Noël

Protection du Coeur

Protection du Coeur on décembre 22, 2018

Voici un précieux récit de la façon dont Noël a pu affermir le Cœur Immaculé de Marie pour empêcher qu’il ne soit vaincu lors de sa participation intime à la passion de son divin Fils :

La félicité, l’extase de la nativité s’épanouit en moi pour tout le restant de ma vie comme une fleur dans le vase vivant de mon cœur. Joie indescriptible ; joie humaine et surnaturelle ; joie parfaite.

Durant le temps que mon Fils passa sur la terre, chaque soir, un douloureux rappel venait transpercer mon cœur : “Un jour d’attente en moins, un jour plus près du Calvaire”. Mon âme suffoquait de douleur sous une vague de tortures anticipant le flot des tourments qui me submergèrent au Golgotha. Je me penchais alors en esprit sur le souvenir de la béatitude de cette Sainte Nuit, restée vivante en mon cœur, comme on se pencherait en montagne sur une gorge étroite afin d’écouter l’écho d’un chant d’amour, ou pour anticiper la joie de la demeure lointaine.

Telle fut la force qui m’anima, tout au long de ma vie, et surtout à l’heure de la mort mystique qui fut mienne, au pied de la Croix. Dieu nous punissait tous les deux, mon doux Fils et moi, à cause des péchés du monde entier. Mais, pour ne pas Lui dire que le châtiment était par trop terrible, et que la main de Sa Justice pesait trop lourdement sur nous, j’ai dû, sous le voile des pleurs les plus amers que femme ait jamais pleurés, attacher mon cœur à cette Sainte Nuit. J’ai dû me souvenir de la lumière, de la béatitude, de la sainteté, de cette vision, levée devant moi, au Golgotha ; vision réconfortante venant de l’intérieur de mon âme qui me montrait combien Dieu m’avait aimée. Cette vision venue à moi d’elle-même, sans que j’aie eu à la chercher, était une joie sainte. Et tout ce qui est saint est imprégné d’amour ; et l’amour donne la vie, même aux choses apparemment inertes.

Voilà ce que nous devons faire quand Dieu nous frappe :

* Nous souvenir des temps où Dieu nous donna la joie, afin que nous puissions dire, au moment même des tourments : “Merci, mon Dieu. Vous êtes bon pour moi.”

* Accepter d’être réconforté par le souvenir du don qu’Il nous fit dans le passé afin que nous soyons fortifiés dans les souffrances présentes, lorsque nous sommes écrasés jusqu’au désespoir, comme des plantes écrasées par la tempête, afin que nous puissions ne pas désespérer de la bonté de Dieu.

* Veiller pour que nos joies soient réellement de Dieu, et non simplement humaines, choisies par nous et trop facilement étrangères à Dieu, comme tout ce que nous faisons ici-bas, quand nos joies se coupent de Dieu, de Sa Loi et de Sa divine Volonté. Nous devons rechercher la joie auprès de Dieu seul.

* Garder présentes à l’esprit la Loi et la Volonté divines pour les joies du passé aussi ; car le souvenir qui nous pousse à faire le bien et à bénir Dieu n’est pas répréhensible. C’est ainsi que Dieu nous encourage et nous bénit.

*Projeter la lumière de la joie passée sur les ténèbres présentes pour rendre ces ténèbres brillantes au point où, dans la nuit la plus noire, nous puissions encore voir la Sainte Face de Dieu.

* Adoucir un calice amer en évoquant un souvenir savoureux afin de pouvoir en supporter le goût horrible et le boire jusqu’à la lie.

* Sentir, par le précieux souvenir que nous chérissons, la caresse de Dieu, alors même que les épines se pressent sur notre front.

“Voilà les sept sources de bonheur, pansements des sept glaives qui transpercèrent mon Cœur Immaculé. C’est la leçon à tirer de Noël que je vous adresse. Avec vous, j’offre ces sources à mes enfants préférés. Je les bénis tous.”

Kyrie eleison.

