Catégorie : Les Commentaires Eleison

AVIS pour TEMPS de NÉCESSITÉ – II

AVIS pour TEMPS de NÉCESSITÉ - II posted in Les Commentaires Eleison on février 24, 2024

Le déluge d’horreurs de la Troisième Guerre

Diront d’un Dieu très bon la gloire et la colère.

Aucun lecteur de ces Commentaires n’a envoyé de questions théoriques comparables à la série de questions pratiques de la semaine dernière sur la crise sans précédent dans l’Église aujourd’hui (CE 866 du 17 février). Mais il vaut la peine d’inventer une telle série, pour offrir des réponses aux questions théoriques, dans l’éventualité où quelques lecteurs comprendraient mieux la confusion créée par Vatican II. Car ce Concile est une pente aussi glissante que dangereuse.

1 Q uel est donc l’élément au cœur de cette confusion  ? Est-ce ce que l’on appelle le « modernisme »  ? Qu’est-ce que le modernisme  ?

Réponse  : le modernisme est la grande erreur des temps modernes, par laquelle même des ecclésiastiques instruits peuvent en venir à croire que l’Église du passé n’a plus besoin d’élever l’humanité à des hauteurs surnaturelles que l’homme ne serait plus capable d’atteindre. Au contraire, « l’humanité est tellement différente à l’époque moderne que pour l’atteindre au fond de son matérialisme, l’Église doit mettre à jour sa doctrine, sa morale, sa liturgie, tout. Si les hommes ne peuvent plus s’élever au niveau spirituel de l’Église, l’Église doit s’abaisser au niveau matériel des hommes », disent les modernistes, du moins en substance.

2  Mais la fonction de l’Église n’est-elle pas d’aller vers les hommes, où qu’ils se trouvent  ?

Oui  ! Mais pas en faisant n’importe quoi  ! Tous les pompiers veulent éteindre des incendies, mais le premier liquide venu ne fait pas l’affaire. Quel pompier utiliserait de l’essence à la place de l’eau ? L’eau et l’essence ont chacune leur nature immuable, indépendante de la volonté des hommes. L’eau éteint le feu (surprise  !), tandis que l’essence l’alimente (« mais qui suis-je pour en juger  ? »). De la même manière, le chant grégorien et la musique rock ont chacun leur nature immuable et opposée, avec des effets opposés et immuables. Le chant grégorien attirera les âmes vers l’église, le rock vers la salle de danse, mais le rock n’attirera pas vers l’église. Certains modernistes veulent bien faire, mais ils sont stupides s’ils pensent que la musique fonctionne aujourd’hui différemment de ce qu’elle était hier. Pour être attirées vers Dieu, les âmes ont besoin d’une musique calme et non agitée.

3  Mais toute la vie moderne est agitée, comparée à la vie d’hier. Alors comment une âme d’aujourd’hui pourrait-elle parvenir à Dieu  ?

C’est le moins qu’on puisse dire  ! Après 6000 ans d’histoire, on pourrait penser que les hommes ont appris à connaître la nature, les effets et les conséquences des choses, mais non. Notre époque part pour ainsi dire du principe que l’homme peut vouloir que les natures aient les effets qu’il souhaite. Tout est devenu si dégénéré et instable que la vie se transforme en une agitation continuelle et que les jeunes ne supportent plus une musique trop calme. Mais cela ne veut pas dire que les natures ont changé au point que le rock les ramènera à l’Église. Ce n’est pas le cas. Ce n’est pas dans sa nature. Il a été conçu par le Diable pour créer toujours plus d’agitation.

Mais si c’est vrai, comment aujourd’hui un jeune, ou n’importe qui, pourra-t-il jamais aller au Ciel  ?

