) l’Évangile du Christ, mais ils ont choisi (et choisissent librement au cours des siècles) de ne pas croire au Christ (21).

Dans ce chapitre 10 de l’ Épître aux Romains, les versets 6 à 13 revêtent une importance particulière, car ils forment l’un des textes-clés de l’Écriture que Luther a utilisé pour fonder le protestantisme et faire prendre son envol au monde moderne. Dans son contexte, saint Paul oppose la simplicité et la facilité d’une profession de foi à la difficulté inhumaine de l’accomplissement des œuvres de la loi mosaïque (voir Romains 7), mais il ne précise pas à cet endroit ce qui est nécessaire en plus de cette profession de foi pour permettre à une âme d’entrer dans l’Église catholique et d’être sauvée pour l’éternité. Par exemple, un homme peut avoir un fils très distrait, et si ce fils doit utiliser la voiture familiale, son père peut lui dire : « La voiture a besoin d’essence ». Or, pour rouler, la voiture a également besoin d’huile et d’eau, mais le père ne lui dit pas : « La voiture a besoin d’essence, d’huile et d’eau », parce que dans le contexte, même si cela est plus complet et parfaitement vrai, il n’y a pas besoin de dire tout cela à ce moment-là au fils.

Or Luther utilise cette citation de l’Écriture comme si, pour être sauvé, il suffisait de faire une profession de foi intérieure et extérieure dans le Christ. C’est comme si le père disait : « La voiture n’a besoin que d’essence », ce qui est manifestement faux. Pour rejoindre le Peuple de Dieu du Nouveau Testament, à savoir l’Église catholique, il faut aussi être baptisé  : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16, 16). Cela, saint Paul n’avait pas besoin de l’ajouter en Romains 10, 8–13. Mais en prétendant que St Paul disait que le salut chrétien ne requérait que la profession de foi du sujet, comme si les voitures n’avaient besoin que d’essence, Luther utilisait cette citation pour réduire en lambeaux l’Église catholique  ! Depuis lors, le subjectivisme (l’homme passe avant Dieu) s’est lentement mais sûrement saisi du catholicisme. Et nous en arrivons aujourd’hui jusqu’aux folies du ‘wokisme’.

Kyrie Eleison

 

COMMENT DEVIENT-ON CATHOLIQUE ?

COMMENT DEVIENT-ON CATHOLIQUE ? on mai 25, 2024

Lorsqu’une âme comprend ce qu’est l’Éternité, 

Qu’elle ait son chapelet sans jamais le quitter.

Un lecteur de ces Commentaires, qui n’est manifestement pas catholique, demande comment le devenir. Cela peut intéresser plusieurs d’entre vous. Que le Bon Dieu bénisse tous les lecteurs qui sont dans ce cas, car c’est certainement une grâce de Sa part qui les incite à s’intéresser sérieusement à entrer dans é à Son unique et véritable Église, la vraie Église catholique romaine. Aujourd’hui, il faut bien entendu ajouter l’adjectif « vraie », car le Concile Vatican II (1962–1965) a fabriqué de toutes pièces une fausse Église destinée à conduire les âmes dans l’Enfer éternel plutôt qu’au Paradis éternel. La question « comment rejoindre la véritable Église ? » s’en trouve donc plus compliquée aujourd’hui. Mais si une âme cherche honnêtement cette Église, Dieu a d’innombrables manières de l’atteindre, avec toute l’aide nécessaire, et malgré tous les obstacles jetés sur Son chemin par des hommes dévoyés ou malfaisants. Qu’une telle âme ait confiance dans la Volonté de Dieu de l’amener au Ciel, car Dieu n’a besoin que de sa coopération permanente pour y réussir. 