La Nativité Elle-Même

La Nativité Elle-Même on décembre 23, 2017

Voici un récit qui convient particulièrement au temps de Noël. Le sommet en est le passage où l’auteur imagine que la Sainte Vierge revient à la grotte bénie de Bethléem avec des amis et leur raconte sur les lieux mêmes où cela s’est produit, la naissance du Dieu fait homme. Il fallait un écrivain courageux pour entreprendre de faire parler la Mère de Dieu en décrivant cette scène. Pas tous les lecteurs de ces « Commentaires » ne seront nécessairement d’accord pour estimer que cette tentative réussit. Peu importe. D’autres lecteurs pourront avoir un grand plaisir à lire ce récit de choses qui ont réellement eu lieu, et qui ont dû se passer en quelque sorte comme raconté ici. C’est pour eux que nous présentons ce récit.

Marie met pied à terre et pénètre dans la grotte : “ Rien n’a changé, si ce n’est qu’alors il faisait nuit . . . . Une fois descendue de l’âne, je sentis le froid et la fatigue m’envahir. A mon arrivée, Joseph alluma une lumière. Un bœuf nous accueillit. Je me suis approchée pour sentir un peu de chaleur, pour me reposer sur le foin . . . . Là où je me tiens maintenant, Joseph étalait la paille pour me faire un lit ; il l’a fait sécher pour nous deux, pour Jésus et moi, devant un petit feu, dans ce coin . . . . Parce que mon époux avait le cœur d’un ange, il nous aimait comme un vrai père . . . . Lui et moi, nous tenant par la main comme frère et sœur, perdus dans l’obscurité de la nuit, nous avons mangé notre pain et notre fromage. Puis il est allé là-bas s’occuper du feu. Il a enlevé son manteau pour obturer l’entrée de la grotte . . . . En fait, il voilait ainsi la gloire de Dieu sur le point de descendre du ciel. Avec Jésus, j’étais restée sur le foin, profitant de la chaleur des deux bêtes, enveloppée dans mon manteau et dans une couverture de laine. Mon cher époux ! . . . A cet instant d’anxiété, seule face au mystère par lequel une femme donne la vie pour la première fois, à ce moment où elle se trouve devant l’inconnu, tout était pour moi rendu plus intense par le caractère unique de ma maternité, et plus intense encore par la perspective de voir le Fils de Dieu sortir d’une chair mortelle ; à cet instant, Joseph fut pour moi comme une mère, comme un ange ; il fut alors mon réconfort ; il le resta toujours . . .

“Puis le silence et le sommeil descendirent et enveloppèrent l’Homme Juste . . . afin qu’il ne vît pas la divine étreinte qui m’enlaçait tous les jours. Alors je fus prise dans ces ondes d’extase infinie déferlant d’une mer en paradis, pour me soulever à nouveau vers des crêtes de lumière, de plus en plus haut, m’entraînant avec elles vers le haut, encore et encore, dans un océan de clarté toujours plus intense, océan de paix et d’amour, jusqu’à ce que je me sois perdue en Dieu, dans le sein de Dieu . . . . Une voix de la terre me parvint encore : “ Marie, est-ce que tu dors ?” Comme cela paraissait lointain ! . . . Un faible écho montant de la terre ! . . . A peine audible, effleurant à peine l’âme . . . . Je ne sais plus ce que j’ai répondu, tandis que je monte et monte encore dans l’infini de feu, vers la béatitude éternelle, vers la pré-connaissance de Dieu . . . jusqu’à ce que ce soit Dieu, Dieu Lui-même . . . . Oh, Jésus est-il né de moi cette nuit-là ou est-ce moi qui suis née des splendeurs de la Sainte Trinité ? Est-ce moi qui ai donné naissance à Jésus, ou est-ce Jésus qui m’a attirée à Lui pour me donner naissance ? Je ne sais . . .

Puis la descente, d’un Chœur angélique à l’autre, d’un tapis d’étoiles à l’autre ; descente aussi douce, lente, heureuse et paisible que celle d’une fleur emportée par un aigle vers le ciel et qui retombe lentement portée par des souffles d’air, scintillant au milieu de perles de pluie, avec un fragment d’arc-en-ciel volé au firmament, jusqu’à ce que la fleur se pose sur sa terre natale . . . . Et ma couronne royale : Jésus ! Jésus sur mon cœur . . .

