hiérarchie de l’Église

Allié Bienveillant ?

Allié Bienveillant ? posted in Les Commentaires Eleison on janvier 28, 2017

Mgr. Athanase Schneider, venant d’Allemagne mais actuellement Évêque d’Astana au Kazakhstan, s’est fait connaître ces dernières années aux Catholiques de la Tradition par maintes déclarations qui vont apparemment dans le sens de la Tradition. Par exemple l’année dernière il s’est associé publiquement aux quatre Cardinaux qui ont mis en question la doctrine exprimée par le Pape François dans son document Amoris Laetitia. Lorsque Mgr Schneider fait tant pour critiquer la glissade à « gauche » de l’Église officielle, il est possible qu’il ne comprenne pas qu’on puisse l’attaquer de la « droite », mais il s’agit de la Vérité et non pas de nos petites personnalités. Excellence, merci de toute la vérité que vous avez eu le courage de défendre en public, mais laissez-vous dire que la Vérité est bien plus forte et bien plus exigeante que vous ne pensez. Vous avez accordé récemment une interview à Adelante la Fe. Ayez la bonté de ne pas le prendre personnellement si quelques-unes de vos réponses sont citées ici (en lettres italiques) pour être critiquées.

Je suis convaincu que dans les circonstances actuelles, Mgr Lefebvre aurait accepté sans hésiter la proposition canonique de Rome d’une Prélature Personnelle pour la Fraternité St Pie X.

Excellence, cela n’est pas possible. Mgr Lefebvre a cru, et il l’a prouvé par des arguments tirés de la théologie et l’histoire de l’Église, que Vatican II fut une trahison sans précédent par laquelle les autorités suprêmes de l’Église abandonnèrent 1900 ans de doctrine immuable de l’Église. Or, la Rome officielle suit toujours ce Concile objectivement perfide. Donc soumettre la Fraternité à cette Rome-ci, ce sera soumettre le poulailler au renard. Mgr Lefebvre a toujours espéré que la Rome néo-moderniste se redresserait, mais il n’en est rien jusqu’ici.

Mgr Lefebvre était doué d’un profond « sensus ecclesiae », ou sens de l’Église.

C’est vrai, parce qu’il possédait en profondeur et avec clarté la doctrine ou enseignement catholique, qui se situe au cœur de l’Église. « Allez, enseignez toutes les nations, » fut la dernière instruction de Jésus à ses Apôtres (Mt. XXVIII, 19–20). Or, Vatican II a trahi cette doctrine, donc c’est le sens même de l’Église qui a fait que Mgr Lefebvre a répudié ce Concile. Les Conciliaristes de la Rome actuelle ne seront jamais capables de reconstruire l’Église.

Il a consacré quatre évêques en 1988 parce qu’il était persuadé qu’il y avait un réel état de nécessité.

En effet, mais attention ! C’est la crise objective qui a engendré la conviction subjective, et pas l’inverse. Notre monde moderne est malade mentalement, du subjectivisme. Mgr Lefebvre fut un objectiviste.

Si la Fraternité reste trop longtemps canoniquement indépendante, ses membres et ses fidèles vont perdre leur sens de la nécessité d’être soumis au Pape, et ils finiront par cesser d’être catholiques.

Le Pape est Pape pour « confirmer ses frères » dans la Foi – voir Lc.XXII, 32. S’il s’agit d’un Pape Conciliaire dont la foi est corrompue par Vatican II, il ne pourra plus donner ce qu’il n’a pas lui-même. C’est en se soumettant aux Papes Conciliaires que des Catholiques sans nombre ont perdu depuis le Concile la vraie Foi.

Aucun Catholique ne peut choisir les Papes auxquels il obéira ou non. Le Bon Dieu guide son Église.

La crise présente dans l’Église est sans précédent parce que jamais avant dans toute l’histoire de l’Église on n’a vu toute une série de Papes, l’un après l’autre, en décalage par rapport à la vraie Foi, comme nous en avons vu depuis Vatican II. Ceci oblige – exceptionnellement – les Catholiques à juger leurs Papes, évêques et prêtres dans la mesure nécessaire pour s’assurer que ce ne sont pas des loups. Par cette crise le Bon Dieu purifie son Église, et dès que la purification sera complète, Il donnera à son Église un grand Pape, catholique pour de vrai.

J’ai dit à Mgr. Fellay qu’à Rome nous avons besoin de la Fraternité dans cette grande bataille pour la pureté de la Foi.