On est catholique pour aller au Ciel. Et le Ciel est la béatitude surnaturelle, sans interruption, en elle-même bien au-dessus et bien au-delà de tous les pouvoirs naturels de notre esprit et de notre volonté humains. La béatitude consiste en la vision surnaturelle de Dieu tel qu’Il est en Lui-même et pas seulement tel que nous pouvons L’entrevoir à travers Ses créatures naturelles qui nous entourent durant notre courte vie sur cette terre. La porte d’accès à cette béatitude est le don surnaturel de Foi, qui vient de Dieu et dépasse de loin notre raison naturelle. Que je reçoive ou non de Dieu ce don essentiel au salut éternel, dépend entièrement de Lui et non de moi. Mais, d’un autre côté, un vieil adage dit qu’à quiconque fait tout ce qu’il est en sa nature de faire, Dieu ne refuse pas sa grâce (surnaturelle). C’est du bon sens si l’on veut, mais attention, la Foi reste pour l’essentiel un don gratuit de Dieu. Une fois que j’ai compris à quel point le don de la Foi est indispensable au salut, je peux alors mobiliser toutes mes forces pour demander à Dieu, dans la prière, de me donner cette Foi. (Il est vivement recommandé de prier le Rosaire, même si l’on ne croit pas encore que la Vierge Marie a été et est toujours la Mère de Dieu. Elle interviendra . . . ) 

Je peux aussi appliquer toutes mes facultés de raisonnement à l’examen de trois grandes propositions auxquelles mon esprit peut adhérer suite à un simple raisonnement humain (simple, mais droit !). Je dois alors garder en tête que si cette application de mes facultés peut certes aider Dieu à me communiquer le don de la Foi, cependant, mes facultés ne peuvent pas à elles seules faire descendre le don de Dieu sur moi. La Foi reste Son don gratuit. Comme le dit le pécheur à moitié croyant dans l’Évangile : « Seigneur, je crois, mais aide mon incrédulité ». Il n’était peut-être pas théologien, mais il parlait le langage catholique (Marc 9, 24). Ces trois propositions sont les suivantes : 1) Dieu existe ; 2) Jésus-Christ est et a toujours été Dieu ; 3) l’Église catholique romaine (la vraie) a été instituée par Jésus-Christ. 

1) Dieu existe — l’argument le plus évident tiré de Ses créatures (qui dit effet, dit cause nécessaire) est l’argument de la « conception intelligente ». L’intelligence est visible partout dans Sa création, mais elle ne peut pas venir des créatures qui sont elles-mêmes inintelligentes, comme les animaux, les végétaux et les minéraux. Un seul exemple : une araignée ne marche jamais sur les parties collantes de sa propre toile ! Seules les victimes de l’araignée le font. 

2) Jésus-Christ est et a toujours été Dieu — durant Sa vie sur terre, Il a accompli d’innombrables miracles que Dieu seul peut accomplir, car l’Auteur de la nature est le seul à pouvoir interrompre à volonté le cours normal de cette nature. La résurrection de Lazare (Jean 11) est un miracle stupéfiant accompli directement devant une foule largement hostile. Les reliques de Notre Seigneur qui révèlent à la science moderne des traces de Son ADN montrent qu’Il est né d’une mère humaine, mais non d’un père humain. En effet, Il est né de Marie mais Il a été conçu par le Saint-Esprit. 

3) Jésus-Christ a institué la (vraie) Église catholique romaine et aucune autre. L’histoire de l’humanité montre que toutes les autres dénominations « chrétiennes » ont vu le jour des siècles après sa venue sur terre (1–33 apr. J.-C.). Quant à toutes les religions non chrétiennes, elles nient toutes que Jésus soit Dieu, deuxième personne de la Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Toutes ces religions ne peuvent être vraies, car il n’y a pas de place pour le mensonge dans le vrai Ciel du vrai Dieu ; et si elles prétendent encore qu’elles puissent être un chemin vers le Ciel, comme le fait Vatican II, elles mentent une seconde fois. On peut éventuellement se sauver en elles, mais certainement pas par elles. 

Si, après avoir examiné ces trois vérités préliminaires, une âme souhaite toujours devenir catholique, elle doit aller voir un prêtre catholique pour demander le baptême, qui est la nécessité normale pour entrer dans l’Église. 

