la vérité objective

La Malice du Modernisme – V

La Malice du Modernisme – V posted in Les Commentaires Eleison on juin 13, 2020

Ajoutons ici une considération d’importance avant de quitter la question du modernisme (pour l’instant au moins). Il s’agit de la prédiction du Père Frederick Faber (1814–1863), concernant notre époque (nous en avons certainement parlé plus d’une fois dans ces « Commentaires »). Selon lui, la fin du monde sera caractérisée par des hommes qui feront le mal tout en croyant faire le bien.

C’est du bon sens, car même à la fin du monde les hommes auront toujours la même nature humaine que Dieu leur aura donnée. Or, en soi, cette nature est bonne ; elle subsiste sous le péché originel comme sous tous les péchés personnels, aussi lourds soient-ils dans les derniers temps (II Tim. III, 1–5), et de par cette nature, les hommes ont une inclination naturelle vers le bien. Mais, sous l’Antéchrist et ses prédécesseurs, le gros de l’humanité emboitera le pas au mal qui se fera ou qui sera alors en préparation. Comment, au for interne, la bonté de la nature et ce mal-là, peuvent-ils cohabiter dans l’âme humaine ?

La volonté humaine ne peut rien vouloir sans que l’esprit humain ne lui ait d’abord présenté une pensée. Avant tout désir humain il doit y avoir une pensée humaine. Un désir sans objet ne peut être qu’un non-désir. Par conséquent, la volonté dépend de l’esprit, lequel doit saisir au préalable un objet avant que la volonté ne se meuve. Puique l’esprit doit saisir au préalable son objet propre, il y a toujours entre l’acte de volonté et son objet, l’intervention préalable de l’esprit. Mais voilà que, pour Kant, l’esprit est incapable de saisir son objet propre. Selon ce philosophe, l’esprit ne peut que le fabriquer. Cela signifie qu’une volonté bonne peut vouloir des choses mauvaises en réalité et qu’une mauvaise volonté peut vouloir des choses bonnes en réalité, même si le péché originel fera que cette occurrence-ci soit moins fréquente. En conséquence par le fait même que Kant déconnecte l’esprit de la réalité objective, il le rend d’autant plus facile pour la volonté de vouloir quelque chose de mauvais en réalité parce qu’elle paraissait bonne. Donc dans tout un monde comme le nôtre où l’esprit est déconnecté de la réalité objective, il est plus facile que jamais pour les gens de se prendre pour des « hommes de bonne volonté », alors même que ce qu’ils veulent n’est pas bon en réalité, puisque dès le départ leur esprit est radicalement faussé ?

Et voici ce que prédit le père Faber pour la fin du monde : le problème ne sera pas tant les mauvais cœurs ou la mauvaise volonté que les bons cœurs dotés d’un esprit faussé ; en d’autres termes de bons cœurs imbus de mauvais principes. En pratique, qu’est-ce que cela signifie ? Simplement qu’aujourd’hui, il y a un grand nombre de catholiques qui ont la Foi et qui veulent faire le bien, mais leur esprit fonctionne mal parce qu’ils vivent, consciemment parfois, mais beaucoup plus souvent inconsciemment, l’enseignement kantien. De sorte que leur foi bonne s’en trouve altérée. Dès lors, ils ne sont plus à même de voir ni que la Néo-Église se comporte comme une gangrène nécrosant la véritable Église catholique, ni que la gangrène s’étend dans la Fraternité St Pie X depuis la mort de Mgr Lefebvre. Mais l’aveuglement de ces âmes ne résulte pas nécessairement de la malveillance ou d’un manque de bonne volonté.

Il faut voir que dans le cas de ces âmes, dont la subjectivité se trouve séparée de l’objectivité à cause de l’influence mondiale du kantisme, un catholique risque facilement de commettre deux erreurs contraires, mais qui proviennent de la même source. Soit il pensera que ces âmes sont si innocentes de cœur que leur esprit est à l’abri de l’erreur, de sorte que la Néo-église ne peut se tromper. En conséquence, il sera du devoir de tous de la rejoindre, avec sa Pachamama et tout le reste : nous avons là le comportement des dirigeants de la Néo-fraternité et de tous ceux qui les suivent. Soit le catholique pourra être tenté par l’erreur inverse et penser que les hérésies nichées dans l’esprit de la Néo-église comme dans celui de cette Néo-fraternité qui brûle du désir de la rejoindre, sont si graves qu’il est impossible qu’il s’agisse là de la vraie Église ou de la vraie Fraternité ; en conséquence de quoi, toutes deux doivent être absolument rejetées. Ainsi argumentent et se comportent ceux qu’on appelle les sédévacantistes, et ceux qui refusent cette étiquette mais qui n’en pensent pas moins comme eux.

