Eucharistie

Distinguer, Discriminer

Distinguer, Discriminer on décembre 17, 2016

Si l’évidence est aussi sérieuse qu’elle le paraît pour que des miracles eucharistiques aient lieu dans le cadre de la nouvelle messe – et il se peut que de tels miracles n’arrivent pas rarement, l’un des plus récent étant rapporté de Legnica, en Pologne le jour de Noël 2013 – certains d’entre nous devrons bien refaire nos calculs.

Voici comment un lecteur exprime son désarroi : « Dieu ne peut pas se contredire, donc ces miracles ne peuvent pas contredire la doctrine de son Eglise. Or, la nouvelle messe contredit la doctrine catholique essentielle sur la Messe. Donc ou bien ces miracles sont faux, ou bien la nouvelle messe est de Dieu, mais dans ce cas-là comment justifie-t-on que les traditionalistes s’accrochent à la Tradition ? Car si la nouvelle messe qui est au cœur de la Néo-église est confirmée par des miracles, alors la Néo-église aussi est confirmée par Dieu, et les Papes conciliaires, et je suis obligé de leur obéir. L’obéissance sélective mais défendue, n’est-ce pas ? » Cher ami, l’obéissance sélective est aujourd’hui votre devoir absolu, si vous voulez garder la foi, comme vous devez absolument le faire.

Car « obéir sélectivement » s’appelle aussi « distinguer » et tous nous devons distinguer, à longueur de journée. C’est le bon sens, et St Thomas d’Aquin le fait tout au long de sa miraculeuse Somme Théologique. Voyons de plus près l’argument de notre ami.

Le problème de fond, c’est la nouvelle messe. Or la nouvelle messe est un rite de la messe, un livre de plusieurs centaines de pages, même mille, qui contient beaucoup de choses. D’un point de vu catholique ce rite comme un tout est incontestablement mauvais, parce qu’il change radicalement la Messe. D’un sacrifice propitiatoire centré sur Dieu, il en fait un repas de communauté centré sur l’homme. Or la plupart des catholiques vivent leur religion en assistant à la Messe, ce qui fait que si le concept change, effectivement c’est leur religion qui change. Voilà pourquoi la nouvelle messe est l’agent principal de la destruction de la vraie Eglise, et le moteur principal de la Néo-église. Et voilà la raison pour laquelle la nouvelle messe comme un tout est non seulement mauvaise, mais très mauvaise. Mais cela ne signifie pas que toutes ses parties, en tant que parties, sont mauvaises. Comme partie, quelques-unes sont encore catholiques, parce qu’il a fallu qu’elles le fussent pour tromper le grand nombre de prêtres au moment de son introduction en 1969, et pour leur faire penser qu’elle n’était pas essentiellement différente de la Messe de St Pie V, surtout dans la Consécration. Autrement ces prêtres l’auraient refusée, et elle aurait été impuissante à détruire l’Eglise. Donc la nouvelle messe quant à ses parties est mi-bonne mi-mauvaise, tandis que comme un tout elle est ambiguë, perfide, une œuvre absolument pas correcte.

N’empêche, du côté des hommes « Tout est pur pour ceux qui sont purs » (Tit. I, 15), et alors pour les âmes innocentes qui ignorent encore son danger intrinsèque pour la foi, la nouvelle messe par sa Consécration et ses bonnes parties est capable de transmettre la grâce et de nourrir spirituellement, surtout lorsque le célébrant étrangle moins ces dernières en rendant aussi catholique que possible les ambiguïtés. Et du côté de Dieu, le proverbe dit bien qu’ « Il écrit droit avec les lignes courbes », et alors les parties mauvaises ne L’empêche pas nécessairement de faire des miracles avec les parties catholiques pour nourrir les innocents et avertir les coupables.

Donc, d’un côté, la nouvelle messe comme un tout est très mauvaise, et les traditionalistes sont absolument nécessaires à l’Eglise pour en témoigner et pour assurer une vraie Messe, aux âmes quand elles se rendront compte de sa nocivité, ce qu’elles font à divers moments et à diverses vitesses. Aussi les traditionalistes pourront-ils aider ces âmes à garder la foi jusqu’à la fin de la crise de l’Eglise. D’un autre côté la nouvelle messe est encore assez bonne en partie pour nourrir ces âmes innocentes et pour permettre à Dieu d’opérer des miracles, là encore pour nourrir les âmes ou pour les avertir. Le bon Dieu ne confirme par-là, ni la nouvelle messe comme un tout, ni la Néo-église comme un tout, ni les Papes conciliaires comme un tout, mais Il compte sur le cerveau et la foi qu’Il m’a donnés pour discerner le bien du mal. Vive la discrimination. Il ne veut pas pour son Ciel glorieux des robots sans intelligence !