Kyrie Eleison 

Pommes Pourries

Pommes Pourries on mai 14, 2011

De deux façons une pomme pourrie peut jeter un peu de lumière sur les ténèbres de l’Église actuellement éclipsée. D’abord, on n’attend pas que chaque partie d’une pomme soit pourrie pour l’appeler une pomme pourrie. Pourtant certaines parties ne sont pas encore pourries. Pour répondre alors à la question si la pomme est pourrie, il faut faire une double distinction : comme un tout, oui ; ces parties-ci, oui ; ces parties-là, non. Ensuite, une pomme encore bonne et sa pourriture sont bien distinctes l’une de l’autre, mais elles ne sont pas pour autant séparables. La pourriture étreint la pomme sans laquelle elle périt. C’est du bon sens. Appliquons la première partie à la Nouvelle Messe et à l’Église conciliaire, la deuxième partie à l’Église et à la Papauté.

La Nouvelle Messe est pourrie comme un tout par son anthropocentrisme conciliaire, et certaines parties ne sont manifestement pas catholiques, par exemple l’Offertoire, mais d’autres parties sont catholiques, comme le

Kyrie eleison. Puisqu’elle est pourrie comme un tout, en transformant peu à peu les catholiques en protestants, il ne faut pas y assister, mais cela n’empêche pas que cette partie qu’est la Consécration puisse être valide. Dès lors on ne peut dire ni que la Nouvelle Messe est valide, donc on peut y assister, ni qu’on ne peut pas y assister, donc elle est invalide. En vérité, dans sa partie essentielle elle peut être valide, mais cela ne suffit pas comme raison pour exposer sa foi au danger d’y assister comme un tout.

De même, l’Église d’aujourd’hui et pourrie comme un tout pour autant que le conciliarisme s’y trouve bien répandue, mais cela ne signifie pas que toute partie de l’Église soit pourrie de conciliarisme. Alors il est tout aussi faux de condamner telle partie encore catholique à cause de la pourriture du tout conciliaire, que d’excuser le tout conciliaire à cause des parties encore catholiques. Si l’on veut que son esprit corresponde à la réalité, il faut distinguer non seulement entre les différentes parties mais aussi entre les parties et le tout.

Passant à la deuxième partie de la comparaison avec une pomme pourrie, nous pouvons dire qu’il est vraiment utile de parler de deux églises, à savoir de l’Église catholique et de « l’Église conciliaire », parce que le conciliarisme se trouve dans la réalité répandu dans toute l’Église, même si dans leur état pur le catholicisme et le conciliarisme s’excluent mutuellement comme la pomme et sa pourriture. Mais dans la réalité actuelle elles ne sont pas plus séparables que la pourriture de sa pomme, ou n’importe quel parasite de son hôte. Dans la réalité il n’y a qu’une seule Église, l’Église catholique, infectée partout aujourd’hui par la pourriture conciliaire.

De même pour chaque Pape conciliaire, il est vraiment utile que de dire qu’il est la tête unique de deux églises, parce que de par ses paroles et actions, tantôt catholiques, tantôt conciliaires, il se met à la tête et de l’Église catholique et de la pourriture conciliaire. Pourtant cela ne veut pas dire qu’il est la tête de deux églises en réalité séparées. Cela veut dire qu’il est la tête et du catholicisme et du conciliarisme dans l’unique Église catholique, à présent défigurée partout par la pourriture conciliaire.

Et pourquoi nos chefs de l’Église sont-ils à tel point amourachés de la pourriture conciliaire ? C’est parce qu’en hommes modernes ils ne peuvent se passer de la liberté. C’est une autre histoire. En attendant, nous devons prier de toutes nos forces pour Benoît XVI, pour qu’il comprenne de nouveau la différence entre une pomme et sa pourriture !

Kyrie Eleison.