Bonne question ! Dans les temps modernes, de nombreux saints se sont posé cette question, mais aucun n’a jamais désespéré de la réponse parce qu’ils savaient que Dieu dispose toujours sa grâce pour que l’âme la Lui demande. « Quand on veut, on peut », disent les hommes. « À celui qui fait ce qu’il peut, Dieu ne refuse pas sa grâce » selon la manière plus divine avec laquelle l’Église s’exprime. Quoi qu’il en soit, lorsqu’une âme, sans faute très grave de sa part, se trouve dans une situation où ses chances de salut sont apparemment infimes, Dieu peut toujours intervenir (v. par exemple le cas de Lot dans Genèse 19).

Mais puisque Dieu est tout-puissant, pourquoi n’élimine-t-il pas tout le mal de la création qu’Il domine  ?

Parce que le but de sa création est d’offrir la plus grande béatitude possible aux âmes qui l’acceptent librement. Or, une béatitude qui n’est nullement méritée par l’âme qui la reçoit ne peut être aussi heureuse pour cette âme qu’une béatitude au moins partiellement méritée par elle en dépit de tout le mal dont elle a été environnée durant sa courte vie dans cette ‘vallée de larmes’. Il s’ensuit que plus Dieu souhaite être généreux avec son don de béatitude, plus Il autorisera le mal, mais pas au point où le mal empêche le bien librement choisi. Ce point a été atteint par le monde entier à l’époque de Noé et il revient aujourd’hui. Dieu interviendra donc à nouveau demain et, si nous avons la foi catholique, faisons notre part en priant le Rosaire de sa Mère pour le salut des âmes.

Kyrie eleison

AVIS pour TEMPS de NÉCESSITÉ – I

AVIS pour TEMPS de NÉCESSITÉ - I posted in Les Commentaires Eleison on février 17, 2024

À qui fait autrement, ne soyez pas pénibles.

Dieu ne demande pas des choses impossibles.

Un lecteur bien troublé par la situation dans l’Église catholique nous envoie un certain nombre de questions pratiques que beaucoup d’âmes catholiques doivent se poser aujourd’hui en relation avec le grave devoir de tout catholique d’assister à la Messe pour remplir son obligation dominicale. En temps normal, les réponses sont relativement claires. Or, depuis la révolution de Vatican II dans les années 1960, les circonstances dans l’Église ne sont plus normales, et les réponses ne sont donc plus aussi claires. Énumérons les questions de ce lecteur, allant du général au particulier, sachant que ce Commentaire propose ses réponses sans rien imposer.

Dans quelle mesure l’Église conciliaire est-elle catholique, et dans quelle mesure est-elle contrefaite  ?

Réponse  : Dieu seul le sait, car Lui seul connaît les secrets des cœurs des hommes, et la frontière entre la vraie et la fausse Église passe souvent par le cœur des hommes, à savoir par exemple s’ils ont ou non la foi catholique. Puisque Lui seul peut le savoir avec certitude, Il n’attend pas de nous que nous le sachions. Cependant, Il nous donne les moyens de savoir ce que nous devons savoir, en jugeant les fruits (cf. Mt 7, 15–20). Ceux-ci permettent par exemple de distinguer infailliblement les bergers des mercenaires. La joie et la charité réelles révèlent où la véritable Église existe encore, même parmi les structures de la Nouvelle Église.

Avons-nous un pape  ?

Réponse  : si nous jugeons le pape François par ses fruits, nous les trouvons désastreux pour la véritable Église, au point que de nombreux catholiques sérieux soutiennent qu’il est un antipape. Dieu n’exige pas de moi que je sois sûr de ma réponse, dans un sens ou dans l’autre. Sur cette question, même de bons théologiens catholiques peuvent être en désaccord. La sage conduite de Mgr Lefebvre était de laisser ses prêtres avoir leur propre opinion en privé, mais de les obliger en public à se comporter comme si les papes apparents de Vatican II étaient de vrais papes, à moins et jusqu’à ce qu’il soit clairement prouvé qu’ils ne le fussent pas. Même le pape François remplit encore la fonction catholique de fournir aux structures de l’Église une tête visible leur permettant de fonctionner jusqu’à ce que Dieu nettoie les écuries d’Augias. En son temps, Dieu remettra le pape sur le bon chemin. En attendant, je peux désespérer de tel ou tel pape, mais je ne dois pas désespérer de la papauté, ni d’aucune autre institution venue de la Tradition de Notre Seigneur Lui-même.