Kyrie eleison.

Miracles dans le NOM ?

Miracles dans le NOM ? on décembre 3, 2016

Aux États-Unis l’année dernière surgit une grande controverse : Dieu peut-il faire des miracles eucharistiques dans la Nouvelle Messe (NOM) ? Certes, si Dieu fait des miracles surnaturels, de toute évidence c’est pour qu’on y croie, afin qu’ils fortifient la foi surnaturelle des gens. Et s’il veut qu’on croie en une interruption de l’ordre naturel des choses, évidemment il fournira assez d’évidence, comme lorsque Lazare est sorti vivant de sa tombe devant une grande foule. Et l’évidence la plus convaincante à cet égard, c’est l’évidence physique et matérielle qui n’a pu d’aucune façon être le produit d’un esprit humain pour pieux qu’il soit, comme les feux d’artifice du soleil à Fatima en octobre, 1917. Dès lors quelle évidence physique et matérielle y a-t-il eu d’un miracle eucharistique dans la Nouvelle Messe ?

On affirme qu’un tel miracle a eu lieu dans l’église paroissiale de Sokulka en Pologne de l’Est. Le 12 octobre, 2008, un prêtre, ordonné il y a cinq ans par un évêque polonais consacré en 1980, en distribuant la Communion a laissé tomber une Hostie consacrée au pied de l’autel. Il s’est arrêté pour la ramasser, et il l’a placée dans un petit récipient d’eau à côté du Tabernacle. Après la Messe elle a été enfermée dans le coffre-fort de la sacristie pour qu’elle se dissolve dans l’eau, afin que la Présence Réelle n’y étant plus on pût jeter tranquillement l’eau. Cette procédure est tout à fait normale dans le cas d’accidents semblables dans la liturgie catholique.

Mais quand le 19 octobre une Sœur de la paroisse est allée contrôler la dissolution de l’Hostie, elle a vu au centre comme un caillot de sang, d’un rouge intense. Elle a informé tout de suite le doyen de la paroisse qui est venu avec d’autres prêtres pour observer ce qui semblait en effet être de la chair vivante. Ils ont tous été stupéfaits. Ensuite c’est l’Archevêque de Bialystok qui est venu avec plusieurs officiels du diocèse et tous ont été profondément émus. Le 30 octobre, suivant les instructions de l’Archevêque, on a sorti l’Hostie de l’eau, on l’a mise sur un petit corporal et placée dans le Tabernacle pour la dessécher. Jusqu’à ce jour elle garde la forme d’un caillot de sang.

Le 7 janvier, 2009, un échantillon de l’Hostie a été enlevé pour être examiné, séparément, par deux pathomorphologistes de l’Université Médicale de Bialystok à côté. Leur jugement, indépendant l’un de l’autre mais unanime, a été que «  de tous les tissus d’organismes vivants, l’échantillon ressemble le plus au myocarde humain », venant du ventricule gauche du cœur, typique d’une personne vivante en état d’agonie. De plus les deux pathologistes ont observé, sans doute sous leurs microscopes, que les fibres du myocarde et la structure du pain étaient si étroitement liés entre eux que toute possibilité d’une fabrication humaine était exclue. Le 29 janvier cette évidence matérielle et physique a été présentée à la Curie Métropolitaine à Bialystok, où on attend patiemment le jugement officiel de l’Église quant à l’origine surnaturelle de l’événement. Décisifs à cet égard, a dit l’Archevêque dans un sermon d’octobre, 2009, seront les fruits spirituels parmi les fidèles. Déjà on a constaté une croissance importante de la piété et pratique religieuse des fidèles de la région, et des centaines de pèlerinages sont venus de l’étranger. Il y a eu aussi de nombreux miracles de conversion et de guérison.