Par contre, si je reconnais que le kantisme est responsable d’une séparation du sujet d’avec son objet, je ne dirai pas que ces âmes sont de bonne volonté et que, par conséquent, leur doctrine est bonne, ni que leur doctrine est tellement fausse que leur volonté est nécessairement mauvaise. Au lieu de ces jugements à l’emporte-pièce, je dirai qu’elles peuvent être subjectivement de bonne volonté, mais qu’en tout état de cause elles professent objectivement une si mauvaise doctrine que pour mon salut éternel, je ne peux absolument pas les suivre, ni même leur tenir compagnie. Et avec le Saint Rosaire, je supplierai la Très Sainte Vierge de maintenir mon cœur et mon esprit dans l’équilibre catholique.

Kyrie eleison.

Les Proces Prennent Fin

Les Proces Prennent Fin posted in Les Commentaires Eleison on mars 23, 2019

Nous l’attendions depuis longtemps . . . . Le 31 janvier dernier, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a fait connaître sa décision : l’appel requis par l’auteur de ces “Commentaires” est rejeté. Il avait fait appel de la condamnation que sept tribunaux allemands avaient portée contre lui pour avoir commis le “crime” de se demander si, véritablement, six millions de personnes avaient été gazées sous le troisième Reich ; selon le droit allemand ces condamnations étaient possibles du fait que le contrevenant se trouvait, en novembre 2008, sur le territoire de la République Fédérale Allemande. Les deux avocats allemands de la défense ont fait une tentative honorable pour défendre leur client qui, politiquement, était le plus incorrect qui soit ; mais ils ont dû se battre avec une main attachée dans le dos. Car la loi allemande interdit de prendre position sur la vérité historique. Si bien qu’aujourd’hui, en Allemagne comme dans de nombreux pays, la vérité ne constitue plus la mesure des intérêts privés : ce sont certains intérêts privés qui sont la mesure de la vérité.

Mais qu’est-ce qui a bien pu détrôner ainsi la vérité ? Tout comme Dieu Tout-Puissant Lui-même, soit la Vérité passe avant tout, soit elle ne représente plus rien. Dieu ne peut que passer avant toute chose parce qu’Il est le Créateur, infiniment supérieur à toute Sa Création. La Vérité passe avant tout parce que, si nous la définissons comme l’adéquation de l’esprit à la réalité, alors toute diminution ou toute négation de la vérité, toute préférence pour une contre-vérité qui contredit la vérité, implique que, à proportion, l’esprit n’a plus de prise sur la réalité. En conséquence, tout l’être glisse, plus ou moins, dans la fiction et le mensonge. Il est donc évident que pour les lois et pour les tribunaux d’une nation, quelle qu’elle soit, la vérité est d’une importance capitale. Devant un tribunal, les témoins ne doivent-il pas jurer «  de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité » ?

C’est pourquoi les grands législateurs sont vus comme les fondateurs de leur nation : Moïse pour Israël, Solon pour Athènes, Lycurgue pour Sparte. Tous tracèrent le cadre de la justice au sein de leur peuple en accordant à chacun son dû. Ils ont ainsi rendu possible les relations sociales et même les sociétés. Un groupe de 22 hommes dans une quelconque partie de football n’a-t-il pas besoin de son propre juge : l’arbitre ? Or, celui-ci ne peut remplir sa fonction sans la vérité. S’agit-il d’un tacle honnête ou d’une faute ? En toute justice, cela mérite-t-il ou non un penalty ? Cela dépend de la vérité de ce qui s’est réellement passé. Ainsi, vivre en société n’est possible qu’avec une certaine mesure de justice, et la justice n’est possible qu’avec une certaine mesure de vérité. Heureux, le pays dont les législateurs et les juges récompensent ce qui, en vérité, est bien et punissent ce qui, en vérité, est mal.