Excellence, veuillez croire que la Rome Conciliaire fera de son mieux pour compléter la corruption de la foi de la Fraternité. Déjà la Fraternité officielle a glissé loin de la Foi objective de Mgr Lefebvre.

Kyrie eleison.

Plusieurs “Églises”

Plusieurs “Églises” posted in Les Commentaires Eleison on décembre 1, 2012

Une grande confusion règne aujourd’hui en ce qui concerne la véritable Église de Notre Seigneur ici sur terre, et au sujet des différentes appellations qu’on lui applique. De loin la majeure partie de cette confusion provient du plus grand problème actuel de l’Église, à savoir du diabolique Concile Vatican Deux (1962–1965). Essayons d’y voir un peu plus clair.

« Église » provient du grec Ekklesia et du latin Ecclesia, « assemblée ». « Notre Seigneur a assemblé autour de Lui une société d’hommes qui le reconnaissait pour Maître : voilà ce que Lui-même a appelé Son Église » (Bossuet).

« Église catholique » désigne pour beaucoup de gens un édifice, mais elle signifie surtout le groupe des personnes qui partagent dans le monde entier ( katholos en grec signifie « universel ») une même Foi, un même ensemble de Sacrements, et une même hiérarchie, ces trois éléments ayant été établis par le Dieu Incarné, Notre Seigneur Jésus-Christ, lors de sa vie sur terre il y a 2000 ans. Mais à partir de ce groupe original de croyants tel qu’il fut institué par Notre Seigneur, de temps en temps d’autres groupes se sont séparés, tout en prétendant être la véritable Église du Christ. Alors, comment puis-je savoir laquelle est sa véritable Église ?

« Église du Christ » est celle qui possède les quatre Notes qui permettent de la reconnaître. 1 Une –par l’unicité surtout de la Foi par laquelle Notre Seigneur voulut unifier Son Église en elle-même et pas fonder d’autres (cf.Jn.XVII,21–23 : « Pour que tous soient un »). 2 Sainte – Notre Seigneur fonda son Église pour mener les hommes au Dieu Très Saint et à son Ciel de Sainteté (cf.Mt.V,48 : « Soyez parfaits . . . »). 3 Catholique – Notre Seigneur a fondé son Église pour tous les hommes de tous les pays et de toutes les époques (cf.Mt.XXVIII,19 : « Allez donc et enseignez toutes les nations »). 4 Apostolique – Notre Seigneur a fondé son Église comme une monarchie, pour être gouvernée par l’Apôtre Saint Pierre et ses successeurs (cf.Mt.XVI,18 : « Tu es Pierre et sur cette pierre ( petran en grec) J’édifierai mon Église »). Où se trouvent réunies ces quatre Notes, là est la véritable Église du Christ. Là où elles font défaut, il ne s’agit plus de l’Église du Christ.

« Église Conciliaire » signifie l’Église catholique centrée sur Dieu telle qu’elle tombe depuis 50 ans sous l’influence du Concile Vatican Deux, centré sur l’homme. Le Conciliarisme (comme on peut appeler l’erreur distillée de Vatican II) comporte la même relation à la véritable Église du Christ que la pourriture d’une pomme pourrie à la pomme qu’elle pourrit. De même que la pourriture occupe la pomme, dépend de la pomme, ne peut exister sans la pomme, mais demeure néanmoins totalement différente de la pomme (autant que diffère ce qui est immangeable de ce qui est mangeable), ainsi le Conciliarisme diffère du catholicisme à tel point que l’on peut dire en toute vérité que l’Église Conciliaire n’est plus l’Église catholique. Mais, l’Église catholique est visible. L’Église Conciliaire n’est elle pas elle aussi visible ?

« Église visible » ( ou concrète) signifie tous les édifices, hiérarques et sujets de l’Église que nous pouvons voir de nos yeux. Mais dire que l’Église catholique est visible, donc que l’Église visible est l’Église catholique, c’est aussi « infantile » (mot de Mgr. Lefebvre) que de dire que tous les lions sont des animaux et donc tous les animaux sont des lions. L’unique partie de l’Église visible qui soit catholique est celle qui est une, sainte, universelle et apostolique. Le reste n’est autre que différentes espèces de pourriture visible (ou concrète).

