Catholic Church

La Pensée de Benoît XVI – I

on juillet 9, 2011

Le numéro 205 de ce Commentaire a annoncé une série de quatre numéros qui montreraient à quel point la « façon de croire » du Pape est « désorientée ». Ces numéros résument de fait l’étude précieuse rédigée il y a deux ans sur ce sujet par Mgr Tissier de Mallerais, l’un des quatre évêques de la Fraternité St Pie X. Monseigneur dit que son étude, intitulée La Foi au Péril de la Raison, est « sans prétention », mais elle tire bien au clair le problème fondamental du Pape : comment croire en la Foi catholique de façon à ne pas exclure les valeurs du monde moderne. L’étude montre qu’une telle façon de croire est nécessairement désorientée, même si le Pape croit encore en quelque sorte.

L’étude se divise en quatre parties. Après une Introduction importante à « l’Herméneutique de Continuité » du Pape, Mgr Tissier examine brièvement les racines philosophiques et théologiques de la pensée du Pape. En troisième lieu il en expose les fruits pour l’Évangile, le dogme, l’Église et la société, pour la Royauté du Christ et pour les fins dernières. Il conclut par un jugement pondéré sur cette Foi « rénovée » du Pape, jugement aussi critique qu’il est respectueux. Commençons par un survol de l’Introduction :—

Le problème de fond pour Benoît XVI, comme pour nous tous, c’est l’affrontement entre la Foi catholique et le monde moderne. Par exemple le Pape voit bien que la science moderne est amorale, que la société moderne est laïciste et que la culture moderne est multi-religieuse. Spécifiquement, dit-il, ce sont la Foi et la Raison qui s’affrontent, la Foi de l’Eglise et la Raison telle qu’elle a été élaborée par les Lumières du 18me siècle. Pourtant il reste convaincu que l’on peut et on doit les interpréter de façon à les mettre en harmonie l’une avec l’autre. C’est pour cela qu’au Concile de Vatican II, Concile qui cherchait lui aussi à mettre en harmonie la Foi avec le monde d’aujourd’hui, il a joué un rôle central. Mais les Traditionalistes attribuent l’échec du Concile au fait précis que ses principes sont inconciliables avec la Foi. D’où « l’Herméneutique de la Continuité », autrement dit, système d’interprétation élaboré par Benoît XVI pour montrer qu’il n’y a pas de rupture entre la Tradition catholique et Vatican II.

Les principes de son « herméneutique » remontent à un historien allemand du 19me siècle, Wilhelm Dilthey (1833–1911). Dilthey maintenait que les vérités qui surgissent dans l’histoire ne peuvent être comprises que dans leur histoire, et que les vérités humaines ne peuvent être comprises tant que le sujet humain ne s’engage pas comme sujet dans cette histoire. Dès lors pour que le noyau des vérités du passé puisse continuer dans le présent, il faut qu’on les dépouille de tous leurs éléments périmés du passé pour les remplacer par des éléments de première importance pour le temps présent. Benoît applique à l’Église ce processus double de purification et d’enrichissement. D’une part la Raison doit purifier la Foi de ses erreurs du passé, par exemple son absolutisme, et d’autre part la Foi doit amener la Raison à modérer ses attaques contre la religion, et à se rappeler que ses valeurs comme la liberté, l’égalité et la fraternité ont pris leur origine toutes dans l’Église.

La grande erreur ici du Pape, c’est que les vérités de la Foi catholique qui ont construit la civilisation chrétienne et qui fondent le peu qui en reste encore, ne surgissent pas du tout dans l’histoire humaine, elles puisent leur origine dans le sein éternel du Dieu immuable. Ce sont des vérités éternelles, venant de l’éternité et d’une durée éternelle : « Le ciel et la terre passeront, » dit Notre Seigneur, « mais mes paroles ne passeront pas » (Mt. XXIV, 35). Ni Dilthey ni Benoît XVI apparemment ne conçoit qu’il puisse y avoir des vérités loin au-dessus de l’histoire humaine et de tout son conditionnement. Si le Pape pense qu’en faisant de telles concessions à la Raison sans Foi, il va attirer à la Foi les sectaires de la Raison, qu’il se ravise. Ceux-ci ne feront que mépriser la Foi encore plus !