3  Qu’en est-il des sacrements de la Nouvelle Église  ?

Réponse  : comme l’ensemble de la Nouvelle Église dont ils sont un produit et une partie, ils sont encore en partie bons même si, par définition, ils sont en train de pourrir, comme les pommes pourrissent, image qui vaut ce qu’elle vaut. Car dès le début, la Nouvelle Église a été habilement conçue pour pourrir pendant des dizaines d’années, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de la véritable Église. En effet, dans les années 1960, au moment de Vatican II, de nombreux ecclésiastiques au sommet de l’Église avaient été complètement infectés par la pensée maçonnique. La franc-maçonnerie est cette société secrète créée en 1717 à Londres pour infiltrer l’Église catholique jusqu’à sa destruction de l’intérieur, permettant ainsi aux ennemis bien connus de Dieu et du genre humain de s’emparer du monde. La véritable Église de Notre Seigneur est en effet le grand obstacle sur leur chemin.

Qu’en est-il des « miracles eucharistiques » qui se seraient produits lors de « messes » du Novus Ordo  ?

Réponse  : au cours des 2000 ans d’histoire de l’Église, Dieu a toujours aidé par des miracles les Chrétiens à croire au miracle stupéfiant de sa Présence réelle sous les simples apparences du pain et du vin. Et ces miracles continuent de nos jours, car le Sacré-Cœur n’abandonne pas les brebis trompées par leurs bergers. La différence est qu’aujourd’hui, la science moderne est en mesure de fournir de vraies preuves techniques pour prouver que les miracles, quand ils sont authentiques, sont bien authentiques. Voyez par exemple le livre « Un cardiologue examine Jésus », du Dr Franco Serafini, avec des explications et des illustrations photographiques de plusieurs miracles récents. Il est édité par Sophia Institute Press, et disponible sur SophiaInstitute.com. Que Dieu bénisse les traditionalistes qui s’en tiennent fermement à la messe latine traditionnelle, mais non ceux qui refusent les preuves techniques fournies par le Sacré-Cœur pour le salut des âmes.

Et qu’en est-il de la réception des hosties prétendument consacrées lors de Messes Novus Ordo  ?

Réponse  : peut-être vaut-il mieux éviter de les recevoir, car elles peuvent être invalides et, avec le temps, le devenir de plus en plus. Cependant, en cas de nécessité, et si toutes les circonstances sont convenables, on peut les recevoir pour autant qu’elles puissent être valides.

Kyrie eleison

POURQUOI la RÉSISTANCE existe-t-elle?

POURQUOI la RÉSISTANCE existe-t-elle? posted in Les Commentaires Eleison on février 10, 2024

Dieu donna dans l’orage un vieux chef, sage et saint. 

Quel jeune peut vouloir s’écarter du chemin ?

Il y a moins d’un mois, le 24 janvier, le prieur brésilien du monastère bénédictin traditionnel de Santa Cruz (niché en hauteur dans les collines derrière Rio de Janeiro au Brésil), Mgr Thomas d’Aquin, a publié une grave dénonciation d’un dirigeant important du mouvement catholique traditionnel, dirigeant actif dans le monde entier. Mais les traditionalistes n’ont-ils pas suffisamment de problèmes hors du monde traditionnel sans avoir à se battre entre eux aussi ? Normalement, le bon sens catholique le voudrait ainsi. Mais pas si la base même du catholicisme, la foi catholique, est en jeu. Or, dans la lutte entre Rome et la Fraternité saint Pie X, la foi est constamment en jeu. Que les lecteurs jugent par eux-mêmes : en tant que pasteur du troupeau de Notre-Seigneur, Mgr Thomas d’Aquin a-t-il fait autre chose que son devoir en dénonçant ce loup déguisé en mouton ? 