“Assise à cet endroit, après l’avoir adoré à genoux, je lui ai donné tout mon amour. Enfin, je pouvais l’aimer sans qu’aucune chair ne nous séparât plus ; puis je me suis levée et l’ai porté au Juste pour qu’il l’aimât : comme moi, il méritait d’être parmi les premiers à l’aimer. Puis, entre ces deux poteaux rustiques, je l’ai offert à son Père. C’est ici qu’il se reposa pour la première fois sur le cœur de Joseph . . . . Je le berçai contre mon cœur tandis que Joseph faisait sécher du foin près du feu et le gardait au chaud pour le placer sur la poitrine du bébé ; puis là-bas, tous les deux, nous l’adorâmes, penchés sur lui comme je me penche maintenant, pour boire son haleine, nous émerveillant devant l’abaissement de Dieu, ce Dieu qui aime tant les hommes, pleurant les mêmes larmes que le ciel verse certainement dans la joie intarissable de contempler Dieu. “

Kyrie eleison.

Carte de Noel d’Isaie

Carte de Noel d’Isaie on décembre 24, 2016

Si Dieu lui-même envoyait des cartes de Noël, comment y évoquerait-il la venue de son propre Fils sur terre, devant naître comme fils humain de sa Mère humaine ? En l’occurrence Dieu a écrit beaucoup de choses sur le Messie par la plume des écrivains qu’il a directement inspirés pour composer les livres de l’Ancien Testament, et l’une de ces citations les mieux connues vient du neuvième Chapitre du prophète Isaïe. Au Chapitre précédent il a prédit la désolation et la ruine qui s’abattront sur les Israélites à cause de leurs péchés, mais au neuvième Chapitre il se tourne vers la gloire de l’époque du Messie : une grande lumière va éclairer la Galilée (terroir de Jésus) – v. 1,2. Alors viendra la joie, comme à la moisson ou suite à une victoire militaire (v.3) après que les Assyriens seront vaincus, comme après la défaite des Madianites (v.4), et les manifestations de la guerre disparaîtront (v.5). La continuation est ce qu’on peut appeler « la carte de Noël d’Isaïe », glorifiée dans la musique du Messie de Händel :—

6. Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l’appellera Admirable, Conseiller, le Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. 7. Donner à l’empire de l’accroissement, Et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, L’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, maintenant et à jamais : Voilà ce que fera le zèle de l’Éternel des armées.

(6) Donc la raison suprême pour la joie, c’est la venue du Messie : pour nous, pour nous racheter tous, un enfant royal et fils va naître, qui prendra sur son épaule le poids du monde (les Pères de l’Église voient en ce poids celui de la Croix), et dans les appellations qui suivent Isaïe dit ce que sera cet enfant : Admirable, Conseiller, éminemment capable de conseiller les nations pour leur vrai bonheur et prospérité jusqu’à la fin du monde. Le Dieu Puissant – les savants talmudiques s’efforcent de ne pas admettre qu’Isaïe affirme ici que le Messie sera aussi Dieu (comme le savent les Catholiques, Seconde Personne de la Sainte Trinité), mais l’article défini en hébreu, et l’usage partout ailleurs dans l’Ancien Testament de l’expression « Dieu Puissant » en hébreu, signifient que tel était bien le sens de l’affirmation d’Isaïe. Père éternel – le Messie sera un vrai Père qui se penche sur nous pour l’époque messianique, à tout jamais.

(7) Donner à l’empire de l’accroissement – l’Église catholique s’étendra dans le monde entier, et il y aura une paix sans fin parce que partout où l’Église du Messie sera honorée, elle fera la paix jusqu’à la fin du monde. Ce sera un descendant royal de David qui s’assiéra sur le trône de David, auquel il a été promis qu’il durerait sans fin (II Samuel, VII), comme Notre Seigneur l’a promis à son Église (Mt. XVI, 18 ; XXVIII, 20). Mais ce royaume-ci sera un royaume du Roi des Cœurs, affermi et soutenu par le droit et la justice, et non pas un royaume établi par la force (Mt. XXVI,52 ; Jn. XVIII,36). Toutes ces merveilles viendront du Zèle de l’Éternel des Armées, de son désir brûlant d’amener les âmes au Ciel pour qu’elles partagent avec lui la béatitude éternelle et ininterrompue, à tout jamais.