Si cette évidence matérielle est digne de foi, il s’ensuivrait qu’à Sokulka le Bon Dieu a opéré encore un miracle eucharistique dans leur longue série à travers les siècles, pour aider les âmes à croire en une réalité normalement impossible à croire, à savoir qu’il est Réellement Présent sous les apparences du pain et du vin une fois consacrés. Mais comment cela est-il possible lorsque les Catholiques de la Tradition savent que la cause majeure de cette perte de foi qui est en train de détruire l’Église depuis Vatican II est bel et bien la Nouvelle Messe ? On pourrait répondre que le Sacré Cœur, sachant que ce sont les pasteurs qui ont été principalement responsables des ambiguïtés mortelles du NOM, n’a pas voulu abandonner ses brebis, et donc il continue de les paître avec tout ce qui est encore catholique parmi les ambiguïtés. De plus, parmi toute l’insouciance montrée envers la Sainte Eucharistie dans la Néo-église, l’événement de Sokulka est un rappel grave, aux brebis comme aux pasteurs : « Attention ! Celui que vous touchez dans la Messe – c’est moi, votre Dieu ! »

Kyrie eleison.

Vision de Résistance

Vision de Résistance on août 24, 2013

La direction encore et toujours suivie par les chefs de la Fraternité St Pie X effraie bon nombre de catholiques qui gardent aujourd’hui la Foi catholique, et puisqu’ils apprécient tout ce qu’ils reçoivent de la FSPX depuis des dizaines d’années, ils désirent désespérément une Fraternité semblable qui la remplace. La vision autre d’un réseau de poches de résistance indépendantes leur fait peur. Ce qui peut les rassurer, c’est que c’était plutôt la vision d’un prophète et pionnier insigne du mouvement Traditionnaliste, le prêtre dominicain français, Roger-Thomas Calmel (1914–1975). Voici des pages adaptées de sa Brève Apologie de l’Église de toujours (pp.48–51, 58) :—

« Quoi qu’il en soit des aberrations de l’autorité hiérarchique dans la sainte Église, les prêtres ne peuvent tenir la place des évêques, ni les laïcs tenir la place des prêtres. Songeons-nous alors à mettre sur pied une immense ligue mondiale de prêtres et chrétiens fidèles qui, devenus des « interlocuteurs valables » pour la hiérarchie officielle, l’obligeront à restaurer l’ordre catholique ? Dessein grandiose et émouvant, mais chimérique. Car enfin ce groupe qui se voudra d’Église mais ne sera ni diocèse, ni archidiocèse, ni paroisse, ni ordre religieux, qui n’entrera dans aucun des secteurs sur lesquels et pour lesquels s’exerce l’autorité dans la sainte Église, ce groupe sera artificiel : artefactum étranger aux groupes réels, établis et reconnus.

« Comme pour tout groupement, le problème du chef et de l’autorité se posera pour ce groupe ; et même avec d’autant d’acuité que le groupe sera plus énorme. Nous ne tarderions pas à aboutir à ceci : le groupe, étant une association, doit résoudre la question de l’autorité ; étant artificiel (n’appartenant à aucune espèce de groupe naturel ni surnaturel) elle ne peut la résoudre. Des groupes rivaux ne tarderont pas à s’élever, la guerre en deviendra inévitable, et il n’y aura aucun moyen canonique de terminer ni de conduire cette guerre.

« Sommes-nous alors condamnés à l’impuissance au milieu du chaos, souvent sacrilège ? Je ne le crois pas. D’abord, l’Église de Jésus Christ est assurée jusqu’à la fin du monde de conserver assez de hiérarchie personnelle authentique pour maintenir les sacrements, en particulier ceux de l’autel et de l’ordre, et pour prêcher la doctrine du Salut, unique et invariable. Et ensuite, quelles que soient les défaillances de la hiérarchie réelle, nous détenons tous, prêtres et laïcs, chacun pour notre compte, une petite part d’autorité.

« Donc que le prêtre fidèle capable de prêcher aille jusqu’au bout de son pouvoir et de sa grâce de prêcher, de pardonner les péchés et de célébrer la vraie Messe. Que la sœur enseignante aille jusqu’au bout de sa grâce et de son pouvoir de former les jeunes filles dans la foi, les bonnes mœurs, la pureté, les belles-lettres. Que tout prêtre et laïc, chaque petit groupe de prêtres et de laïcs, ayant autorité et pouvoir sur un petit fortin d’Église et de chrétienté, aille jusqu’au bout de ses possibilités et de son pouvoir. Que les chefs de fortin et les occupants ne s’ignorent pas et communiquent entre eux. Que chacun de ces fortins, protégé, défendu, entraîné, dirigé dans sa prière et ses chants par une autorité réelle, devienne autant que possible un bastion de sainteté : voilà qui assurera la continuité certaine de la vraie Église et préparera efficacement les renouveaux pour le jour qui plaira au Seigneur.

