Cardinal Pie

Cardinal Pie – II

Cardinal Pie – II posted in Les Commentaires Eleison on juillet 5, 2014

La citation du Cardinal Pie de la semaine dernière (cf. CE 363) continue immédiatement ainsi :

« Or, dans cette extrémité des choses, dans cet état désespéré, sur ce globe livré au triomphe du mal et qui sera bientôt envahi par les flammes, que devront faire tous les vrais chrétiens, tous les bons, tous les saints, tous les hommes de foi et de courage ? S\’acharnant à une impossibilité plus palpable que jamais, ils diront avec un redoublement d\’énergie et par l\’ardeur de leurs prières et par l\’activité de leurs

Cardinal Pie – I

Cardinal Pie – I posted in Les Commentaires Eleison on juin 28, 2014

Le Cardinal Pie (1815–1880) fut un grand homme d’Église de la France du XIX s., l’un des grands défenseurs de la Foi contre ce libéralisme qui est en train de dévorer le monde depuis la Révolution Française (1789) jusqu’à présent. Le Pape Saint Pie X conservait ses œuvres comme livre de chevet et les lisait constamment. Il ne fait aucun doute que la compréhension profonde qu’avait le Cardinal des idées clefs qui gouvernent le monde moderne, a joué un rôle primordial dans l’obtention par Saint Pie X de ce sursis de 50 ans, disons de 1907 à 1958, qui a retardé d’autant l’« auto-démolition » de l’Eglise à Vatican II.

Auto-démolition ? Mais l’Eglise ne peut être démolie ! C’est vrai. Grâce à la protection de Dieu elle durera jusqu’à la fin du monde (Mt.XXVIII, 20), mais en même temps nous savons par la parole de Dieu qu’à ce moment-là la Foi existera à peine sur la Terre (Lc.XVIII,8), et qu’il aura été donné aux forces du mal de vaincre les Saints (Apoc.XIII,7). Voilà deux citations importantes à garder présentes à l’esprit en 2014, où tout ce qui nous entoure nous annonce que les fidèles du Christ doivent se préparer à subir défaite sur défaite, par exemple cette chute de la Fraternité Saint Pie X. Lisez ce qu’avait à dire le Cardinal Pie à ce propos, voici environ 150 ans !

« Luttons, espérant contre toute espérance. Car je veux le dire à ces chrétiens pusillanimes, à ces chrétiens qui se font esclaves de la popularité, adorateurs du succès et que les moindres progrès du mal déconcertent. Ah, affectés comme ils sont, plaise à Dieu qu’Il leur épargne les angoisses de l’épreuve dernière. Cette épreuve est-elle prochaine, est-elle éloignée ? Nul ne le sait et je n’ose rien augurer à cet égard. Mais ce qui est certain, c’est qu’à mesure que le monde approchera de son terme, les méchants et les séducteurs auront de plus en plus l’avantage. On ne trouvera quasi plus de foi sur la terre, c’est-à-dire elle aura presque complètement disparu de toutes les institutions terrestres. Les croyants eux-mêmes oseront à peine faire profession publique et sociale de leurs croyances.

« La scission, la séparation, et le divorce des sociétés avec Dieu, qui est donné par Saint Paul comme un signe précurseur de la fin, ira se consommant, de jour en jour. L’Eglise, société sans doute toujours visible, sera de plus en plus ramenée à des proportions simplement individuelles et domestiques. Elle, qui disait à ses débuts : le lieu m’est étroit, faites-moi de la place où je puisse habiter, elle se verra disputer le terrain pied à pied, elle sera entourée et resserrée de toutes parts : autant les siècles l’avaient fait grande, autant on s’appliquera à la restreindre. Enfin, il y aura pour l’Eglise comme une véritable défaite, il sera donné à la Bête de faire la guerre avec les Saints et de les vaincre. L’insolence du mal sera à son comble. »

Ce sont là des paroles prophétiques qui jour après jour se révèlent plus véridiques, qui n’ont certes rien d’agréable à admettre, mais qui sont ancrées dans l’Écriture. Un sage évêque anglican (Butler) disait au XVIII s. : « Les choses sont ce qu’elles sont. Ses conséquences seront ce qu’elles seront. Pourquoi alors chercherions-nous à nous tromper nous-mêmes ? » Remarquez en particulier comment le Cardinal prévoit l’impossibilité de défendre la Foi à toute échelle qui dépasse simplement celle du foyer. Pas tout le monde n’admet que nous en soyons arrivés déjà à ce point-là en 2014. Je voudrais bien leur donner raison, mais il me reste encore à être persuadé qu’avec les membres de notre dissociété actuelle on puisse réaliser une société religieuse. Comparez avec nous autres, citoyens des démocraties modernes, le centurion romain de l’Évangile qui comprenait l’ordre hiérarchique et reconnut sur le champ l’autorité de Notre Seigneur (Mt.VIII,5–18) – Quel bel éloge Notre Seigneur en fit-il !

