communisme

Soljenitsyne Parle

Soljenitsyne Parle posted in Les Commentaires Eleison on avril 3, 2021

Voici, pour Pâques, fortement résumé, le discours d’Alexandre Soljenitsyne tenu lors de son acceptation du Prix de Templeton aux États Unis en 1983.

Lorsque j’étais enfant, les gens disaient que c’est l’oubli de Dieu qui avait conduit à la révolution russe de 1917. En 1983, maintenant que je suis un homme, je pense que cette même phrase résume toujours tout. Elle passe en revue tout le XXe siècle avec tous ses crimes, à commencer par la Première Guerre mondiale qui n’aurait jamais été possible si les coeurs des dirigeants européens n’avaient été vides de Dieu et pleins d’une hargne impie qui les a poussés par exemple à faire des gaz toxiques des armes de guerre. De même, pour la Seconde Guerre mondiale. Les Européens sont épuisés. Car la paix dépend de cœurs solides et non pas de la bombe nucléaire. Nous nous sommes trop habitués à des idées d’apocalypse. Dostoïevski a dit que les grands événements nous ont pris au dépourvu, et que le monde ne pourra être sauvé qu’après que les forces démoniaques s’en seront préalablement emparés.

En attendant, le monde entier voit triompher Satan. En 1917, la classe dirigeante russe avait perdu la Foi et la religion menaçait de s’éteindre dans la classe ouvrière. La Russie avait pourtant connu une époque où tout était imprégné du christianisme orthodoxe. La piété – et non le matérialisme – façonnait la pensée et la personnalité des gens  ; elle organisait leur vie. Mais, au XVIIe, un schisme, suivi des réformes de Pierre le Grand, affaiblirent la religion. Puis, le sécularisme du XIXe siècle vint empoisonner la classe dirigeante. De sorte qu’en 1917, la religion en Russie était paralysée.

Une révolution commence toujours par l’athéisme, a dit Dostoïevski. Mais aucun athéisme n’a été aussi agressif que celui du communisme. Dans les années 1920, il y eut quantité de martyrs chrétiens en Russie, à tous les échelons de l’Église et de l’État, et on enlevait les enfants des bras de leurs parents afin de les couper de toute religion. Certes, Staline favorisa un temps la religion, mais ce ne fut que pour raviver le patriotisme russe contre Hitler  ; Brejnev fit mine d’avoir des sentiments religieux, mais ce n’était que pour tromper l’Occident. Mais Khtroutchev a démontré à quel point la religion restait profondément haïe par le Communisme et par tous les successeurs fanatiques du diabolique Lénine. Toujours est-il que, parmi tous ces fous qui persécutaient le Christ, aucun ne s’est jamais douté de ce qui, en définitive, devait un jour arriver, car sous le rouleau compresseur communiste, la conscience russe tournée vers Dieu a maintenant ressurgi, vive et profonde. Les chars et les fusées n’ont pas vaincu et ne vaincront jamais le christianisme.

En Occident, la religion est plus menacée de l’intérieur que de l’extérieur. Au Moyen Âge, le sécularisme a surgi de l’intérieur, plus dangereux que nos chars ou nos fusées modernes. Aujourd’hui, son idéal ne s’élève guère plus haut que la vie courante, la liberté, et la poursuite d’un bonheur égocentré. Le bien et le mal sont des objets de moquerie. On oublie le cœur humain. Résultat  : le mal sévit partout. L’Occident dérive sans cesse et perd sa jeunesse. Les médias blasphèment les noms de Jésus et Marie. Dans ce cas, pour quelle raison devrais-je m’abstenir de faire de ma liberté ce que je veux ? Pourquoi ne devrais-je pas haïr la société où je vis, puisqu’elle-même m’apprend à le faire ? Les faiblesses du capitalisme ne correspondent-elles pas aux faiblesses de la nature humaine ? Par exemple, la recherche de l’argent ne découle-t-elle pas du péché capital de la cupidité ? Certes, le capitalisme se targue d’établir l’égalité. Mais n’est-ce pas une égalité d’esclaves, dépourvue de toute valeur spirituelle ? Le capitalisme se targue de me rendre plus libre ? Mais si je suis “libre”, cela ne signifie-t-il pas que je suis libre de haïr aveuglément ? Nous sommes loin du salut de l’âme qui ne passe jamais par l’argent ou l’abondance des biens matériels.