« Église officielle » signifie l’Église en tant qu’Elle est conduite par, et qu’Elle suit, ses hiérarques visibles. Étant donné que ceux-ci sont aujourd’hui en grande partie Conciliaires, l’« Église officielle » est largement Conciliaire et non-catholique, selon sa conformité ou non avec les quatre Notes. Pareillement l’ « Église majoritaire » signifie l’Église officielle d’aujourd’hui en tant qu’on l’oppose au petit troupeau « Traditionnaliste ». Cependant, que personne n’aille dire qu’il ne reste rien des Notes « une, sainte, universelle ou apostolique » dans l’Église majoritaire, pas plus que tout dans le petit troupeau « Traditionnaliste » met en évidence ces quatre Notes. Le blé et l’ivraie sont toujours mélangés dans l’Église du Christ (cf.Mt.XIII,24–30).

Kyrie eleison.

L’Oecuménisme de Benoît – II

L’Oecuménisme de Benoît – II posted in Les Commentaires Eleison on avril 7, 2012

Comme dans toute controverse suscitée par les terribles ambiguïtés du Vatican II, prouver ou essayer de réfuter ce qu’expose le Dr. Wolfgang Schüler dans son livre « Benoît XVI et l’Auto-compréhension de l’Eglise » pourrait nécessiter beaucoup de temps et d’articles érudits. Cependant la ligne principale de son argument est assez claire, et elle mérite bien d’être présentée aux lecteurs du « Commentaire Eleison » afin de les aider à voir clair au milieu d’une si grande confusion. En ce sens, tout en ayant leurs limites, les comparaisons peuvent vraiment aider la compréhension.

Un tout peut être composé de parties de deux façons différentes : comme un arbre vivant ou comme un tas de pièces de monnaie. Ou bien le tout est primaire et les parties sont secondaires, comme dans le cas de l’arbre, ou les parties sont primaires et le tout secondaire comme dans le cas du tas de pièces de monnaie. L’arbre comme un tout prime, parce que les branches qui sont ses parties peuvent être coupées mais l’arbre continue à vivre sa vie comme arbre et fait pousser de nouvelles branches, tandis que les branches coupées perdent leur vie et se transforment en quelque chose de totalement différent, comme une bûche ou une chaise. Au contraire, chaque pièce de monnaie séparée du tas de pièces demeure exactement ce qu’elle était dans le tas, et il suffit qu’un assez grand nombre de pièces soit séparé du tas pour que ce soit le tas qui disparaisse.

Or, prise comme un tout, l’Eglise catholique ressemble-t-elle davantage à l’arbre ou au tas de pièces ? L’Eglise catholique est cette société spéciale d’êtres humains naturels qui sont unis dans cette société par trois choses : la Foi, les sacrements, et la hiérarchie. A ces trois éléments c’est Dieu lui-même qui leur donne d’exister. La Foi est dans l’esprit une vertu surnaturelle que Dieu seul peut donner. Les sacrements utilisent des éléments matériels tels l’eau et l’huile, mais ce qui en fait des sacrements c’est la grâce surnaturelle qu’ils véhiculent et qui a pour source Dieu seul. De même, la hiérarchie est composée d’êtres humains naturels, mais s’ils ne sont pas mus par Dieu ils ne suffiront jamais par eux-mêmes pour guider les âmes vers le Ciel.

Il en résulte que l’Eglise catholique ressemble davantage à un arbre en vie qu’à un tas de pièces de monnaie, fussent-elles d’or. Parce que, de même que tout organisme vivant possède en lui-même un principe de vie qui lui donne son existence et son unité, ainsi l’Eglise catholique a en elle-même d’abord Dieu Lui-même et ensuite la hiérarchie, pour lui donner son existence et son unité. Lorsque ce qui était une partie de l’Eglise se sépare de la hiérarchie par le schisme, ou renonce à la Foi par l’hérésie, elle cesse d’être catholique pour devenir autre chose, comme les Orthodoxes schismatiques ou les Protestants hérétiques. Il est vrai que les croyants Orthodoxes ont pu conserver des sacrements valides, mais puisqu’ils ne sont plus unis au Vicaire du Christ à Rome, personne de raisonnable ne les prend pour des catholiques.