Vrai Pape ? – I

Vrai Pape ? – I on avril 30, 2011

Depuis que j’ai dit il y a trois semaines (CE 195, 9 avril) que la béatification demain de Jean-Paul II ne fera de lui qu’un Néo-bienheureux de la Nouvelleglise, il était raisonnable que l’on me demandât si je ne suis pas ce qu’on appelle un « sédévacantiste ». Après tout, si je déclare virtuellement que Benoît XVI est un Néo-pape, comment puis-je croire encore qu’il est un vrai Pape ? En l’occurrence je crois qu’il est non seulement Néo-pape de l’Église conciliaire, mais aussi vrai Pape de l’Eglise catholique, parce que les deux choses ne s’excluent pas encore complètement l’une l’autre, et alors je ne crois pas que le Siège de Rome soit vacant. Voici la premi è re partie de mon raisonnement :—

D’une part je considère que Benoît XVI est un Pape valide parce qu’il a été validement élu Évêque de Rome par les prêtres des paroisses romaines, c’est-à-dire les Cardinaux, au conclave de 2005, et même si par quelque défaut caché l’élection en elle-même n’était pas valide, elle aura été convalidée, comme l’enseigne l’Église, par le fait que l’Église universelle a accepté Benoît XVI comme Pape après l’élection. Envers cet élu en tant que tel je voudrais alors montrer tout le respect, la révérence et le soutien que les catholiques doivent au Vicaire du Christ.

D’autre part les paroles et actions du Pontife sont manifestement celles d’un Pape « conciliaire », chef de l’Église conciliaire. Cela est clairement prouvé – et ce ne sont là que les preuves les plus récentes – par la néo-béatification demain de Jean-Paul II, grand promoteur de Vatican II, et par la commémoration en octobre prochain de l’événement désastreux d’Assise organisé par Jean-Paul II en 1986, où le Premier Commandement de Dieu a été bafoué au nom de l’œcuménisme conciliaire de l’homme. En effet, là où le Premier Commandement exclut absolument les fausses religions (Deut.V, 7–9), virtuellement Vatican II les embrasse toutes ( Unitatis redintegratio, Nostra Aetate ). Donc je crois que Benoît XVI est bien le Vicaire du Christ, mais je crois aussi qu’il trahit sa fonction sacrée de confirmer ses frères dans la Foi (Lc.XXII, 32), et alors tout en le respectant comme il faut en tant que successeur de Pierre, je n’entends ni le suivre ni lui obéir (Actes V,29) lorsqu’il n’agit pas comme Pierre. C’est la même distinction que faisait toujours Mgr. Lefebvre.

Mais observez que tout en trahissant – au moins objectivement – la vraie religion, Benoît XVI y tient ! Par exemple, en voulant empêcher que l’on accuse Assise III comme on a accusé Assise I de mélanger les religions, il annonce que la grande procession de toutes les religions ensemble en octobre aura lieu en silence. Autrement dit, tout en promouvant l’erreur, Benoît XVI n’entend pas abandonner la vérité ! De cette façon il ne cesse pas de ressembler à un arithméticien qui prétend que deux et deux peuvent faire indifféremment quatre ou cinq ! Lorsque c’est le Pape qui raisonne ainsi, c’est une recette pour la confusion dans l’Église de haut en bas, parce que quiconque le suit dans ce système -là d’arithmétique du 4 ou 5 s’enfoncera la tête dans la plus pure contradiction et confusion !

Mais observez encore que Benoît XVI en tant qu’arithméticien personnel prétend absolument qu’il croit que deux et deux font quatre. Et pour autant qu’il est sincère ce faisant, et il y paraît sincère – Dieu seul le sait avec certitude – il s’ensuit qu’il ne persiste pas à nier ce qu’il sait être des vérités définies de la Foi catholique. Au contraire, il semble convaincu, comme le montre Mgr Tissier, qu’il « régénère » ces vérités à l’aide de la pensée moderne ! Dès lors il devient difficile de prouver dans son cas l’accusation d’hérésie formelle, et voilà pourquoi même son amour et sa promotion de deux et deux font cinq ne fait pas encore de moi-même un sédévacantiste.

Mère de Dieu, Siège de la Sagesse, protégez-nous de la confusion !