Sans amour, la vie et l’art sont en danger de mort. En Occident, cela arrive par la faute volontaire d’ hommes qui cherchent à prendre la place de Dieu. L’Orient et l’Occident ont oublié Dieu. Pourtant, la clé de toute notre existence n’est-elle pas dans le choix quotidien que chaque cœur humain doit faire entre le bien et le mal  ? Les théories modernes qui recentrent tout sur la société d’ici-bas ont fait faillite, mais nous n’avons toujours pas rejeté leurs mensonges. Si nous ne nous tournons pas vers Dieu, nous ne trouverons jamais de solution à nos problèmes. L’ennemi est en moi. C’est nous qui nous pendons.

La vie humaine n’est qu’une étape sur le chemin conduisant à Dieu. Cette vie dépasse les simples lois de la matière, c’est-à-dire les sciences physiques. En Dieu, nous vivons, nous nous mouvons  ; nous avons notre être : Il est « l’Amour qui meut le soleil et les autres étoiles” (Cf. Dante, ligne finale de toute sa “Divine Comédie”). Oubliez les XIXe et XXe siècles. Nous devons monter à Dieu. Le soi-disant Siècle des Lumières s’est avéré un échec total.

Kyrie eleison.

Retour du Communisme

Retour du Communisme posted in Les Commentaires Eleison on janvier 2, 2021

L’élection présidentielle américaine de novembre dernier a été le théâtre d’une confrontation radicale entre la droite politique conservatrice et la gauche politique révolutionnaire. En effet, depuis longtemps déjà, les conservateurs occidentaux, dont la force était Dieu, vont en s’affaiblissant  ; tandis que les révolutionnaires, dont la force est dans la révolte contre Dieu, se renforcent. La confrontation est inévitable et, si la gauche ne l’emporte pas en 2020, il ne fait aucun doute qu’elle sera de nouveau en pleine vigueur en 2024  ; à moins que, d’ici là, le peuple américain ne se tourne sérieusement vers Dieu.

Sur ces entrefaites, un éditorial paru dans Dixie Heritage Letter de novembre dernier, en provenance du sud américain, mettait en exergue, en quatre paragraphes, quatre points principaux concernant la confrontation de 2020. Nous donnons ci-après le texte en abrégé  ; les quatre points principaux sont mis en évidence en caractères gras –

1 Les juges qui examinent l’appel de Trump au sujet du non-respect des règles du scrutin sont des libéraux qui ne s’embarrassent ni de vérité, ni de justice. Concernant la fraude électorale massive perpétrée, sans qu’on puisse en douter, lors des élections présidentielle du 3 novembre dernier, l’équipe juridique de Trump a déterré toutes sortes de preuves. Pour autant, il ne sera pas facile pour eux de les faire valoir. du fait que beaucoup des juges, qui instruisent leurs plaintes, sont des “Tout sauf Trump” et, très franchement, ils ne se soucient guère des preuves présentées, aussi convaincantes qu’elles soient. Car ils font partie de l’État Profond et doivent, à toute force, faire en sorte que Trump ne soit pas réélu,

2 Même les “conservateurs” de la Cour Suprême sont bien faibles, face à des libéraux résolus. Les avocats de Trump devront aller jusqu’à la Cour Suprême. Mais ils devront prier pour qu’un ou deux des juges “conservateurs” ne se laissent pas acheter, comme ce fut le cas de John Roberts, il y a quelques années de cela, lorsque ce supposé conservateur a finalement voté libéral. Certes, Roberts était conservateur, mais il cherchait surtout à concilier les libéraux. Or, ce scénario-là semble se reproduire de plus en plus souvent. On pourrait presque dire, “avec des conservateurs de la trempe de Roberts, qui a encore besoin de libéraux ?”

3 Le libéralisme décent ne peut pas résister à l’indécence du communisme  : il y conduit naturellement.

Voilà ce qu’on a pu lire dans un éditorial local  : “De nombreux Américains pensent que le régime communiste est un concept abstrait, qui n’impacte que des nations lointaines. Ils ne se rendent même pas compte qu’il est déjà à nos portes. Le communisme s’est répandu en Amérique sous des appellations tels que socialisme, progressisme, libéralisme, néo-marxisme, etc., dans un lent processus étalé sur des décennies de subversion systématique par l’Union soviétique d’abord et par le Parti communiste chinois (PCC) maintenant. La croyance en Dieu et les principes qui en découlent sont les principales raisons qui ont permis aux États-Unis de jouir de la liberté, de la démocratie et de la prospérité. C’est pourquoi les États-Unis sont aujourd’hui ce qu’ils sont. Mais cette année-ci, le processus démocratique a été subverti. L’extrême-gauche, et le communisme diabolique qui la sous-tend, utilisent le mensonge, la fraude et la manipulation pour tenter de priver le peuple de ses droits et de ses libertés”.