Survient alors Vatican II. Il change l’idée qu’avait l’Eglise d’elle-même, à savoir celle d’un arbre vivant ou d’une vigne (selon la comparaison même de Notre Seigneur : Jn XV, 1–6 ), en celle d’un tas de pièces d’or. Pour avoir voulu ouvrir l’Eglise au monde moderne, les hommes de l’Eglise Conciliaire ont commencé par dissoudre les frontières de l’Eglise (L.G.8). Ceci leur permit de prétendre qu’il existe des éléments de l’Eglise du Christ en-dehors des limites visibles de l’Eglise Catholique (U.R.3), tels des pièces d’or séparées de leur tas. Et puisqu’une pièce d’or reste une pièce d’or, ils ont pu ensuite pousser plus loin leur argument en affirmant (U.R.3) que ce qui constituait des éléments de salut à l’intérieur de l’Eglise demeure tel en-dehors de l’Eglise. De là d’innombrables âmes tirent la conclusion naturelle que désormais je n’ai plus besoin d’être catholique pour parvenir au Ciel. Voilà le désastre de l’œcuménisme Conciliaire.

Nous devrons maintenant analyser plus en détail ces textes de Vatican II avant de considérer les efforts du Pape Benoît pour intégrer l’œcuménisme qui divise l’Eglise dans la doctrine catholique qui l’unifie.

Kyrie eleison.

Danger Grave

Danger Grave posted in Les Commentaires Eleison on mars 31, 2012

Le désir de certains prêtres dans la Fraternité Saint Pie X de rechercher un accord pratique avec les autorités de l’Eglise sans accord doctrinal semble être une tentation apte à se reproduire. Pendant des années Monseigneur Fellay en tant que Supérieur Général de la Fraternité en a refusé l’idée, mais lorsqu’il a dit à Winona le 2 février que Rome est disposée à accepter la Fraternité telle qu’elle est, et que Rome est prête à satisfaire « toutes les demandes de la Fraternité . . . au niveau pratique », Rome semble bien présenter une fois de plus la même tentation.

Cependant, plusieurs parmi vous connaitront les dernières nouvelles de Rome, et, à moins que le Vatican ne joue une partie de cartes avec la Fraternité Saint Pie X, Rome a annoncé vendredi dernier, le 16 mars, qu’elle a trouvé que la réponse de janvier de Monseigneur Fellay à son Préambule Doctrinal du 14 septembre de l’année dernière « n’est pas suffisante pour surmonter les problèmes doctrinaux qui sont à la base de la fracture entre le Saint-Siège et la dite Fraternité ». Et le Vatican a donné à la Fraternité Saint Pie X un mois pour « clarifier sa position » et éviter ainsi « une rupture aux conséquences douloureuses et incalculables ».

Mais que se passerait-il si Rome tout d’un coup n’exigeait plus l’acceptation du Concile et de la Nouvelle Messe ? Si Rome se mettait inopinément à dire : « Bien. Nous avons réfléchi à tout cela. Rentrez dans l’Eglise tels quels. Nous vous accorderons la liberté de critiquer le Concile tant que vous voudrez, et de célébrer exclusivement la Messe de St Pie V. Mais rentrez donc ! » Cela pourrait être assez rusé de la part de Rome, car comment la Fraternité pourrait-elle refuser une telle offre sans paraître incohérente et pleine d’ingratitude ? Et cependant, sous peine de mort elle devrait refuser. Peine de mort ? Expression forte. Mais voici à ce sujet un commentaire de Monseigneur Lefebvre.

Le 5 mai 1988, il signa avec celui qui était alors le Cardinal Ratzinger le protocole (première rédaction provisoire) d’un accord pratique Rome-Fraternité. Le 6 mai il revint sur sa signature (provisoire). Le 13 juin, il dit : « Avec le protocole du 5 mai nous étions bientôt morts. Nous n’aurions pas duré un an. Jusqu’à présent la Fraternité est unie, mais avec ce protocole nous aurions été tenus de multiplier les contacts avec eux, il y aurait eu la division à l’intérieur de la Fraternité, tout aurait été une cause de division (caractères gras ajoutés). De nombreuses vocations seraient venues vers nous à cause de notre union à Rome, mais de telles vocations n’auraient toléré aucun désaccord avec Rome – ce qui aurait provoqué la division. Dans la situation actuelle, les vocations se trient d’elles-mêmes avant de nous rejoindre » (ce qui est encore le cas dans les séminaires de la Fraternité).