Dans la deuxième partie de l’étude de Mgr Tissier, nous verrons les racines philosophiques et théologiques de la pensée de Benoît XVI.

Kyrie Eleison.

Pas d’Emprunts !

on juillet 2, 2011

Le dernier sauvetage financier de la Grèce, si tant est qu’il se réalise, remettra à plus tard encore une fois le règlement des comptes pour l’union européenne et peut-être pour le système financier global, mais le jour de ce règlement arrivera quand même. Le problème est systémique. Si les politiciens en démocratie veulent se faire réélire, ils doivent faire des emprunts pour payer cette assistance sociale qu’eux-mêmes ont formé les peuples à exiger. Néanmoins, ne cesser de faire des emprunts est une folie qui ne peut durer indéfiniment, et un jour elle s’effondre avec perte et fracas. Voilà longtemps que les peuples et les politiciens suivent ce mauvais chemin d’amonceler les emprunts, politique normalement stupide ou criminelle.

Elle est stupide si l’on a oublié la sagesse fondamentale de trois vers de Shakespeare qui valent bien la somme de beaucoup de volumes écrits par les « économistes » professionnels :—« Evite d’emprunter ou de prêter / Parce que le prêt fait souvent perdre et son argent et son ami, / Tandis que l’emprunt amortit le sens de l’économie ». Autrement dit, en s’habituant à emprunter on perd l’art d’économiser et de faire bon usage des ressources dont on dispose. Par exemple la facilité excessive, au moins dans un premier temps, de faire un emprunt, est apte à faire perdre le sens de la valeur de l’argent avec le sens de la réalité, par exemple combien il peut être difficile de gagner de l’argent, ou de le rembourser éventuellement. Quant à prêter, c’est Polonius dans la pièce célèbre de Hamlet (I, 3) qui dit que le prêt assez souvent n’est pas remboursé, et de plus si c’est un ami qui ne me rembourse pas, je risque de le perdre comme ami parce qu’il aura trop peur ou trop honte de m’aborder après.

Pourtant pas tous ceux qui font des prêts ne sont stupides. Il y en a qui sont criminels, parce qu’ils savent pertinemment qu’en prêtant à des taux d’intérêt usuriers ils peuvent réduire à la pauvreté ou à l’esclavage les personnes, les familles, des nations entières – « Le débiteur est serviteur (ou esclave) du créditeur » (Prov. XXII, 7). Il y a actuellement des cartes de crédit qui exigent entre 20 et 30% d’intérêt, quoique l’Eglise ait toujours condamné sévèrement l’usure. Les usuriers sont des criminels qui défont les liens d’une société, en appauvrissant ou en réduisant en esclavage leurs voisins, jusqu’à des nations entières.

Dans les temps modernes, disent les Papes, l’usure a pris des formes différentes, et voici pourquoi le monde entier devrait aujourd’hui se réveiller et se rendre compte qu’il s’est laissé réduire en esclavage par l’astuce des maîtres de l’argent. Ceux-ci profitent de leur richesse pour acheter les médias et les politiciens en particulier, maîtrisant ainsi toute une société mondiale qui s’est livrée à Mammon. Mais on peut se demander, comment Dieu a-t-il pu permettre que les choses en arrivent là, et comment peut-il avoir l’intention de permettre l’immense souffrance qui s’annonce dans un avenir proche avec l’effondrement financier et/ou la guerre mondiale, tous les deux prémédités par ses ennemis pour leur assurer, comme ils l’espèrent, le pouvoir mondial total ?

La réponse, c’est qu’il a donné un tel pouvoir à ses ennemis pour que leur cruauté et inhumanité lui servent de fléau à rosser le dos d’un monde qui s’est détourné de lui et qui a préféré Mammon pour maître – nous ne pouvons servir Dieu et en même temps Mammon, dit Notre Seigneur (Mt.VI, 24). Et l’on peut deviner que Dieu va permettre encore beaucoup plus de souffrance dans un avenir proche, parce que « C’est en souffrant qu’on apprend », dit Eschyle. En fait seule une souffrance sévère suffira pour permettre à un nombre important d’âmes d’apprendre que leur matérialisme et leur culte de Mammon sont des ennemis perfides de leur unique vrai intérêt, à savoir le salut de leurs âmes immortelles.