« Nous n’avons donc pas à craindre, mais à prier en toute confiance, exercer sans peur, selon la Tradition et dans notre sphère, le pouvoir qui est le nôtre, préparer ainsi les temps heureux où Rome se ressouviendra d’être Rome et les évêques d’être évêques. »

Kyrie eleison.

À Vous de Choisir

À Vous de Choisir on mars 23, 2013

Quelle confusion règne dans l’Église et dans le monde ! Nous voyons parmi les meilleurs des hommes, l’un après l’autre, peut-être avec les meilleures des intentions, abandonner le combat et prendre la décision de ne plus résister, se laisser aller, suivre le courant, faire ce que font tous les autres. Cependant ce laisser-aller ne cesse de braver Dieu, et il est condamné par Dieu sans appel, parce que Dieu ne change pas. Sans doute fait-Il appel en ce moment au nouveau Pape pour qu’il fasse ce qu’il doit faire, coûte que coûte.

Entre 1966 et 1975, Il semble avoir appelé une femme, en France, à faire en sorte qu’un prélat français remette en mains propres à Paul VI une série de messages divins demandant au Pape de conduire de grands pèlerinages de pénitence à la célèbre basilique de Vézelay (et aussi, à partir de 1972, de rétablir l’usage de la Messe Tridentine). Les messages ont reçu le titre du Chant de Carême, Parce, Domine, Populo Tuo (Épargnez, Seigneur, Votre Peuple). Ils sont reproduits sans autorisation officielle mais ils correspondent bien à la Semaine Sainte. Les lecteurs qui voudront bien lire ces brefs extraits pourront juger pour eux-mêmes s’ils semblent authentiques :

16-X-66 : Le monde est au bord de la catastrophe. Cependant, crois bien que la supplication de quelques âmes humbles a un grand pouvoir sur Mon cœur.

3-III-68 : Tu diras au Saint Père qu’il chante le Parce, Domine en imploration, les bras en croix, devant les foules réunies à Vézelay, qu’il entraînera lui-même.

2-III-70 : Si mon appel est méprisé, les eaux de Ma colère submergeront tout. Que de pleurs et de gémissements alors, mais il sera trop tard.

13-II-71 : Dis aux prêtres qu’ils demandent prière et pénitence dans la Chrétienté en déroute, et donnent eux-mêmes l’exemple. Sinon il y aura des massacres sur la terre de France. Si vous refusez de faire monter vers Mon Père les voix de l’humble prière pénitente, vous ferez monter, de force, celles de votre terreur. Choisissez !

25-III-71 : Mes petits enfants, si vous ne voulez pas de processions d’amour, vous aurez des processions de haine. Déjà celles-ci s’ébranlent. Que vous faut-il de plus pour croire à Mon appel ?

28-IV-72 : S’ils ne veulent pas faire de génuflexion devant le Saint Sacrement, ils en feront d’autres dans les mines de sel !

10-VII-72 : Si le Pape ne fait pas ce que j’ai demandé, la Justice divine s’abattra lourdement sur le monde et vous aurez tellement à souffrir que si les détails vous en étaient connus maintenant, vous en sécheriez de frayeur.

15-VII-72 : Je fais appel à mes fidèles enfants. Ne trouverai-Je que des déserteurs ? Si vous saviez, Mes enfants, ce qui vous attend, comme vous vous hâteriez de répondre à Mes désirs. Mais bientôt la justice se fera. Vous crierez vers Moi dans votre terreur, mais il sera trop tard.

6-XI-72 : Si je vous montrais ce qui vous attend, ce sont des nuits entières de prière que vous passeriez à mes pieds, pour éloigner le terrible châtiment.

13-VII-73 : Les laïcs sont actuellement l’espoir de l’Église. Priez pour vos pasteurs défaillants.

2-V-75 : Dans les temps mauvais qui viennent, il faudra que les familles Chrétiennes se groupent et s’entendent pour recueillir Mes pasteurs fidèles et subvenir à leurs besoins, tandis que ceux-ci seront contraints à un ministère clandestin . . . Il faut revenir aux catacombes. Il n’y a pas d’autre voie.