4 Si nos juges font passer leur aversion pour la-religion avant la réalité, les États-Unis sont bien prêts de sombrer dans le communisme. Nous n’imaginons pas combien notre pays est proche de basculer dans le communisme. Si l’élite de ce pays décide, d’une manière ou d’une autre, que les opposants de Trump doivent l’emporter, alors il se peut très bien que nous nous retrouvions tous communistes. Que se dit-il en haut lieu ? “Vous pouvez très bien voter pour entrer dans le socialisme, mais il faudra tirer pour en sortir. C’est pourquoi la gauche veut vos armes, car vous n’êtes pas censés pouvoir en sortir”. Beaucoup de choses dépendent du résultat de cette élection – pour les deux parties.

Kyrie eleison.

Libéraux Maudits

Libéraux Maudits posted in Les Commentaires Eleison on décembre 3, 2011

Le libéralisme est une maladie épouvantable, qui emmène à l’Enfer éternel des millions et des millions d’âmes. Il « libère » l’esprit de la vérité objective et le cœur (volonté et affections) du bien objectif. Le sujet règne en maître suprême. C’est l’homme à la place de Dieu avec l’homme donnant à Dieu autant d’espace qu’il plaît à l’homme de lui laisser, ce qui d’habitude ne signifie pas beaucoup. Le Dieu Tout-Puissant est tenu en laisse, pour ainsi dire, comme un petit chien obéissant ! En fait, le « Dieu » des libéraux est une caricature du vrai Dieu. Mais « On ne se rit pas de Dieu » (Gal.VI, 7). Les libéraux sont châtiés en cette vie en devenant de faux croisés, de vrais tyrans, et des hommes efféminés.

Un exemple classique de faux croisés est celui des prêtres révolutionnaires en Amérique Latine, selon Monseigneur Lefebvre. Il disait souvent que les prêtres qui perdaient la Foi sous l’influence du mouvement modernisant dans l’Eglise, devenaient les plus terribles des révolutionnaires, car à la fausse croisade du Communisme ils apportaient toute l’énergie de la vraie croisade pour le salut des âmes, pour laquelle ils avaient été formés, mais à laquelle ils ne croyaient plus.

La vraie croisade étant pour Dieu, pour Jésus-Christ et pour le salut éternel, alors lorsqu’on y croit plus, cela laisse dans la vie des gens un vide énorme, qu’ils s’efforcent de remplir en se lançant à la croisade pour tout et pour n’importe quoi : pour l’interdiction du tabac (mais liberté pour le cannabis et l’héroïne) ; pour une interdiction de la peine de mort (mais liberté d’exécuter les gens de droite efficaces) ; pour l’interdiction de tyrans (mais liberté de tyranniser avec les bombes n’importe quel pays pour le mener à la « démocratie ») ; pour la sacralisation de l’homme (mais liberté d’avorter les bébés humains dans le ventre de leur mère) – la liste peut être allongée indéfiniment. Les contradictions que nous venons de mettre en lumière sont parfaitement conformes à la croisade des libéraux pour un ordre du monde totalement nouveau qui doit remplacer l’ordre du monde Chrétien. Ils prétendent qu’ils ne combattent pas le Christ, mais cette prétention devient de plus en plus difficile à maintenir.

Les libéraux deviennent aussi, logiquement, de véritables tyrans. Dès lors qu’ils se sont « libérés » eux-mèmes de tout Dieu ou Vérité ou Loi au dessus d’eux, il ne demeure que l’autorité de leur propre esprit et volonté pour imposer à leurs frères humains leur propre plaisir – « Stat pro ratione voluntas ». Par exemple, ayant perdu tout sens de la moindre Tradition limitant son autorité, Paul VI imposa à l’Eglise Catholique en 1969 son Nouvel Ordo de la Messe, compatible avec le Nouvel Ordre Mondial, malgré le fait que seulement deux ans plus tôt un nombre important d’évêques avaient rejeté un rite expérimental de la Messe substantiellement semblable. Que lui importaient les opinions de ses subordonnés, à moins qu’ils ne fussent des libéraux comme lui-même ? Ils ne savaient pas ce qui était bon pour eux. Lui le savait.