Maintenant, que penser des lois et des tribunaux qui punissent toute remise en question du meurtre de Six Millions de victimes durant la Seconde Guerre mondiale ? Ce meurtre est-il un fait historique ou ne l’est-il pas ? S’il l’est, alors, le remettre en question peut être mal, à proportion du dommage que cause cette remise en question ; mais si le meurtre n’a jamais eu lieu, alors il est conforme à la vérité de le remettre en question. Non seulement cela n’a rien de mauvais, mais au contraire cette action est en tant que telle, bonne. Car enfin, si les Six Millions ne sont qu’un mythe monstrueux pesant sur l’esprit des gens comme le dogme fondateur d’une fausse religion, n’est-ce pas accomplir une œuvre salutaire que de les aider à se libérer du mensonge ? “La Vérité vous libérera “, dit Notre Seigneur (Jn.VIII, 32). Il est donc clair comme le jour que si les Six Millions n’ont jamais été assassinés, la remise en question de leur meurtre ne mérite absolument aucun châtiment mais plutôt une récompense de la part de la société.

Or, il est certain que les politiciens et leurs intérêts personnels peuvent peser sur la vérité dans une certaine mesure, mais la vérité possède une telle force intrinsèque qu’il est bien difficile de la supprimer complètement. C’est ainsi que l’avis de plusieurs historiens sérieux, se fondant sur des preuves objectives, peut s’opposer aux intérêts privés les plus puissants. Tel est bien le cas du « gazage » de « six millions » de victimes sous le troisième Reich. Les intérêts privés peuvent dire ce qu’ils veulent, mais ils ne peuvent rien changer à ce qui a eu lieu objectivement il y a 75 ans. Alors qu’est-ce que disent les historiens sérieux ?

Par conséquent, tout État qui interdit d’affirmer la vérité historique se construit sur du sable. Que tout État se méfie donc de faire passer des lois qui mettent la vérité au second rang, car à tout le moins dans le cas présent, la vérité historique – par opposition à la “vérité’’ émotionnelle – n’est pas nécessairement de leur côté.

Kyrie eleison.

Un Vrai Héros

Un Vrai Héros posted in Les Commentaires Eleison on novembre 10, 2018

Le 21 octobre dernier, le professeur Robert Faurisson est décédé à Vichy (France). Avec lui, s’est éteint l’un des rares héros dont notre pauvre monde moderne pouvait encore s’enorgueillir. C’était un vrai héros car il fit preuve, dans notre monde menteur, d’un courage sans faille et d’une rectitude scrupuleuse pour la vérité, alors qu’il traitait une question revêtant une importance déterminante pour toute l’humanité. Son courage pour défendre la vérité lui valut la perte de son emploi, les souffrances de sa famille, dix agressions physiques dont l’une l’a laissé pour mort, l’isolement professionnel et une interminable série de procès de la part d’ennemis acharnés. Néanmoins, il sut toujours observer envers eux politesse et respect. Ce style de vie, il le maintint pendant plus de 40 ans, sans jamais hésiter dans son service de la vérité.

Il est mort au champ d’honneur. Il venait tout juste de rentrer chez lui, après avoir donné une dernière conférence publique dans la ville où il est né, il y a de cela près de quatre-vingt-dix ans, à Shepperton, en Angleterre. Ce devait être son chant du cygne. Il eut encore ce jour-là une conversation avec un ami italien qui nous confie ceci : “ Le professeur était clairvoyant, équilibré et se tenait bien droit comme à l’accoutumée. Mais il était fatigué, très fatigué, si fragile qu’il semblait presque transparent. Il avait le sentiment que sa tâche était terminée. De fait, cet homme, d’une bravoure incomparable, avait bien accompli sa mission.” Et l’ami poursuit : “Il laisse derrière lui une immense contribution à la cause Révisionniste ( . . . ) Des ennemis remplis de haine ont cherché à l’empêcher d’écrire, même de vivre ; mais il s’est toujours relevé, sans peur, ne s’écartant pas d’un iota dans sa quête de la vérité.