La cause de l’existence de la Résistance n’est autre que Mgr Fellay avec ses paroles et ses actes. Ses paroles ont minimisé la gravité de la crise et du Concile. Ses actes ont exposé la Tradition au même sort que les communautés Ecclesia Dei. 

Mgr Fellay n’a pas parlé comme Mgr Lefebvre. Mgr Lefebvre a dénoncé avec vigueur les erreurs du Concile ainsi que ceux qui étaient à l’origine de ces erreurs. Il a mis en garde pratiquement tous les papes conciliaires contre leurs responsabilités. Il a dit à Jean-Paul II que s’il continuait sur la voie de l’œcuménisme, il ne serait plus le bon pasteur, et dans le dessin sur Assise, il a dit, avec des images et des mots, que Jean-Paul II irait en enfer s’il restait œcuméniste. Il a dit au cardinal Ratzinger que lui, Ratzinger, était contre la christianisation de la société. Il a dénoncé l’apostasie de la Rome conciliaire. ( . . . ). Il a défendu les prêtres et les fidèles contre la contagion moderniste. Il s’est exposé à une excommunication invalide mais infamante. Il n’a pas reculé dans la défense de la France contre le danger musulman. Il nous a protégés contre la tentation accordiste de Dom Gérard. Il a été, en un mot, comme les évêques d’autrefois : le défenseur de la chrétienté et du fondement de la chrétienté qui est la foi. Il a été l’homme des vertus théologales, défendant notre foi et toutes les vertus. 

Qu’en est-il de Mgr Fellay ? A-t-il poursuivi les actions de Mgr Lefebvre ? Non. En paroles et en actes, Mgr Fellay s’est écarté de Mgr Lefebvre. En ce qui concerne la liberté religieuse, il a minimisé la gravité de ce que le Concile avait dit. Il n’a pas dit aux papes ce que Mgr Lefebvre avait dit. Il n’a pas attaqué les erreurs comme Mgr Lefebvre. Il n’a pas parlé des deux églises comme Mgr Lefebvre. Il n’a pas distingué clairement l’Église officielle de l’Église catholique, mais a parlé d’une ‘Église concrète’, confondant les fidèles et même les prêtres. Qu’est-ce que cette église concrète ? Sommes-nous obligés d’être dans cette église ? Nous sommes dans l’Église catholique. Nous reconnaissons le pape, mais pas l’Église conciliaire dont parlait le cardinal Benelli. Nous reconnaissons le pape, mais pas sa doctrine ni ses actes contre la Tradition. Ces actes ne sont pas catholiques, mais anticatholiques. 

C’est sous l’influence de Mgr Fellay que le chapitre 2012 a modifié le principe énoncé par le chapitre 2006 : pas d’accord pratique sans accord doctrinal. Cela n’a pas plu à Mgr Fellay et a été modifié. Sous certaines conditions, la Fraternité peut désormais conclure des accords pratiques sans accord doctrinal. C’est une lacune. Une lacune qui pourrait conduire la Fraternité sur la voie des communautés Ecclesia Dei. Elle n’est pas allée aussi loin, mais elle a baissé la garde et Rome en a profité. Mgr Fellay a supprimé les résistances internes à la Fraternité, en expulsant Mgr Williamson et quelques prêtres, puis il en a puni d’autres, comme les sept doyens qui ont protesté à juste titre contre le document de Rome sur les mariages. Mgr Fellay a désorganisé la Tradition, il s’est écarté de la ligne de Mgr Lefebvre et a fait en sorte que d’autres s’en écartent aussi. C’est la raison d’être de la Résistance : résister à cet écartement. 