Parce, Domine.

Qui Est Infecté ?

Qui Est Infecté ? on août 25, 2012

L’un de mes proverbes préférés vient de Chine : « L’homme sage s’accuse lui-même, le sot accuse les autres ». Non pas que les autres ne soient jamais en faute, bien sûr, mais en général, je ne peux faire que peu ou rien pour modifier leur conduite, tandis que je suis, du moins en théorie, maître de la mienne. Comme le dit « L’Imitation de Jésus-Christ » : nous pensons rarement avec profit aux péchés d’autrui, mais toujours avec profit à nos propres péchés.

Cette antique sagesse me vient à l’esprit à l’occasion de la lettre d’une lectrice du « Commentaire Eleison » (#263) dans laquelle elle se lamente de « l’infection Conciliaire » qu’elle pense observer dans les Messes de la Fraternité SPX aux Etats-Unis, telles qu’elles sont célébrées par les prêtres et suivies par les fidèles. Si le résumé suit ici de ses observations plutôt sombres, ce n’est pas pour en assommer les prêtres ni les fidèles, mais pour suggérer à chacun d’entre nous l’examen de notre propre conduite.

D’une façon générale, elle dit que cette « infection Conciliaire » s’est peu à peu répandue dans les chapelles de la Fraternité SPX depuis quelque temps. Elle va jusqu’à dire que la situation est en train de se détériorer, qu’elle est pratiquement désespérée et que le mal est déjà fait. C’est comme si le Latin a pris plus d’importance que la Foi, comme si, dès que la Messe de St Pie V est dite en Latin, tout est parfait. Pour ne pas avoir compris – ou ne pas se rappeler – ce qu’est réellement la Messe, les fidèles se contentent de faire acte de présence. Nombreux sont ceux qui assistent à la Messe d’une façon distraite, ce qui les amène à recevoir la Sainte Communion d’une manière irrespectueuse, tout comme dans la Nouvelle Église.

Elle reproche aux prêtres de ne pas avoir suffisamment expliqué aux fidèles ce que sont la Foi et la Messe. Quant aux sermons, elle se demande parfois si les prêtres comprennent ce qu’ils prêchent. Elle a l’impression des fois que les idées personnelles du prêtre et le contexte du sermon en général ont un relent Conciliaire. Les règles liturgiques ne sont pas respectées, l’observation des rubriques est irrégulière, le Canon de la Messe est apte à être lu de façon trop rapide. Bref, elle ne serait pas surprise de voir un certain nombre de prêtres et de fidèles de la Fraternité SPX disposés à rejoindre la Nouvelle Église si tant est qu’ils ne lui appartiennent pas virtuellement déjà.

Certes, personne de sérieux n’affirmerait que cette description plutôt sombre se rapporte à l’ensemble des Messes de la Fraternité SPX, mais la corruption de notre époque est tellement forte qu’une détérioration comme celle qu’elle évoque est par trop normale. Cette corruption pèse sur les prêtres comme sur les fidèles, en sorte que tous nous devons observer avec attention si elle ne nous gagne pas petit à petit. Ainsi que Sœur Lucie de Fatima l’a dit dans les années cinquante, les fidèles ne peuvent plus compter sur le clergé pour faire tout le travail de les hisser au Ciel. Cela n’a jamais été possible en réalité, mais une « obéissance » paresseuse reste encore aujourd’hui une tentation commune. Donc si les fidèles veulent être menés par de bons prêtres, et s’ils ne veulent pas que la Fraternité devienne Conciliaire, ils doivent contrôler leur propre maison pour la mettre en ordre – par exemple, de quelle façon moi-même et ma famille participons-nous à la Messe ?

Quant à nous autres prêtres, n’oublions pas le redoutable avertissement du prophète Ezéchiel (III,17–21) adressé aux pasteurs : Si les pasteurs disent au peuple qu’il pèche et que le peuple continue de pécher, Dieu châtiera le peuple mais Il ne rejettera pas la responsabilité sur les pasteurs. Au contraire, si le peuple pèche et que les pasteurs ne lui reprochent pas ses péchés, alors ce sont les pasteurs que Dieu rendra responsables des péchés du peuple. « Parce que voici le temps venu où doit commencer le jugement par la maison de Dieu » (I Pierre, IV,17).