Kyrie Eleison.

Les Lettres du Directeur

Les Lettres du Directeur on avril 23, 2011

Plusieurs lecteurs de ce « Commentaire » ne connaissent peut-être pas les Lettres du Directeur auxquelles le « Commentaire » du 5 mars fit référence. Écrites chaque mois entre 1983 et 2003 par le Directeur du Séminaire St. Thomas d’Aquin où se forment aux États Unis les futurs prêtres de la Fraternité St. Pie X, elles ont été réunies en quatre volumes que l’on peut trouver sur l’Internet au site truerestorationpress.com/4volsletters. Une Écossaise convertie il y a 18 ans les a lues récemment. Voici un résumé de ses réactions intéressantes :—

« Ces Lettres m’ont étonnée et épatée . . . J’étais une hurluberlue du Nouvel Age qui n’a fui le Démon du Nouvel Age et ne s’est sauvée dans l’Église catholique que pour y retrouver le même Démon dans ses sanctuaires ! . . . Pour défendre la Foi, si seulement les cardinaux, évêques et prêtres de l’Église conciliaire n’étaient que des poltrons et des hypocrites, mais il y en a beaucoup dont on dirait qu’ils se délectent avec une vraie méchanceté à déchiqueter ses traditions et ses croyances. »

Au contraire, « Ces Lettres sont merveilleusement et glorieusement catholiques . . . Elles expliquent la folie de ces « conservateurs » et fidèles d’Ecclesia Dei qui cherchent à résoudre la crise de l’Église sans critiquer le Concile. De tels catholiques ne se bornent-ils pas à considérer les apparences des réformes conciliaires, par exemple dans la liturgie et la discipline, sans pénétrer jusqu’à leur essence, qui est le profond changement de pensée dans l’Église, lequel a tourneboulé sa façon de concevoir sa doctrine ? On le voit dans les documents du Concile sur la Liberté Religieuse et l’Œcuménisme .

« Les Lettres qui traitent du Pluralisme et de la version Libérale de la dignité humaine présentent très clairement la nature de ce changement. Comme elles ne cessent de démontrer, il est impossible de comprendre le monde moderne et ce qu’il inflige à l’Église qu’il happe, si on ne comprend pas ce bouleversement de la pensée de la Rome moderne. Et si les gens d’Ecclesia Dei font l’objection que l’on ne peut pas critiquer aussi radicalement le Concile sans nier que le Pape soit vraiment Pape, les Lettres fournissent une abondance d’arguments pour prouver combien est sage la position de la FSSPX, qui ne dévie ni à gauche avec les Libéraux, ni à droite avec les « Sédévacantistes »

« Quant à la recherche du contact avec le monde moderne, les hommes de l’Église conciliaire ont peu d’utile à dire. Ils sont trop perdus dans leur rêve révolutionnaire pour pouvoir faire face à ses conséquences désastreuses. Ils ne sauraient jamais écrire des lettres comme celles du Directeur au sujet de Pink Floyd, de l’Unabomber, d’Oliver Stone ou des enfants réfugiés dans les bois, parce que l’Église officielle, au lieu d’être profondément mécontente de ce monde matérialiste qui nous prend actuellement à la gorge, semble ne vouloir que l’accompagner. Il faut lire les Lettres rien que pour leur chronique des temps actuels, mais peut-être leur pleine valeur ne paraîtra-t-elle que plus tard – à l’aube de la Sixième Epoque de l’Église, quand triomphera le Cœur Immaculé de Marie ? »

Mais notre bonne Écossaise garde le meilleur pour la fin : « Qui plus est – et jamais je n’aurais pensé le dire – les Lettres sur les pantalons des femmes m’ont encouragée à me mettre à repenser mes ‘solutions vestimentaires’. » Alors, là ! Décidemment, lorsque les femmes renonceront aux pantalons, l’Église sera pour de vrai sur le chemin de sa résurrection !

Kyrie Eleison.

Veillez !