Nous voulons suivre Mgr Lefebvre en tout, dans la doctrine mais aussi dans les solutions pratiques, car, comme l’enseignent Aristote et saint Thomas, les exemples des anciens servent de principes d’action. Nous suivons Mgr Lefebvre dans la doctrine et dans l’action, en particulier par rapport à la Rome moderniste, afin de rester fidèles à la Rome éternelle, maîtresse de vérité et de sainteté. 

Kyrie eleison 

La VALIDITÉ des CONSÉCRATIONS

La VALIDITÉ des CONSÉCRATIONS posted in Les Commentaires Eleison on février 3, 2024

Évêques, prêtres ou sœurs, votre vie est-elle creuse ? 

Soyez en ordre avec Dieu ! Suivront des grâces nombreuses.

La validité des consécrations épiscopales conférées selon le nouveau rite du pape Paul VI issu de Vatican II a récemment fait l’objet d’une nouvelle controverse parmi les catholiques traditionnels. Dit autrement, sommes-nous sûrs qu’un prêtre consacré dans ce nouveau rite est véritablement devenu évêque lui-même ? La question est d’une importance extrême, car de la validité des évêques dépend la survie même de l’Église catholique et la possibilité pour les âmes d’aller au Ciel, car les âmes ont absolument besoin de prêtres et de sacrements pour mourir dans cet état de grâce sanctifiante sans lequel elles encourent le grave danger de tomber en Enfer. 

Il existe en gros deux écoles de pensée sur la question. L’immense majorité des catholiques ne voit aucun problème, y compris la Néo-fraternité Saint-Pie X, réorientée en 2012 par les successeurs de Mgr Lefebvre à la tête de cette Fraternité (Mgr Lefebvre avait fondée celle-ci en 1970 pour défendre la foi et l’Église contre les ravages de la révolution conciliaire.) « Voyons, Vatican II (1962–1965) n’a pas pu être un tel désastre, disent-ils, et les ennemis Dieu n’ont pas pu recevoir Sa permission d’atteindre un tel pouvoir dans l’Église, qu’ils aient pu réussir à compromettre sérieusement les sources mêmes de son avenir », à savoir le rite de consécration de ses futurs chefs. « L’idée même en est ridicule ! Vatican II a été mauvais, mais pas à ce point. » Si, hélas ! 

Car regardez les fruits ! Ils montrent infailliblement ce qui est à l’œuvre. Entre 20 ans avant et 20 ans après le Concile, une multitude d’hôpitaux et d’écoles catholiques, de couvents, de séminaires, de prieurés, de monastères ont tous été fermés ou transformés en entrepôts pour les pommes (Ps 78, 1). Y a-t-il jamais eu à n’importe quelle autre époque autant de vocations abandonnées, ou si peu de nouvelles vocations, que dans la période qui a suivi Vatican II ? Pourquoi ? Certainement parce qu’aujourd’hui, par exemple, les masses sont persuadées qu’un travailleur social est plus utile qu’un prêtre. Là où il n’y a pas la Foi, du moins telle qu’on la comprenait avant le Concile, l’évêque et le prêtre ne sont plus que le pâle éclat de ce qu’ils sont, et il ne leur reste plus qu’à se livrer à une mauvaise imitation de quelqu’un de complètement différent, comme un travailleur social. Mais qui devrait prêcher cette Foi ? Les évêques et les prêtres ! Avec Vatican II, le Diable a tout de même brillamment retourné l’esprit des clercs ! Peut-être que, après tout, le nouveau rite de consécration n’est pas complètement étranger au problème des évêques . . . 