Et pourquoi une telle division ? La guerre parmi les vocations n’en aurait été qu’une occasion parmi d’innombrables autres. Evidemment, parce que le Protocole du 5 mai aurait signifié un accord pratique reposant sur un désaccord doctrinal qui est radical : entre la religion de Dieu et la religion de l’homme. Monseigneur Lefebvre continuait : « Ils sont en train de nous tirer vers le Concile . . . tandis que de notre côté nous sommes en train de sauver la Fraternité et la Tradition en faisant attention de garder nos distances » (caractères gras ajoutés). Pourquoi alors Monseigneur Lefebvre a-t-il jamais recherché un tel accord ? Il continuait : « Nous avons fait un effort honnête pour garder la Tradition tout en restant dans l’Eglise officielle. Cela s’est avéré impossible. Ils n’ont pas changé, si ce n’est en pire. »

Et ont-ils changé depuis 1988 ? Beaucoup penseraient, seulement en pire encore.

Kyrie eleison.

L’Oecuménisme de Benoit – I

L’Oecuménisme de Benoit – I posted in Les Commentaires Eleison on février 25, 2012

Une remarquable étude de l’œcuménisme conciliaire est apparue en Allemagne il y a quelques années, écrite par un certain Dr. Wolfgang Schüler. Dans « Benoît XVI et Comment l’Eglise se Voit Elle-même », il démontre que l’œcuménisme répandu par Vatican II a transformé la compréhension qu’Elle a d’Elle-même, et il prouve par une série de citations textuelles de Joseph Ratzinger comme prêtre, Cardinal et Pape, que celui-ci a promu cette transformation d’une façon parfaitement cohérente, depuis l’époque du Concile jusqu’à aujourd’hui. Et ce ne sera pas pour lui de quoi avoir honte.

Dans un ordre logique – cela prendra plus d’un « Commentaire Eleison » – voyons d’abord la véritable conception que l’Eglise a d’Elle-même, et alors avec l’aide du Dr. Schüler, comment cette conception fut changée par le Concile et comment Benoît XVI a promu d’une façon cohérente ce changement. Finalement nous tirerons les conclusions qui s’imposent pour les catholiques qui veulent garder la vraie Foi.

La vraie Eglise catholique s’est toujours vue Elle-même comme un tout organique, une société une, sainte, catholique et apostolique, constituée par des êtres humains unis par la Foi, les sacrements et la hiérarchie romaine. Cette Eglise est tellement une, qu’aucun élément ne peut en être arraché ni enlevé sans cesser d’être catholique (cf. Jn. XV, 4–6). Par exemple, la Foi qui constitue l’élément de base du croyant catholique ne peut être fragmentée, mais doit être gardée dans son intégralité (au moins implicitement) ou pas du tout. Et cela parce que c’est sur l’autorité de Dieu révélant les dogmes de la Foi catholique que je crois en eux, de telle sorte que si je rejette un seul dogme, je rejette du coup l’autorité de Dieu qui les cautionne tous, auquel cas même si je crois à tous les autres dogmes, ma croyance ne repose plus sur l’autorité de Dieu mais seulement sur mon propre choix.

En réalité le mot « hérétique » vient du mot grec « choisir » (hairein), car la croyance d’un hérétique étant fondée uniquement sur son propre choix, il a par là même perdu la vertu surnaturelle de foi, de telle sorte que même s’il ne rejette qu’un seul dogme de Foi, il n’est plus catholique. Dans une célèbre citation, Saint Augustin dit : « Sur beaucoup de choses vous êtes avec moi, sur peu vous n’êtes pas avec moi, mais à cause de ce peu pour lequel vous n’êtes pas avec moi, le beaucoup pour lequel vous êtes avec moi ne vous sert à rien. »

Par exemple un Protestant peut croire en Dieu ; il peut même croire à la divinité de l’homme Jésus de Nazareth, mais s’il ne croit pas à la Présence Réelle de Dieu, corps, sang, âme et divinité, sous les apparences du pain et du vin après leur consécration à la Messe, alors il a un concept profondément différent et déficient de l’amour de Jésus-Christ et du Dieu auquel il croit. Peut-on alors dire que le vrai Protestant et le vrai Catholique croient au même Dieu ? Vatican II dit qu’on peut le dire, et sur la base de croyances qu’il suppose plus ou moins partagées entre les catholiques et tous les non-catholiques, il construit son œcuménisme. Au contraire le Dr. Schüler illustre par une série de comparaisons que lorsque deux croyances qui semblent être la même font en réalité partie de deux credo différents, ce n’est plus du tout la même croyance. Voici une illustration : les molécules d’oxygène mélangées à l’azote sont exactement les mêmes qui se composent avec l’hydrogène, mais elles sont aussi différentes dans les deux cas que l’air que nous respirons (O+4N) est différent de l’eau que nous buvons (H2O) ! A suivre.