Mère de Dieu, obtenez miséricorde pour nous pauvres pécheurs !

Kyrie Eleison.

Lectures Païennes ?

on juin 4, 2011

Il y a des catholiques qui auront pu froncer des sourcils il y a quelque temps lorsque ce « Commentaire » (CE 188) a recommandé la lecture des païens grecs à ceux qui voudraient se faire une idée de la structure morale de l’univers. Pourquoi pas plutôt lire des auteurs catholiques ? Mais ce sont les mêmes grandes réalités de la vie, la souffrance et la mort auxquelles les tragédiens grecs comme les Docteurs catholiques ont fait face : pourquoi naissons-nous sur cette terre, paraît-il, rien que pour souffrir, mourir, et avec la mort nous trouver séparés de tout ce que la vie nous a appris à aimer ? La question est fondamentale, parfois angoissante.

La réponse catholique est claire et complète : le Bon Dieu existe, il est infiniment bon, et à chacun de nous il donne la vie, le libre-arbitre et assez de temps pour que nous sachions profiter de la dose exacte de souffrance que la Providence nous mesure (Mt.X, 29–31) et qui suffit pour que nous choisissions de passer notre éternité plutôt avec lui au ciel que sans lui en enfer. La réponse des Grecs est incomplète, mais pas tout à fait erronée. A la place de Dieu le Père ils ont un Père-Dieu, Zeus, et à la place de la Providence ils ont le Destin (Moira).

Or, pour les catholiques la Providence est inséparable de Dieu tandis que pour les Grecs Zeus et le Destin sont séparés l’un de l’autre, en sorte que parfois ils s’affrontent. Voilà la conséquence de la façon trop humaine dont les Grecs conçoivent leurs dieux. Néanmoins en Zeus ils voient un dirigeant plus ou moins bénévole de l’univers, et ils conçoivent le Destin comme un être immuable, ce qu’est la Providence en tant qu’identique avec Dieu (Somme Ia, 23, 8 ; 116, 3), et alors ils ne se trompent pas complètement. De plus, envers leurs dieux mythiques et l’ordre moral dont ils sont les gardiens, ces anciens Grecs ont plus de piété qu’une foule d’auteurs modernes, qui n’ont aucun respect pour quelque dieu que ce soit, et qui veulent effacer toute trace d’un ordre moral.

Mais les Grecs ont un avantage que n’ont pas les auteurs catholiques. Lorsque les Grecs proposent de grandes vérités, celles-ci sont puisées dans la réalité toute crue, et pas simplement – pour ainsi dire – dans le Catéchisme. Ceci vaut pour tous les non catholiques qui rendent témoignage à des vérités enseignées par l’Eglise. Tout comme les Juifs talmudiques d’aujourd’hui, précisément parce qu’ils rejettent Jésus Christ, lui rendent un témoignage exceptionnel en gardant jalousement dans leurs synagogues le texte hébreu de cet Ancien Testament qui parle de Notre Seigneur d’un bout à l’autre, de même les anciens Grecs rendent à Dieu et à sa Providence un témoignage spécial lorsque, sans aucun recours à la Foi, ils montrent à l’œuvre l’ordre moral du monde. De cette façon ils prouvent que ces vérités naturelles ne sont pas accessibles seulement aux croyants, elles font plutôt partie du tissu même de la vie vécue par tous, à condition de la concevoir sainement.

Il y a encore un avantage des auteurs anciens en particulier. Ayant précédé le Christ, il ne peut y avoir chez eux la moindre trace de cette apostasie qui entache plus ou moins même les auteurs pieux ressortant de la chrétienté à partir du Moyen Age. Par les auteurs anciens ces vérités sont présentées avec une certaine innocence et fraîcheur impossibles désormais à reproduire – les eaux sont trop troubles.