L’abbé Alvaro Calderón est l’un des meilleurs théologiens de la Fraternité, en poste au séminaire sacerdotal de cette Fraternité en Argentine. Il y a plus de dix ans, il a écrit un traité sur la question de la validité du nouveau rite de consécration des évêques. Il a conclu que ce rite est « très probablement valide », mais pas de manière certaine. Or, des évêques valides étant absolument essentiels à la vie et à la survie de l’Église, cette ombre de doute est donc encore trop grande, et tous les évêques catholiques seulement consacrés avec le nouveau rite devraient consentir à être re-consacrés sous condition dans l’ancien rite également, avec son ancienne forme sacramentelle certainement valide. De même, ajoute l’abbé, tous les prêtres ordonnés uniquement selon le rite conciliaire devraient demander une ré-ordination sous condition avec le rite traditionnel pour guérir les graves défauts de leur sacerdoce conciliaire. 

Et où l’abbé Calderón repère-t-il l’ombre d’un doute ? En ce que l’intention du nouveau rite n’est pas de faire des évêques revêtus d’une autorité royale, soutenus par l’autorité divine, placés immédiatement au-dessus des agneaux, véritables nuées tonnantes de Dieu ; mais plutôt un gentil médiateur diocésain, un administrateur démocratique, obéissant à la lettre à une religieuse féministe, sorte de dragon local qui tyrannise tous les coqs des poulaillers à des kilomètres à la ronde, et qui rêve du jour où enfin elle pourra célébrer les lambeaux qui restent de la Sainte Messe — hommes, gardez les femmes à leur place, car hors de contrôle elles sont insupportables ! Dieu premier servi ! 

Kyrie eleison

FIDUCIA SUPPLICANS

FIDUCIA SUPPLICANS posted in Les Commentaires Eleison on janvier 27, 2024

Partout le mal déferle et le péché abonde  ?

Ne crains pas, dit Jésus, car j’ai vaincu le monde. (Jn 16, 33)

Le 31 décembre dernier, un Père capucin du couvent de Morgon, en France, a prononcé un sermon à propos du récent document du pape François Fiducia Supplicans (« Suppliant avec confiance »), qui a scandalisé les âmes partout dans le monde. Ce sermon est un remarquable résumé des raisons pour lesquelles le document a provoqué un tel scandale. Le sermon est à son tour résumé ci-après  ; il fait ici moins de la moitié de sa longueur d’origine.

Lors de la Présentation de l’Enfant Jésus (Lc 2, 34), le vieillard Siméon a prophétisé que l’enfant nouveau-né, que Marie venait de déposer dans ses bras, serait un signe de contradiction pour le monde entier. Tout un chacun devra l’accepter ou le rejeter, car personne ne peut rester indifférent. Un exemple classique de cette contradiction est celui des lois catholiques du mariage. Si, dans la pratique, les catholiques transgressent ces lois par faiblesse, cela est déjà grave, mais s’ils nient ces lois par principe, il s’agit alors d’un péché spirituel, bien plus grave encore.

À cet égard, la récente signature par le pape de Fiducia Supplicans causera des dommages incalculables à l’Église, car elle permettra à toutes sortes de ‘duos’ vivant actuellement dans le péché de ‘demander avec confiance’ une bénédiction au premier prêtre catholique venu. Et ainsi ces ‘duos’ penseront qu’ils ne vivent plus dans le péché, ce qui mettra en péril leur salut éternel. En donnant leur vie pour la défense des lois de Dieu sur le mariage, St. Jean Baptiste et St. Thomas More n’ont-ils donc été que des idiots  ? Certes, Notre Seigneur lui-même n’a pas condamné la femme prise en flagrant délit d’adultère (Jn 8, 3 11), mais il ne l’a pas non plus bénie, il lui a dit de ne plus pécher (v. 11). Bénir les pécheurs sans leur donner d’instruction ni les réprimander pour qu’ils sortent du péché ne peut que les encourager à persévérer dans leur faute.