Ce qui nous rend difficile aujourd’hui d’apprécier cette vision glorieuse de l’avenir messianique, c’est qu’il est devenu un passé Maçonnique. En effet, la Cinquième Époque de l’église, l’Époque de l’Apostasie, a commencé il y a 500 ans lorsque Luther a cassé la Chrétienté, en sorte que 200 ans plus tard, lorsque beaucoup de chrétiens ne voyaient pas encore clairement que les bienfaits de la Chrétienté étaient déjà bien minées, il a été possible pour la Judéo-maçonnerie de se mettre à persuader les gens qu’on n’avait plus besoin ni de la Chrétienté ni du Christ. Et encore 200 ans plus tard, même les horreurs du communisme positivement anti-chrétien, déchaînées par la Révolution russe et se répandant dans le monde entier, n’ont pas suffi pour persuader les hommes que pour toute civilisation à partir de l’Incarnation, il n’y a que deux alternatives : ou Jésus- Christ et son Église catholique, ou le Diable. Pourtant c’est vrai.

Chers lecteurs, Joyeux Noël !

Kyrie eleison.

Enfant Nécessaire

Enfant Nécessaire on décembre 24, 2011

Aujourd’hui dans les informations, apparaît constamment la crise financière et économique mondiale, spécialement en Euroland. Un commentateur Hollandais (courtfool.info) propose pour son pays une solution classique : ôter la monnaie de l’Etat des mains des banksters. Noël peut paraître un curieux moment pour considérer de tels problèmes monétaires, mais toute la question est de savoir si les solutions apparentes sont des solutions réelles.

A moins que l’Euro ait été positivement conçu comme un moyen de forcer une unité politique au-dessus de la variété des nations européennes, il fut, en tant que monnaie commune pour une douzaine d’économies nationales très différentes, condamné dès le début. Pour commencer, il a réellement permis aux nations membres les plus pauvres d’emprunter et de dépenser, d’emprunter et de dépenser, tandis qu’il a aidé les nations les plus riches à exporter et prêter, exporter et prêter, mais ce processus ne put pas se poursuivre indéfiniment. Quand les pays plus pauvres ne purent même plus payer les intérêts de leurs dettes, les pays plus riches furent aussi menacés de voir leurs économies paralysées par la faillite de leurs plus grandes banques qui avaient fait ces prêts insensés.

C’est alors que la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International coopérèrent pour fournir un fonds d’urgence, en d’autres mots pour résoudre le problème de la dette par davantage de dette ! Cependant, une condition pour recevoir ces fonds est que les pays endettés au-delà de tout espoir, se voient soumis à une tutelle internationale, laquelle imposera une diminution drastique des dépenses qui rendra les gouvernements nationaux de moins en moins capables de gouverner. Quant aux gouvernements plus riches, eux aussi doivent se rendre impopulaires en diminuant leurs dépenses pour faire face aux pertes provoquées par les prêts insensés de leurs grandes banques, dit Mr. de Ruijter.

Et voici sa solution. Il dit que c’est simple. Au lieu de jeter des douzaines de milliards de plus pour un Euro condamné à disparaître tôt ou tard, et au lieu que les agences internationales imposent des diminutions de dépenses, “nous pouvons introduire la monnaie d’Etat”. Une banque centrale d’Etat remplacera l’actuelle banque centrale qui, dans presque tous les Etats du monde, est pour l’instant sous contrôle privé. La banque d’Etat seule sera autorisée à créer de la monnaie. Tous les prêts seront fournis comme monnaie d’Etat. Toutes les banques privées, ou qui ne seront pas des banques d’Etat, se verront interdites de créer des bilans artificiels, en d’autres mots le système bancaire de réserve fractionnaire sera interdit (cf. EC 224). Ces banques privées recevront une rétribution pour leurs services, mais ne seront pas autorisées à percevoir des intérêts.

Et qui contrôlera la banque d’Etat ? Mr. de Ruijter écrit : “Elle tombera sous la responsabilité du Ministre des Finances , et elle sera contrôlée par le Parlement. Une commission de gens bien formés surveillera la santé du système monétaire”.

Très bien. Mais, Mr. de Ruijter, qui se chargera de former ces gens “bien formés” ? A quelle école apprendront-ils vraiment à veiller au bien commun ? Et quelle motivation assez puissante leur sera donnée pour les empêcher d’être astucieusement achetés par les banksters ? La démocratie ? C’est la démocratie qui a embourbé l’Europe dans la présente pagaille !