De fait ce sont les monastères de l’Église qui au Moyen Age ont assuré la transmission et survie des manuscrits des auteurs anciens. Comptez sur la vraie Église encore une fois dans les temps modernes pour sauver des barbares actuels ces classiques. Et qui sont-ils, les barbares de notre époque ? Ce sont les libéraux, dont la supposée érudition littéraire, là ou elle prévaut, est en train de réduire en poussière toutes les œuvres classiques.

Kyrie Eleison.

Pommes Pourries

on mai 14, 2011

De deux façons une pomme pourrie peut jeter un peu de lumière sur les ténèbres de l’Église actuellement éclipsée. D’abord, on n’attend pas que chaque partie d’une pomme soit pourrie pour l’appeler une pomme pourrie. Pourtant certaines parties ne sont pas encore pourries. Pour répondre alors à la question si la pomme est pourrie, il faut faire une double distinction : comme un tout, oui ; ces parties-ci, oui ; ces parties-là, non. Ensuite, une pomme encore bonne et sa pourriture sont bien distinctes l’une de l’autre, mais elles ne sont pas pour autant séparables. La pourriture étreint la pomme sans laquelle elle périt. C’est du bon sens. Appliquons la première partie à la Nouvelle Messe et à l’Église conciliaire, la deuxième partie à l’Église et à la Papauté.

La Nouvelle Messe est pourrie comme un tout par son anthropocentrisme conciliaire, et certaines parties ne sont manifestement pas catholiques, par exemple l’Offertoire, mais d’autres parties sont catholiques, comme le

Kyrie eleison. Puisqu’elle est pourrie comme un tout, en transformant peu à peu les catholiques en protestants, il ne faut pas y assister, mais cela n’empêche pas que cette partie qu’est la Consécration puisse être valide. Dès lors on ne peut dire ni que la Nouvelle Messe est valide, donc on peut y assister, ni qu’on ne peut pas y assister, donc elle est invalide. En vérité, dans sa partie essentielle elle peut être valide, mais cela ne suffit pas comme raison pour exposer sa foi au danger d’y assister comme un tout.

De même, l’Église d’aujourd’hui et pourrie comme un tout pour autant que le conciliarisme s’y trouve bien répandue, mais cela ne signifie pas que toute partie de l’Église soit pourrie de conciliarisme. Alors il est tout aussi faux de condamner telle partie encore catholique à cause de la pourriture du tout conciliaire, que d’excuser le tout conciliaire à cause des parties encore catholiques. Si l’on veut que son esprit corresponde à la réalité, il faut distinguer non seulement entre les différentes parties mais aussi entre les parties et le tout.

Passant à la deuxième partie de la comparaison avec une pomme pourrie, nous pouvons dire qu’il est vraiment utile de parler de deux églises, à savoir de l’Église catholique et de « l’Église conciliaire », parce que le conciliarisme se trouve dans la réalité répandu dans toute l’Église, même si dans leur état pur le catholicisme et le conciliarisme s’excluent mutuellement comme la pomme et sa pourriture. Mais dans la réalité actuelle elles ne sont pas plus séparables que la pourriture de sa pomme, ou n’importe quel parasite de son hôte. Dans la réalité il n’y a qu’une seule Église, l’Église catholique, infectée partout aujourd’hui par la pourriture conciliaire.

De même pour chaque Pape conciliaire, il est vraiment utile que de dire qu’il est la tête unique de deux églises, parce que de par ses paroles et actions, tantôt catholiques, tantôt conciliaires, il se met à la tête et de l’Église catholique et de la pourriture conciliaire. Pourtant cela ne veut pas dire qu’il est la tête de deux églises en réalité séparées. Cela veut dire qu’il est la tête et du catholicisme et du conciliarisme dans l’unique Église catholique, à présent défigurée partout par la pourriture conciliaire.

Et pourquoi nos chefs de l’Église sont-ils à tel point amourachés de la pourriture conciliaire ? C’est parce qu’en hommes modernes ils ne peuvent se passer de la liberté. C’est une autre histoire. En attendant, nous devons prier de toutes nos forces pour Benoît XVI, pour qu’il comprenne de nouveau la différence entre une pomme et sa pourriture !