Au seuil de cette nouvelle année, nous devons prier pour tous ceux qui vont être victimes de cet exécrable document. Tout d’abord pour les prêtres catholiques, afin qu’ils aient le courage de St. Jean-Baptiste et de St. Thomas More, pour résister à la pression conjointe des mauvaises autorités actuelles de l’Église et de l’État. Toutes deux, en effet, voudraient que les prêtres suivent le courant impie du monde d’aujourd’hui, et abandonnent Dieu en enfreignant Ses lois claires et strictes sur le mariage. Ensuite, nous devons prier pour les familles catholiques qui s’efforcent contre vents et marées de faire respecter les lois divines du mariage  ; nous devons prier en particulier pour les conjoints abandonnés qui voient le pape encourager ceux qui ne respectent pas, qui enfreignent la loi de Dieu. Enfin, nous devons prier pour les âmes du monde entier, gravement scandalisées par ce pape.

En effet, tout scandale est d’autant plus grave que l’autorité dont il émane est plus élevée, que l’immoralité qu’il promeut est plus éclatante et que le nombre d’âmes qu’il blesse est plus important. Sur ces trois plans, le scandale de Fiducia Supplicans est incommensurable. Quant à l’autorité qui scandalise, il n’existe pas d’autorité morale plus élevée sur terre que celle du Vicaire (au moins apparent) du Christ, le Pape. Quant à l’immoralité promue, quoi de plus fondamental pour la société humaine que les lois naturelles du mariage, que le Christ a renforcées, mais que même les païens qui abominent l’adultère et l’homosexualité comprennent, eux, clairement  ? Et quant au nombre des âmes scandalisées, quelle société humaine n’est pas sapée dans la formation même de ses cellules élémentaires, ses familles, quand le Vicaire du Christ utilise toute son autorité sur terre pour ordonner aux prêtres du Christ de bénir les âmes pécheresses qui vivent au mépris des lois naturelles du mariage instaurées par Dieu  ?

On peut se demander si, au cours des 2 000 ans d’histoire de l’Église, un scandale d’une telle ampleur a jamais été observé. Nous devons quand même prier pour le pape Bergoglio, afin qu’il puisse sauver son âme qui est actuellement en grand danger.

Enfin, nous devons prier notre Dieu et Seigneur, afin de Le remercier d’avoir pris sur Lui de nous sauver de la dévastation du péché qui s’exerce tout autour de nous, en particulier par la faute des clercs coupables. Notre Seigneur seul a payé pour nous la dette envers son Père due à nos péchés, et qu’Il était le seul à pouvoir acquitter. Lui seul nous ouvre les portes du Ciel, qui seraient sinon restées fermées. Lui seul nous permet de chanter à la fin de la messe non pas le Miserere mais le Te Deum   : nous Vous louons, ô Dieu, pour la sagesse avec laquelle Vous avez permis que le péché et la mort soient vaincus par Vos propres souffrances. Nous Vous demandons seulement la grâce de persévérer jusqu’à la fin.

Kyrie eleison

HEUREUX CHEFS

HEUREUX CHEFS posted in Les Commentaires Eleison on janvier 20, 2024

Nos gouvernants entendront-ils un tel message ? 

Peut-être pas. Mais l’auteur tient un clair langage.

« Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent ceux qui la bâtissent. Si le Seigneur ne garde la cité, en vain le veilleur reste éveillé » (Ps 126, 1). Ceci est d’autant plus vrai pour ceux qui bâtissent un État ! Heureux les hommes politiques actuels qui ont des prêtres catholiques pour leur rappeler comment servir en vérité leur pays. Hélas, les politiciens d’aujourd’hui n’écoutent guère ces vérités aussi anciennes que fondamentales. Mais les dirigeants de la Suisse ont récemment reçu d’un tel prêtre, un prêtre suisse de la ‘Résistance’, un appel à soumettre la direction des affaires de leur pays au seul vrai Dieu, Celui du passé catholique de la Suisse. Leur réaction a été faible, semble-t-il. Comme nous tous, ils devront sans doute recevoir une leçon à leurs dépens. En attendant, voici l’appel de ce prêtre, abrégé au format A4. 