Kyrie eleison.

Un Crime Sans Pareil – II

Un Crime Sans Pareil – II posted in Les Commentaires Eleison on novembre 28, 2009

Le « Commentaire Eleison » se proposait la semaine dernière de montrer comment le dessein de Vatican II était d’invalider les sacrements de l’Église par l’introduction de Rites sacramentaux nouveaux dont l’ambiguïté à long terme – « au bout de 50 ans » d’après les propos du Cardinal Liénart sur son lit de mort – finirait par corrompre l’indispensable Intention sacramentelle du Prêtre. Mais cette démonstration devra attendre une semaine de plus. Cette semaine, nous devons nous pencher d’abord sur le mécanisme des intentions humaines pour mieux comprendre comment tout Ministre des sacrements a besoin d’une idée fondamentalement saine de ce que fait l’Église et de ce qu’elle est.

Quand un être humain veut faire quelque chose, ou a l’intention d’atteindre tel ou tel but, il doit avoir à l’avance l’idée de ce but dans son esprit. En fait, personne ne peut poursuivre un but sans d’abord avoir l’idée de ce but dans son esprit, et il ne peut le poursuivre si ce n’est à travers l’idée qu’il en a. Mais l’idée d’une chose à l’intérieur d’une tête peut ou non correspondre à la réalité qui se trouve à l’extérieur de cette tête. Si l’idée correspond à la réalité, alors on peut atteindre le but que l’on s’est fixé ; sinon, on atteindra peut-être son idée, mais pas la réalité visée.

Prenons l’exemple d’un père de famille qui souhaite rendre heureux ses enfants, mais qui pense y parvenir en relâchant toute discipline à la maison. Trois fois hélas, l’indiscipline rend les enfants malheureux, pas heureux, et donc quand un tel père relâche la discipline, il atteint le relâchement mais pas le bonheur des enfants. Il a atteint son idée mais pas la réalité, parce que son idée était déconnectée de la réalité.

Or, pour qu’un sacrement soit valide, le Ministre (un évêque, un prêtre ou un laïc) doit avoir l’Intention de « faire ce que fait l’Église », comme nous l’avons expliqué la semaine dernière, afin que son action instrumentale soit placée sous l’action première de Dieu, seule source de toute grâce sacramentelle. Donc avant d’administrer le sacrement, le Ministre doit avoir une idée de « ce que fait l’Église », ce qui présuppose une idée préalable de ce qu’est l’Église. Et donc, si ses idées de ce qu’est et fait l’Église ne correspondent pas aux réalités Catholiques, comment ce Ministre pourra-t-il avoir l’intention de faire ce que fait la vraie Église ? Et alors comment pourra-t-il administrer de vrais sacrements ? Si un tel Ministre pensait que l’Église est une espèce de Club de Croyants en la Gentillesse, que la Messe est leur pique-nique communautaire et le Baptême leur rite d’initiation, alors il pourra bien réaliser ce pique-nique et cette initiation, mais jamais la Sainte Messe ni le Baptême.

On peut rétorquer qu’un tel ministre a l’Intention implicite de faire « ce que l’Église fait et a toujours fait ». N’empêche, son Intention sacramentelle peut rester incertaine. Par exemple, la Nouvelle Église par sa doctrine actuelle de « l’herméneutique (interprétation) de la continuité » prétend qu’il n’y a pas eu de rupture entre elle et l’Église Catholique, ni entre la Messe Catholique et le pique-nique moderniste, mais bien plutôt une évolution harmonieuse ! Et alors l’intention de célébrer la Messe en excluant qu’elle soit un pique-nique, et l’intention de faire un pique-nique en excluant la Messe constitueraient, selon la Nouvelle Église, la même intention de réaliser ce qui serait, en bonne logique, une « Pique-niquesse » ! Une telle « herméneutique » est capable de concilier entre elles des choses qui, dans la réalité, sont totalement inconciliables ! Mais quelqu’un peut-il vraiment dispenser des sacrements valides avec une telle « herméneutique » dans la tête ? Comme les Américains le disent : « Va savoir » ! Dieu le sait !

Voici pourquoi toute l’Église baigne aujourd’hui dans une confusion presque sans espoir d’en sortir. Qu’est-ce qui pourra ramener de tels hommes d’Église à appeler un chat un chat, et pas un chien, ou à appeler un chien un chien, et pas un chat ? Seul un miracle surnaturel, ou un cataclysme naturel !

Kyrie eleison.