C’est pourquoi il dépend de chacun de nous de faire ce qui est en notre pouvoir pour empêcher que la Fraternité SPX soit victime de « l’infection Conciliaire ». Chose aujourd’hui plus facile à dire qu’à faire, mais comme le dit Saint Paul (I Cor.IV,3–5), examinons nos propres péchés. C’est Dieu qui juge.

Kyrie eleison.

L’Oecuménisme de Benoit – I

L’Oecuménisme de Benoit – I on février 25, 2012

Une remarquable étude de l’œcuménisme conciliaire est apparue en Allemagne il y a quelques années, écrite par un certain Dr. Wolfgang Schüler. Dans « Benoît XVI et Comment l’Eglise se Voit Elle-même », il démontre que l’œcuménisme répandu par Vatican II a transformé la compréhension qu’Elle a d’Elle-même, et il prouve par une série de citations textuelles de Joseph Ratzinger comme prêtre, Cardinal et Pape, que celui-ci a promu cette transformation d’une façon parfaitement cohérente, depuis l’époque du Concile jusqu’à aujourd’hui. Et ce ne sera pas pour lui de quoi avoir honte.

Dans un ordre logique – cela prendra plus d’un « Commentaire Eleison » – voyons d’abord la véritable conception que l’Eglise a d’Elle-même, et alors avec l’aide du Dr. Schüler, comment cette conception fut changée par le Concile et comment Benoît XVI a promu d’une façon cohérente ce changement. Finalement nous tirerons les conclusions qui s’imposent pour les catholiques qui veulent garder la vraie Foi.

La vraie Eglise catholique s’est toujours vue Elle-même comme un tout organique, une société une, sainte, catholique et apostolique, constituée par des êtres humains unis par la Foi, les sacrements et la hiérarchie romaine. Cette Eglise est tellement une, qu’aucun élément ne peut en être arraché ni enlevé sans cesser d’être catholique (cf. Jn. XV, 4–6). Par exemple, la Foi qui constitue l’élément de base du croyant catholique ne peut être fragmentée, mais doit être gardée dans son intégralité (au moins implicitement) ou pas du tout. Et cela parce que c’est sur l’autorité de Dieu révélant les dogmes de la Foi catholique que je crois en eux, de telle sorte que si je rejette un seul dogme, je rejette du coup l’autorité de Dieu qui les cautionne tous, auquel cas même si je crois à tous les autres dogmes, ma croyance ne repose plus sur l’autorité de Dieu mais seulement sur mon propre choix.

En réalité le mot « hérétique » vient du mot grec « choisir » (hairein), car la croyance d’un hérétique étant fondée uniquement sur son propre choix, il a par là même perdu la vertu surnaturelle de foi, de telle sorte que même s’il ne rejette qu’un seul dogme de Foi, il n’est plus catholique. Dans une célèbre citation, Saint Augustin dit : « Sur beaucoup de choses vous êtes avec moi, sur peu vous n’êtes pas avec moi, mais à cause de ce peu pour lequel vous n’êtes pas avec moi, le beaucoup pour lequel vous êtes avec moi ne vous sert à rien. »

Par exemple un Protestant peut croire en Dieu ; il peut même croire à la divinité de l’homme Jésus de Nazareth, mais s’il ne croit pas à la Présence Réelle de Dieu, corps, sang, âme et divinité, sous les apparences du pain et du vin après leur consécration à la Messe, alors il a un concept profondément différent et déficient de l’amour de Jésus-Christ et du Dieu auquel il croit. Peut-on alors dire que le vrai Protestant et le vrai Catholique croient au même Dieu ? Vatican II dit qu’on peut le dire, et sur la base de croyances qu’il suppose plus ou moins partagées entre les catholiques et tous les non-catholiques, il construit son œcuménisme. Au contraire le Dr. Schüler illustre par une série de comparaisons que lorsque deux croyances qui semblent être la même font en réalité partie de deux credo différents, ce n’est plus du tout la même croyance. Voici une illustration : les molécules d’oxygène mélangées à l’azote sont exactement les mêmes qui se composent avec l’hydrogène, mais elles sont aussi différentes dans les deux cas que l’air que nous respirons (O+4N) est différent de l’eau que nous buvons (H2O) ! A suivre.

Kyrie eleison.