Kyrie Eleison.

Vrai Pape ? – I

on avril 30, 2011

Depuis que j’ai dit il y a trois semaines (CE 195, 9 avril) que la béatification demain de Jean-Paul II ne fera de lui qu’un Néo-bienheureux de la Nouvelleglise, il était raisonnable que l’on me demandât si je ne suis pas ce qu’on appelle un « sédévacantiste ». Après tout, si je déclare virtuellement que Benoît XVI est un Néo-pape, comment puis-je croire encore qu’il est un vrai Pape ? En l’occurrence je crois qu’il est non seulement Néo-pape de l’Église conciliaire, mais aussi vrai Pape de l’Eglise catholique, parce que les deux choses ne s’excluent pas encore complètement l’une l’autre, et alors je ne crois pas que le Siège de Rome soit vacant. Voici la premi è re partie de mon raisonnement :—

D’une part je considère que Benoît XVI est un Pape valide parce qu’il a été validement élu Évêque de Rome par les prêtres des paroisses romaines, c’est-à-dire les Cardinaux, au conclave de 2005, et même si par quelque défaut caché l’élection en elle-même n’était pas valide, elle aura été convalidée, comme l’enseigne l’Église, par le fait que l’Église universelle a accepté Benoît XVI comme Pape après l’élection. Envers cet élu en tant que tel je voudrais alors montrer tout le respect, la révérence et le soutien que les catholiques doivent au Vicaire du Christ.

D’autre part les paroles et actions du Pontife sont manifestement celles d’un Pape « conciliaire », chef de l’Église conciliaire. Cela est clairement prouvé – et ce ne sont là que les preuves les plus récentes – par la néo-béatification demain de Jean-Paul II, grand promoteur de Vatican II, et par la commémoration en octobre prochain de l’événement désastreux d’Assise organisé par Jean-Paul II en 1986, où le Premier Commandement de Dieu a été bafoué au nom de l’œcuménisme conciliaire de l’homme. En effet, là où le Premier Commandement exclut absolument les fausses religions (Deut.V, 7–9), virtuellement Vatican II les embrasse toutes ( Unitatis redintegratio, Nostra Aetate ). Donc je crois que Benoît XVI est bien le Vicaire du Christ, mais je crois aussi qu’il trahit sa fonction sacrée de confirmer ses frères dans la Foi (Lc.XXII, 32), et alors tout en le respectant comme il faut en tant que successeur de Pierre, je n’entends ni le suivre ni lui obéir (Actes V,29) lorsqu’il n’agit pas comme Pierre. C’est la même distinction que faisait toujours Mgr. Lefebvre.

Mais observez que tout en trahissant – au moins objectivement – la vraie religion, Benoît XVI y tient ! Par exemple, en voulant empêcher que l’on accuse Assise III comme on a accusé Assise I de mélanger les religions, il annonce que la grande procession de toutes les religions ensemble en octobre aura lieu en silence. Autrement dit, tout en promouvant l’erreur, Benoît XVI n’entend pas abandonner la vérité ! De cette façon il ne cesse pas de ressembler à un arithméticien qui prétend que deux et deux peuvent faire indifféremment quatre ou cinq ! Lorsque c’est le Pape qui raisonne ainsi, c’est une recette pour la confusion dans l’Église de haut en bas, parce que quiconque le suit dans ce système -là d’arithmétique du 4 ou 5 s’enfoncera la tête dans la plus pure contradiction et confusion !

Mais observez encore que Benoît XVI en tant qu’arithméticien personnel prétend absolument qu’il croit que deux et deux font quatre. Et pour autant qu’il est sincère ce faisant, et il y paraît sincère – Dieu seul le sait avec certitude – il s’ensuit qu’il ne persiste pas à nier ce qu’il sait être des vérités définies de la Foi catholique. Au contraire, il semble convaincu, comme le montre Mgr Tissier, qu’il « régénère » ces vérités à l’aide de la pensée moderne ! Dès lors il devient difficile de prouver dans son cas l’accusation d’hérésie formelle, et voilà pourquoi même son amour et sa promotion de deux et deux font cinq ne fait pas encore de moi-même un sédévacantiste.