Logiquement encore, les libéraux deviennent efféminés, car ils ne peuvent s’empêcher de prendre toute contrariété comme une offense personnelle. Et pourtant une saine opposition à leur autoritarisme est fondée sur cette Vérité ou Loi au-dessus de tous les êtres humains, mais dont les libéraux ne tiennent aucun compte. C’est ainsi que Monseigneur Lefebvre a résisté au libéralisme de Paul VI, mais tout ce qui vint à l’esprit de Paul VI, c’est que l’Archevêque voulait prendre sa place comme Pape, ainsi que Paul VI le lui dit expressément, Il fut incapable de comprendre qu’il y avait une Autorité beaucoup plus haute que la sienne, sur laquelle l’Archevêque se fondait en parfaite tranquillité. Qui a besoin de s’inquiéter lorsqu’il s’appuie sur Dieu ?

Cœur Sacré de Jésus, donnez-nous de mériter les bons chefs qui ne viennent que de Vous.

Kyrie eleison.

Théories de la Conspiration.

Théories de la Conspiration. posted in Les Commentaires Eleison on novembre 5, 2011

A la suite du récent « Commentaire Eleison » sur le déicide (CE 222), certains lecteurs pourraient s’attendre a ce que le « Commentaire Eleison » fasse souvent mention du rôle des Juifs dans les affaires du monde, mais ils risqueraient d’être déçus. Dans les 225 numéros déjà publiés, je crois que tout au plus une petite dizaine de numéros ait fait mention explicite des Juifs. Car quelque soit le problème qu’ils peuvent ou ne peuvent pas représenter, ils ne sont certainement pas le problème principal. Le principal problème, c’est cet athéisme de l’homme moderne qui est aussi la préoccupation centrale du « Commentaire Eleison », comme j’espère que ses lecteurs le constatent.

Les théories du complot comme celle des Juifs conspirant pour dominer le monde, sont courantes, mais il y a deux exagérations entre lesquelles il est sage, mais pas toujours facile, de garder le juste équilibre. Suivant les media la plupart de gens estiment que toutes les théories du complot sont des bêtises, et que seules les « maniaques du complot » y croient. D’autre part une petite minorité, mais aux fortes convictions, soutient que tous les événements du monde doivent leur explication à l’une ou l’autre conspiration, en particulier à une conspiration juive. C’est un écrivain célèbre de l’Eglise d’il y a 1800 ans qui a le mieux dit la vérité essentielle là-dessus.

Tertullien (160–220) a dit que la Foi catholique et le pouvoir juif sont comme les deux plateaux d’une balance : dans la mesure où la Foi catholique augmente, dans la même mesure le pouvoir juif diminue, et quand la Foi catholique baisse, le pouvoir juif monte. Mais la Foi est au-dessus du pouvoir. C’est pourquoi le problème principal n’est pas les Juifs, mais la montée ou la baisse de la Foi chez les hommes. Et c’est pourquoi il y a pour de vrai des conspirations, elles jouent un rôle important et elles ne doivent pas être sous-estimées, mais le problème central réside dans l’homme qui se détourne du vrai Dieu et de son unique véritable Eglise. En bref – et c’est le point crucial – les Gentils ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes si le pouvoir juif est si écrasant aujourd’hui.

Par conséquent, s’il y a des gens qui commencent à se rendre compte de ce que Disraeli et Woodrow Wilson insinuaient clairement sans pouvoir le dire trop ouvertement, à savoir qu’il y a un pouvoir occulte qui dirige les événements du monde, qu’ils ne perdent pas la tête en accusant comme si ce sont les seuls coupables les Illuminati, ou les Juifs, ou les Francs-Maçons, ou qui que ce soit, mais qu’ils comprennent la sagesse de cette parole de Saint Pie X : « Que chaque homme fasse son devoir, et tout ira bien ». En effet notre premier devoir est envers Dieu, ainsi que l’indique le Premier Commandement, en sorte que si nous faisions tous notre premier devoir en nous tournant vers Dieu, il serait pour Lui un simple jeu d’enfants de défaire l’actuel pouvoir de ses divers ennemis qu’Il a Lui-même permis, en n’intervenant pas pour l’empêcher.

Ainsi avant l’intervention de Notre Dame à Fatima en 1917, les ennemis de l’Eglise s’étaient complètement emparés du gouvernement du Portugal, mais quand pratiquement tout le peuple Portugais se mit à prier et faire pénitence ainsi que Notre Dame l’avait demandé, alors Elle a simplement dissous le pouvoir des ennemis de l’Eglise par une révolution sans effusion de sang. Le Portugal devint, pour une grande partie de ce 20 èmesiècle qui chassait Dieu et dans lequel le Communisme triomphait partout, la vitrine d’un Etat catholique.