Patience. Nous verrons la semaine prochaine comment le Cardinal lui-même a réagi à ce qu’il avait prévu. Il ne se donnait nullement pour vaincu.

Kyrie eleison.

Tuteurs de Tomates – II.

Tuteurs de Tomates – II. posted in Les Commentaires Eleison on novembre 12, 2011

Quand le « Commentaire Eleison » a cité (10 Sept. 217) le proverbe Russe qui compare la femme et l’homme à un plant de tomates et au tuteur autour duquel ce plant s’appuie pour grimper et porter ses fruits, il a profité de la comparaison pour exposer la nature et le rôle de la femme. Une lectrice a demandé alors comment cela s’applique aux hommes. Hélas ! – notre époque folle s’acharne a effacer tous ces traits fondamentaux de la nature humaine.

Au sujet du dessein de Dieu sur l’homme et la femme, profondément différents mais merveilleusement complémentaires, il y a bien sûr beaucoup plus à dire que ce que peut exprimer une simple comparaison tirée du potager. Dans toute Messe catholique de mariage, l’Epître compare les relations entre époux et épouse à celles du Christ et de l’Eglise. Remarquons dans ce passage (Ephésiens V, 22–23) la façon dont Saint Paul expose longuement les devoirs qui s’ensuivent pour l’époux, et brièvement ceux de l’épouse. On peut d’ores et déjà se douter que les hommes d’aujourd’hui sont en grande partie responsables des relations faussées entre l’homme et la femme contemporains. Mais laissons le mystère surnaturel pour une autre occasion, et revenons au potager, car ce sont avant tout ces fondements naturels qui sont attaqués aujourd’hui par les ennemis de Dieu et de l’homme.

Pour qu’un tuteur serve au plant de tomates deux choses sont nécessaires : il doit se maintenir droit et il doit se maintenir ferme. S’il ne se maintient droit le plant ne peut grimper, et s’il ne se maintient ferme, le plant ne peut tourner autour du tuteur pour grimper. La fermeté, peut-on dire, dépend de ce que l’homme tourne autour de son travail, tandis que sa droiture dépend de ce qu’il s’élève vers Dieu, rien de moins.

Quant à la fermeté, tant que la nature humaine n’a pas été tordue au point de n’être plus reconnaissable, partout et toujours la vie de l’homme tourne autour de son travail tandis que la vie de la femme tourne autour de sa famille, en commençant par son mari. Si l’homme fait de la femme le centre de sa vie, c’est comme si deux plants de tomates s’appuieraient l’un sur l’autre – les deux finiraient dans la boue, à moins que la femme ne prenne sur elle le rôle de l’homme, chose pour laquelle elle ne fut point faite et qu’elle doit s’évertuer à ne pas avoir à faire. Une femme sage choisit précisément un homme qui a déjà trouvé son travail et l’aime, de sorte qu’elle puisse se centrer sur lui comme lui s’est centré sur son travail.

Quant à la droiture, de même que le tuteur doit monter droit, de même un homme doit être dirigé vers le Ciel. Les chefs doivent avoir une vision qui leur permette d’inspirer et de diriger. Mgr. Lefebvre avait une vision de la restauration de la véritable Eglise. De même lorsque le Cardinal Pie (1815–1880) observa tout autour de lui un manque d’hommes au XIX ème siècle, sa foi l’attribua au manque de foi. Où il n’y a pas de foi, dit-il, il n’y a pas de convictions. Sans convictions il n’y a pas de fermeté de caractère. Sans fermeté de caractère il n’y a pas d’hommes. La pensée de Saint Paul est semblable lorsqu’il dit : “La tête de tout homme est le Christ, et la tête de la femme est l’homme, et la tête du Christ est Dieu” (I Cor. XI,3). Par conséquent pour retrouver son caractère de chef, que l’homme se tourne vers Dieu et se subordonne à lui, et il sera d’autant plus facile pour une épouse de se subordonner à son mari, et pour les enfants de se subordonner aux deux.

Mais cette subordination ne doit pas s’entendre comme permettant une sorte de tyrannie, soit de l’époux sur l’épouse, soit des parents sur les enfants. Le tuteur est là pour le plant de tomates. Ce fut un sage Jésuite qui dit que le mieux qu’un homme puisse faire pour ses enfants c’est d’aimer leur mère. Ne dépendant pas de l’amour pour fonctionner comme en dépendent les femmes, les hommes peuvent facilement ne pas comprendre le besoin qu’elles ont d’aimer et d’être aimées. De fait, une petite cuillerée d’affection, et elle est bonne pour cent kilomètres encore ! Le Saint Esprit le dit d’une façon plus élégante : “Maris, aimez vos épouses, et ne soyez pas amers envers elles” (Col.III,19).

Kyrie eleison.