Mère de Dieu, Siège de la Sagesse, protégez-nous de la confusion !

Kyrie Eleison.

Les Lettres du Directeur

on avril 23, 2011

Plusieurs lecteurs de ce « Commentaire » ne connaissent peut-être pas les Lettres du Directeur auxquelles le « Commentaire » du 5 mars fit référence. Écrites chaque mois entre 1983 et 2003 par le Directeur du Séminaire St. Thomas d’Aquin où se forment aux États Unis les futurs prêtres de la Fraternité St. Pie X, elles ont été réunies en quatre volumes que l’on peut trouver sur l’Internet au site truerestorationpress.com/4volsletters. Une Écossaise convertie il y a 18 ans les a lues récemment. Voici un résumé de ses réactions intéressantes :—

« Ces Lettres m’ont étonnée et épatée . . . J’étais une hurluberlue du Nouvel Age qui n’a fui le Démon du Nouvel Age et ne s’est sauvée dans l’Église catholique que pour y retrouver le même Démon dans ses sanctuaires ! . . . Pour défendre la Foi, si seulement les cardinaux, évêques et prêtres de l’Église conciliaire n’étaient que des poltrons et des hypocrites, mais il y en a beaucoup dont on dirait qu’ils se délectent avec une vraie méchanceté à déchiqueter ses traditions et ses croyances. »

Au contraire, « Ces Lettres sont merveilleusement et glorieusement catholiques . . . Elles expliquent la folie de ces « conservateurs » et fidèles d’Ecclesia Dei qui cherchent à résoudre la crise de l’Église sans critiquer le Concile. De tels catholiques ne se bornent-ils pas à considérer les apparences des réformes conciliaires, par exemple dans la liturgie et la discipline, sans pénétrer jusqu’à leur essence, qui est le profond changement de pensée dans l’Église, lequel a tourneboulé sa façon de concevoir sa doctrine ? On le voit dans les documents du Concile sur la Liberté Religieuse et l’Œcuménisme .

« Les Lettres qui traitent du Pluralisme et de la version Libérale de la dignité humaine présentent très clairement la nature de ce changement. Comme elles ne cessent de démontrer, il est impossible de comprendre le monde moderne et ce qu’il inflige à l’Église qu’il happe, si on ne comprend pas ce bouleversement de la pensée de la Rome moderne. Et si les gens d’Ecclesia Dei font l’objection que l’on ne peut pas critiquer aussi radicalement le Concile sans nier que le Pape soit vraiment Pape, les Lettres fournissent une abondance d’arguments pour prouver combien est sage la position de la FSSPX, qui ne dévie ni à gauche avec les Libéraux, ni à droite avec les « Sédévacantistes »

« Quant à la recherche du contact avec le monde moderne, les hommes de l’Église conciliaire ont peu d’utile à dire. Ils sont trop perdus dans leur rêve révolutionnaire pour pouvoir faire face à ses conséquences désastreuses. Ils ne sauraient jamais écrire des lettres comme celles du Directeur au sujet de Pink Floyd, de l’Unabomber, d’Oliver Stone ou des enfants réfugiés dans les bois, parce que l’Église officielle, au lieu d’être profondément mécontente de ce monde matérialiste qui nous prend actuellement à la gorge, semble ne vouloir que l’accompagner. Il faut lire les Lettres rien que pour leur chronique des temps actuels, mais peut-être leur pleine valeur ne paraîtra-t-elle que plus tard – à l’aube de la Sixième Epoque de l’Église, quand triomphera le Cœur Immaculé de Marie ? »

Mais notre bonne Écossaise garde le meilleur pour la fin : « Qui plus est – et jamais je n’aurais pensé le dire – les Lettres sur les pantalons des femmes m’ont encouragée à me mettre à repenser mes ‘solutions vestimentaires’. » Alors, là ! Décidemment, lorsque les femmes renonceront aux pantalons, l’Église sera pour de vrai sur le chemin de sa résurrection !

Kyrie Eleison.