Madame le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers fédéraux, des Etats ou locaux récemment élus ou ré-élus pour les années 2023 à 2027, chaleureuses félicitations pour votre ré-élection ! Permettez-moi, en tant que prêtre catholique de la Société des Apôtres de Jésus et de Marie, de vous adresser une requête pour que le gouvernement de notre pays revienne publiquement à la profession et au respect de la religion chrétienne. Nous pourrons ainsi espérer la bénédiction de Dieu et sa protection sur notre pays bien-aimé. Voici quatre réflexions à ce sujet — 

1 Lors de la dernière grande réunion de la plus ancienne des Églises chrétiennes, le Second Concile du Vatican de l’Église catholique romaine, qui s’est tenu à Rome de 1962 à 1965, de nombreux dirigeants catholiques confrontés à l’athéisme de notre époque ont jugé qu’il était préférable de moderniser l’Église de Dieu. Le problème était le bon, mais la solution a été mauvaise, car cela a signifié, par exemple, que la religion serait désormais une affaire purement privée. Grave erreur. Bien avant la fondation de la Suisse en 1291, Jésus-Christ était le Créateur et le Rédempteur de tous les hommes vivants et, jusqu’à la fin du monde, il est le Seigneur, le Juge et le Roi de la Suisse et du reste du monde. 

2 Le déisme, le naturalisme et le libéralisme, en rabaissant le Christ et son unique Église au même niveau que les autres religions, ont fait perdre tout intérêt pour ce qui est supposé surnaturel et ont livré l’humanité à la tyrannie des États civils, désormais purement laïques. En effet, partout où la Majesté du seul vrai Dieu est mise de côté, un anti-dieu ne manque pas d’occuper sa place. 

3 Au milieu du 17e siècle, un saint prêtre allemand, le vénérable Barthélémy Holzhauser (1613–1658), a reçu du Ciel des visions de toute l’histoire de l’Église divisée en sept âges, y compris le cinquième âge qui est un âge d’apostasie, qui s’étend de Luther jusqu’à nos jours. Mais nous nous sommes rendus bien trop aveugles pour voir notre époque sous cet angle. 

4 Le saint patron de la Suisse, Nicolas de Flüe (1417–1487), est célèbre pour avoir dit que « quand Dieu est chassé d’un État, celui-ci est voué à la destruction ». Ainsi, les 700 ans d’existence de la Suisse en tant que démocratie chrétienne sont sur le point de s’achever, à moins que nous ne ravivions la profession de foi en Dieu de nos ancêtres. 

Mesdames et Messieurs les chefs de gouvernement, seul Jésus-Christ peut nous conduire au ciel. En témoignent les églises, les croix et les chapelles qui parsèment notre pays, en témoignent les valeurs chrétiennes encore enfouies au plus profond de la conscience de nombreux Suisses. Mais ces valeurs sont étouffées par la crasse, ou carrément éliminées, de sorte que notre pays marche assurément à sa destruction, comme lorsqu’il y a trois ans, le peuple suisse a été induit en erreur en votant une loi contraire à Dieu et à la nature, en faveur du mariage entre personnes du même sexe. Si c’est cela la liberté de religion et de conscience, alors cette liberté conduira à la perte de toute religion et de toute conscience. 

Devant nous, il y a soit le christianisme, soit le communisme. Nous sommes tous faits pour le paradis. Que nos gouvernants créent des conditions favorables à l’Église, et l’Église s’occupera de notre peuple et de notre jeunesse. Mesdames et Messieurs les gouvernants, je vous supplie de respecter les droits de Dieu et de la famille catholique, de professer et de promouvoir la religion chrétienne et de maintenir la neutralité chrétienne de notre pays. Et que Dieu soit avec vous. Je prie pour vous tous les jours, à la messe et avec le Saint Rosaire. 

Avec mon plus grand respect et toutes mes bénédictions, Abbé Aloïs Bruehwiler. 

Kyrie eleison