Voici la seule véritable et complète solution : le divin Enfant dans la Crèche de Bethléem. Joyeux Noël, chers lecteurs, et merci à vous tous qui m’avez envoyé une carte de Noël, ainsi qu’à ceux qui ne l’ont point fait !

Kyrie eleison.

Admirable, Conseiller

Admirable, Conseiller on décembre 25, 2010

Le jour de Noël est un bon moment pour nous rappeler pourquoi nous pouvons et devons nous réjouir de la venue de Notre Seigneur Jésus Christ. Lui, et lui seul, est capable de résoudre tous les véritables problèmes humains qui remontent au tout début de la race humaine, et qui sont aujourd’hui plus graves que jamais.

La raison en est que tous ces vrais problèmes des hommes sont des problèmes dus au péché. Tout désordre purement matériel ne devient grave que s’il est de façon ou d’autre spirituel, par exemple si une maladie physique pousse un homme à maudire ou à bénir. Et tout ce qui se passe de spirituel dans mon intérieur ne devient un désordre que s’il est de façon ou d’autre un péché. Par exemple Job s’est lamenté amèrement sur ses afflictions physiques, mais ses lamentations n’étaient pas peccamineuses, Quant au péché, c’est une offense tout d’abord contre Dieu, ensuite contre moi-même et seulement en troisième lieu contre mon voisin.

Donc tous les problèmes humains qui ne sont pas des problèmes purement matériels, sont des problèmes d’avoir offensé Dieu. Un exemple terrible nous en est fourni par la pauvre femme qui s’est fait avorter. Son problème superficiel est résolu. Le bébé n’existe plus, et sa vie à elle a repris son train « normal ». Mais au fond d’elle-même, ou bien elle endurcit son cœur (et par là rejoint un monde qui arrive à détester et à supprimer Noël), ou bien elle sait et reconnaît dans son for intérieur qu’elle a fait quelque chose d’abominable. Quoi qu’il en soit, quelque chose en elle est disloqué et tordu pour le reste de ses jours, et beaucoup de ces femmes, même si en tant que catholiques elles savent de par leur Foi que Dieu leur a pardonné à travers l’absolution sacramentelle, sont encore tourmentées, car telle est la blessure que ce péché a infligé à leurs âmes. Pourtant l’avortement n’est pas le pire des péchés. Pécher directement contre Dieu est plus grave.

Voilà des pensées plutôt sombres pour le Jour de Noël ? Oui et non. Le problème du péché est sombre, mais tout aussi joyeuse donc est la certitude qu’il a une solution réelle. Si la pauvre fille qui a avorté va se confesser, quel est le prêtre catholique qui ne fera pas tout dans son pouvoir pour la persuader qu’elle est pardonnée ? Car si elle a le vrai repentir de son péché (le repentir de Pierre et pas celui de Judas Iscariote), dès qu’elle a reçu du prêtre l’absolution, elle n’a plus le droit de douter du pardon de Dieu. Combien de pénitents sortent dès lors du confessionnal avec un sentiment de soulagement et une joie que rien d’autre ne peut leur donner, parce qu’au cœur de leur tourment était la conscience qu’ils avaient offensé Dieu, et Dieu le leur a pardonné.

Et d’où cette joie puise-t-elle son origine ? Dans la certitude que Dieu a reçu d’une jeune fille juive une nature humaine, qu’il a vécu sur terre et qu’il nous a donné parmi d’autres le sacrement de la Pénitence dont la force dérive des mérites de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur, qu’il n’a pu endurer qu’avec l’aide de cette même Vierge et Mère. Mais comment aurait-il pu mourir s’il n’était jamais né ? Tout a commencé donc avec sa naissance humaine de la Très Sainte Vierge Marie – Noël.

Alors la solution de tous les problèmes les plus terribles de moi-même et de mes semblables est accessible. Il n’est pas surprenant que les catholiques soient joyeux, ni qu’il puisse y avoir une joie particulière attachée à la Fête de Noël même pour ceux qui n’y croient pas – pourvu qu’ils n’aient pas encore endurci leurs cœurs.

Kyrie Eleison.