Veillez ! on avril 16, 2011

La situation du monde est tellement sérieuse que l’on entend des bruits comme quoi le désastre d’il y a un mois au Japon, avec ses quelque 27,000 de morts, en temps de paix, ne fut pas un acte de Dieu mais un crime des hommes. Que peut y faire encore le catholique pour sauver son âme ? En vérité il ne peut plus faire grande chose pour le monde, mais pour lui-même le moins qu’il puisse faire, c’est de veiller, ou ne pas s’endormir.

C’est Notre Seigneur au Jardin de Gethsémani qui même avant de prier nous recommande de veiller, c’est-à-dire de garder les yeux ouverts et ne pas se laisser prendre par le sommeil (Mt. XXVI, 41). La raison en est évidente. Si comme Pierre, Jacques et Jean, je ne veille pas (Mt.XXVI, 43), je cesserai de prier, et cela peut-être, comme c’était leur cas, au moment où Notre Seigneur en a le plus besoin. Combien de catholiques n’y a-t-il pas eu, surtout parmi le clergé, qui en ne faisant pas assez attention aux signes des temps dans l’Eglise et dans le monde, se sont faits prendre complètement à court par Vatican II ? Voilà pourquoi le « Commentaire Eleison », comme jadis les « Lettres du Directeur », se tournent constamment vers les questions politiques et économiques pour que les fidèles, en s’y éveillant, se rendent compte de leur religion et de ses exigences, dépassées de loin par ses promesses (I Cor.II,9).

Aussi un expert de Wall Street (voir jsmineset.com, 30 mars, 2011) a-t-il beau dire, « Le système financier est fichu, irréparablement. De plus il n’y a aucun désir de réparer quoi que ce soit, parce que ceux qui sont au courant savent que c’est impossible. Voilà le monde tel qu’il est sorti de la destruction de la Banque Lehman. Ce n’est pas le meilleur des mondes . . . » Jim Sinclair dit que les banques centrales ont beau créer sans cesse leur argent bidon, comme on peut le qualifier . . . « Le mal est fait et il n’y a pas de solution, » et il prie ses lecteurs de se «  rendre matériellement auto-suffisants » – c’est moi qui souligne.

Néanmoins même les catholiques de la Tradition sont tentés de sommeiller, voire s’endormir. Voici deux témoignages récents. Le premier vient d’un professeur dans une école de la Tradition : « Je me sens affreusement seul dans la bataille, pas celle qu’on mène contre les ennemis dans le monde en dehors, mais celle qui se mène à l’intérieur de la Fraternité St Pie X avec une telle finesse que personne ne semble s’en apercevoir. Tout comme dans l’Église des années 1960, petit à petit on change de comportement. »

Le deuxième témoignage vient d’un Américain situé pour observer ce qui se passe sur la scène de la Tradition catholique aux USA aujourd’hui : « Il me semble que l’esprit de combat catholique est en baisse. Je vois beaucoup de catholiques de la Tradition, surtout des pères de famille, qui se mettent au diapason du monde. Le combat n’a plus d’importance pour eux. Ils se contentent de leur belle Messe le dimanche, le lundi ils envoient leurs enfants à l’école publique. A chaque élection ils s’en vont voter pour le moindre mal, ils suivent Fox News (conservateur ?) et comptent sur le Parti Républicain (conservateur ?) pour résoudre les problèmes du monde entier. A mon humble avis ce manque de combativité se répand de plus en plus dans le monde de la Tradition. Nous autres laïcs sommes-nous en train de recréer les mêmes circonstances qui ont abouti à Vatican II ? Les catholiques tièdes forment-ils la majorité des fidèles de la Tradition ? Je crains qu’il ne faille répondre à ces deux questions par, oui. »

En effet, n’est-il pas bien plus facile aujourd’hui de renoncer à l’effort de nager à contre-courant ? N’est-il pas bien plus commode de retomber dans les bras de Morphée ? Le moins que l’on puisse faire pour soi-même, c’est d’éjecter le téléviseur.

Kyrie Eleison.