Les plus intelligents parmi les ennemis de Dieu se rendent bien compte qu’ils Lui servent de fléau pour flageller son peuple infidèle. Si seulement les amis de Dieu comprenaient qu’ils sont opprimés par ses ennemis pour les aider à revenir vers Lui et ainsi parvenir au Ciel, alors les théories du complot s’estimeraient à leur juste valeur : ni plus, ni moins importantes qu’elles ne le sont en réalité.

Kyrie eleison.

L’Après-Discussions

L’Après-Discussions posted in Les Commentaires Eleison on juin 18, 2011

Les Discussions qu’ont tenues Rome et la Fraternité St Pie X entre l’automne de 2009 et le printemps de cette année-ci appartenant désormais au passé, la question des rapports entre elles à l’avenir se présente tout naturellement. Il y a des Catholiques des deux côtés qui désirent que les contacts continuent, mais de tels désirs pieux d’union étant aptes à favoriser des illusions, il faut garder les pieds sur terre si on ne veut pas se laisser aller dans cette fantaisie impie qui emporte le monde moderne presque tout entier.

À l’origine c’est Rome et non pas la FSSPX qui a voulu ces Discussions, parce que Rome espérait dissoudre la résistance notoire de la FSSPX au Néo-modernisme de Vatican II. Le grand obstacle, c’était la doctrine, parce que la FSSPX est bien protégée dans la forteresse de la doctrine immuable et bimillénaire de l’Eglise. Or, pour les Néo-modernistes comme pour les Communistes, lorsqu’un adversaire en face se trouve dans une position trop bien protégée, pour l’en faire sortir il faut à tout prix l’engager dans des contacts, dans n’importe quel dialogue, parce qu’eux ne peuvent qu’y gagner tandis que lui ne peut qu’y perdre. Donc Rome a accepté de discuter, même de la doctrine.

Hélas – du point de vue de Rome – la foi des quatre représentants de la FSSPX fut claire et leur résistance ferme. Comme l’aurait dit l’un des participants romains, « Nous ne les comprenons pas, pas plus qu’eux nous comprennent. » Bien sûr. Tant que ni les Romains ne voulaient abandonner leur Néo-modernisme ni la FSSPX ne voulait trahir la Vérité, le dialogue était voué essentiellement à l’échec. Mais Rome ne peut supporter que sa trahison de la vérité soit étalée au grand jour par la FSSPX insignifiante, et alors elle risque de ne point démordre. Voilà pourquoi un porte-parole d’ « Ecclesia Dei » raconterait déjà que Rome avant la fin du mois va offrir à la FSSPX un « Ordinariat Apostolique ». Évidemment un tel racontar peut n’être qu’un ballon d’essai pour mesurer les réactions, mais l’offre en elle-même serait alléchante. En effet, à l’encontre de la Prélature Personnelle, l’Ordinariat Apostolique est indépendant des évêques du lieu, et à l’encontre de l’Administration Apostolique, telle Campos au Brésil, il n’est pas limité à un seul diocèse. La FSSPX que peut-elle désirer de plus ?

Elle désire que Rome revienne à la Vérité, parce qu’elle sait, comme le savent les Néo-modernistes et les Communistes, que pour peu qu’elle s’engageât dans une co-opération pratique qui laisserait de côté les différends doctrinaux, elle finirait, pour toutes sortes de raisons humaines, par assimiler la fausse doctrine des ennemis de la Foi, autrement dit par trahir la Vérité. Voici pourquoi plus d’une fois, en public, le Supérieur Général de la FSSPX a répudié d’avance tout accord canonique avec Rome qui précèderait un accord doctrinal. Mais les Discussions ont servi au moins à démontrer combien est profond le désaccord doctrinal entre la FSSPX et la Rome des Néo-modernistes. En effet, que les catholiques ne soient pas surpris si un jour la FSSPX vient à refuser l’offre même d’un Ordinariat Apostolique de la part d’autorités romaines qui semblent même être de bonne volonté.

Mais pourquoi la doctrine est-elle d’une telle importance ? Parce que la Foi catholique est une doctrine. Mais pourquoi la Foi est-elle si importante ? Parce que sans elle nous ne pouvons plaire à Dieu (Hebr. XI, 6). Mais pourquoi faut-il que ce soit la Foi catholique et pas n’importe quelle autre foi pour plaire à Dieu ? Parce que Dieu lui-même a subi les affres de sa Passion et de sa Mort pour nous révéler l’unique vraie Foi. Celle-ci est plus ou moins contredite par toute autre « foi ».