Une Crainte pour Noël

Une Crainte pour Noël on décembre 26, 2009

Ainsi donc, le jour de Noël est venu et passé une fois de plus, nous rappelant la grande joie que Notre Seigneur a apportée par Son Incarnation et Sa Naissance au monde entier, mais surtout à sa Mère. Elle le tient, sain et sauf, dans ses bras où elle s’occupe de lui comme toute mère humaine, mais en même temps l’adore comme son Dieu. Hélas, toute personne qui garde un soupçon de religion peut-il faire autrement que se lamenter sur la manière dont ce monde qui nous entoure sait tirer profit de la joie, tout en oubliant en grande mesure le Dieu ?

Sous cet aspect, la joie de Noël aujourd’hui est comme le sourire du Chat d’Alice, surtout dans les pays capitalistes (mais Pie XI dans son Encyclique Quadragesimo Anno de 1931 notait déjà que le capitalisme était en train d’envahir le monde entier, #103–104). Les lecteurs d’« Alice au Pays des Merveilles » se souviendront sans doute qu’on pouvait encore voir le sourire du « Cheshire Chat » lors même que le Chat avait disparu. La substance peut s’évanouir sans que les effets disparaissent, au moins pour un certain temps. La Foi dans l’Enfant Divin est systématiquement éliminée, à cause surtout de Vatican II, mais la joie de Noël traîne. Ceci est en partie dû à Dieu Lui-même qui, étant suprêmement généreux, commémore chaque année la Naissance de son Fils parmi les hommes avec un flot de grâces actuelles auxquelles un grand nombre d’âmes répondent en étant un peu mieux disposées qu’elles ne le sont le reste de l’année. Mais cette joie de Noël subsiste aussi parce que les hommes aiment jouir de la joie, ce qui est nettement moins fiable.

Car au fur et à mesure que disparaît le vrai culte de Dieu, et avec lui toute intelligence de l’ouverture du bonheur éternel que signifia la venue du Sauveur, par là même la joie de Noël se réduit au commercialisme et à la foire que nous connaissons tous. Le sourire ne peut survivre indéfiniment à la disparition du chat. Même les plus attachants de nos SIS (Sentiment Intérieur Sympa) ne peuvent survivre longtemps sans objet. Si Jésus-Christ n’est pas Dieu, encore moins le seul et unique Sauveur de l’humanité, alors pourquoi se réjouir de sa naissance ? J’aime bien mes SIS, mais s’ils ne reposent que sur eux-mêmes, tôt ou tard ils vont s’effondrer en laissant derrière eux un goût amer de désillusion. Peut-être bien que je raffole de la « Noëlitude », mais si c’est parce que je réagis ainsi à mes propres SIS au lieu de ce sur quoi Noël est réellement basé, alors je vais droit vers la casse dans le domaine de mes émotions.

C’est toute la différence entre la sentimentalité et les sentiments. Notre Seigneur était plein de sentiments qu’il a montrés à de nombreuses reprises, par exemple en rencontrant la veuve de Naïm effondrée de l’imminente mise au tombeau de son fils unique (St Luc VII, 11–15). Mais il n’y avait aucune trace de sentimentalité chez Notre Seigneur (ni non plus, je le déclare, dans Le Poème de l’Homme-Dieu par Maria Valtorta), parce que chez Lui les sentiments n’étaient jamais leur propre fin. Ses sentiments étaient toujours animés par un objet réel, par exemple le chagrin de la veuve de Naïm qui lui rappela ce que devait être la désolation de sa propre Mère quand il serait lui-même mis au tombeau.

Le subjectivisme est la plaie de notre époque, en faisant que l’homme méprise la réalité objective pour la réarranger selon la vue subjective qu’il en a dans son esprit. Le subjectivisme est le cœur et l’âme du Néo-modernisme qui est en train de dévaster l’Eglise. Et le subjectivisme qui coupe l’esprit de tout objet externe engendre nécessairement la sentimentalité dans le cœur, parce qu’il coupe ce cœur de tous les objets externes qui pourraient servir de base à ses sentiments. En fait, le Noël des capitalistes sera finalement vidé par la sentimentalité. Soit les hommes retournent au vrai Dieu, à Notre Seigneur Jésus-Christ et à la véritable importance de Sa Naissance, soit l’écroulement de leurs SIS les plus sympa, les SIS de la « Noëlitude », risque fort de donner au peu qu’il reste de la « Civilisation Occidentale » un motif de plus pour cette aigreur qui la pousse déjà vers le suicide.

Kyrie eleison.