À ce propos, quatre numéros à venir du « Commentaire Eleison » vont montrer à quel point la façon de croire du Pape régnant, malgré toutes ses bonnes intentions possibles, est néanmoins désorientée.

Kyrie Eleison.

Art de Cinq Sous

Art de Cinq Sous posted in Les Commentaires Eleison on décembre 4, 2010

Le peintre français Paul Gauguin (1848–1903) rejette la société moderne pour poursuivre l’art, sans que cet art pour la poursuite duquel il s’est libéré de tout semble lui avoir apporté la paix (EC 175). Le romancier anglais Somerset Maugham (1874–1965) écrit quelques années plus tard un roman basé sur la vie de Gauguin qui semble confirmer et le rejet et le manque de paix (EC 176). Mais pourquoi l’artiste moderne est-il en porte-à-faux avec la société qu’il reflète et qui le soutient ? Et pourquoi l’art qu’il produit est-il normalement si laid ? Et pourquoi les gens insistent-ils pour soutenir cet art si laid ?

L’artiste rebelle remonte aux Romantiques. Le Romantisme a fleuri à côté de la Révolution française, qui n’a fait qu’éclater en 1789, parce qu’elle ne cesse depuis de mettre par terre le trône et l’autel. Or les artistes ne peuvent s’empêcher de refléter la société qui les entoure, et alors dans la société actuelle ils s’éloignent toujours plus de Dieu. Si donc Dieu n’existait pas, ne verrait-on pas les arts fleurir sereinement, affranchis enfin de cette illusion de Dieu qui avait jusque-là préoccupé l’esprit humain ? Mais l’art moderne est-il vraiment serein ? Ne porte-t-il pas plutôt au suicide ?

Par contre si Dieu existe, et que le talent de l’artiste est un don de Dieu qui doit servir à lui rendre gloire, comme des artistes du passé sans nombre l’ont proclamé, l’artiste sans Dieu sera en guerre avec son propre don, et son don sera en guerre avec sa société, et sa société en guerre avec son don. N’est-ce pas plutôt là ce que nous observons autour de nous, par exemple le mépris profond des matérialistes d’aujourd’hui pour tous les arts, sous une apparence hypocrite de respect ?

En tout cas, si Dieu existe, il est facile de répondre aux questions posées ci-dessus. D’abord, l’artiste est en guerre avec la société moderne parce que ce souffle de Dieu qu’est en lui son talent se rend bien compte que sa société est autant à mépriser qu’elle est indifférente à Dieu, et si la société soutient l’artiste malgré son mépris, elle n’en est que plus méprisable. Comme Wagner l’a dit une fois, lorsque plus de place pour son orchestre nécessitait moins de places pour l’auditoire : « Moins d’auditeurs ? Tant mieux ! ». Ensuite comment un don de Dieu, dès qu’il est retourné contre lui, peut-il produire quelque chose de beau ou d’harmonieux ? Pour que l’on trouve que l’art moderne est beau, il faut renverser le sens des mots : « Le beau est laid, le laid est beau » (Macbeth) – pourtant, quand est-ce qu’un artiste même moderne a confondu la beauté et la laideur dans les femmes ? Et enfin, l’homme moderne insiste pour renverser le sens des mots parce qu’il fait la guerre à Dieu et n’a aucune intention de s’arrêter. « Plutôt le Turc que la tiare », disaient les Grecs juste avant la chute catastrophique de Constantinople en 1453. « Plutôt le Communisme que le Catholicisme », disaient des sénateurs américains juste après la Deuxième Guerre mondiale, et ils ont été exaucés.

Bref, Wagner, Gauguin, Maugham et des milliers d’artistes modernes de toute espèce ont raison de mépriser notre chrétienté de cinq sous, mais la bonne solution ce n’est pas de guerroyer le Bon Dieu encore plus avec l’art moderne. La solution, c’est de cesser de faire la guerre à Dieu, de recommencer à lui rendre la gloire qui lui est due et de remettre le Christ dans la chrétienté. Combien de laideur va-t-il falloir encore pour que les hommes préfèrent la tiare et choisissent de nouveau la chrétienté ? Même la Troisième Guerre mondiale y suffira-t-elle ? On peut se poser la question.

Kyrie Eleison.