Beaucoup de lecteurs de ces “Commentaires” savent ce qu’il faut entendre par “Révisionnisme”, et pourquoi son importance concerne tout le monde, catholiques y compris. Comme l’a dit George Orwell, “Le moyen le plus efficace de détruire les gens est de nier, puis d’anéantir, la compréhension qu’ils ont de leur histoire.” Les Révisionnistes sont des historiens qui constatent aujourd’hui, partout dans le monde, des gens en train de se faire détruire par une version mensongère de leur histoire, en particulier par les falsifications concernant la Seconde Guerre mondiale. C’est pourquoi les Révisionnistes font tout ce qui est en leur pouvoir pour en rétablir la vérité. Car (encore une citation d’Orwell) : “Qui contrôle le passé contrôle le futur . . .”, ce qui veut dire que celui qui écrit les livres d’histoire passée, contrôle le futur par l’influence que l’histoire exerce sur l’esprit des gens, et “ qui contrôle le présent contrôle le passé”, ce qui veut dire que, dans la mesure où les maîtres politiques du moment utilisent leur pouvoir pour contrôler les livres d’histoire, par là ils contrôlent le futur.

Or, ceux qui détiennent aujourd’hui le pouvoir mondial sur la politique et les médias sont des gens qui veulent instituer un Nouvel Ordre Mondial sans Dieu. Aussi comprennent-ils parfaitement George Orwell. Pour cette raison, ils ont fabriqué une version de la Seconde Guerre mondiale affreusement falsifiée, jusqu’à la faire coïncider avec une religion fabriquée de toutes pièces. Ce qu’ils veulent, c’est remplacer le christianisme. Beaucoup pensent aujourd’hui que la vérité n’a pas beaucoup d’importance et que le christianisme n’a pas beaucoup d’importance non plus ; de ce fait, ils supposent que, si le Nouvel Ordre Mondial prenait le pouvoir, ils ne devraient pas avoir de problèmes particuliers. Mais en fait, ils vont subir de plein fouet une tyrannie mondiale, une sorte de prélude à l’Antichrist. Par contre, instruit par les 72 ans d’horribles souffrances de la Russie vécus par les Russes sous le joug du communisme impie, Soljenitsyne n’a-t-il pas mis en garde contre la construction d’une nation, d’un continent ou d’un monde sur le mensonge ? De même, le professeur Faurisson avait horreur des gens qui fondaient leur monde sur le mensonge ; il a consacré sa vie à rétablir la vérité. Et en le persécutant pendant des dizaines d’années alors qu’il disait simplement la vérité, ses pauvres ennemis ont administré la preuve de l’importance et de l’efficacité de ce qu’il faisait.

De plus, il n’attendait aucune récompense céleste pour son dévouement à la vérité, car il se disait athée. Pourtant, il aimait les enfants, il n’a jamais refusé une bénédiction, et il en était même heureux. Mais désormais, comme le remarquait une de ses sœurs, après avoir dû se présenter devant une série de juges injustes, presque tous agenouillés devant le Nouvel Ordre Mondial, il a paru devant le Juge Suprême, le Juste Juge : Notre divin Seigneur. Comment Notre Seigneur l’aura-t-il jugé ? Deux choses sont certaines : premièrement, rien dans toute sa vie n’aura été aussi important que ce jugement, et deuxièmement, son mérite était grand devant les hommes, mais ce n’est pas la même chose que de mériter devant Dieu. Que Dieu lui ait octroyé, au tout dernier moment, une grâce spéciale de conversion n’est pas exclu . . . . Espérons donc, et prions pour le repos de son âme. Mt. XXI, 28–29 nous donne plus que le droit de faire ainsi.

Kyrie eleison.

Vérité Historique – III

Vérité Historique – III posted in Les Commentaires Eleison on septembre 30, 2017

Notre « civilisation » occidentale se trouve maintenant plongée dans un effroyable châtiment : nous perdons totalement la notion du réel. C’est la punition réservée à ceux qui persistent dans le mensonge. Les gens ne sont plus capables de discerner le vrai du faux, ni l’imaginaire de la réalité. L’imaginaire paraît certes plus agréable, mais hélas, la réalité finit toujours par reprendre ses droits. Plus on s’attache à l’imaginaire, plus dur est le retour au réel. Les deux guerres mondiales du siècle dernier n’ont-elles pas été un violent rappel à la réalité ? Actuellement, nous nous dirigeons vers une troisième guerre, car la préférence pour l’imaginaire s’élève au rang d’une idéologie. Venant d’un site qui s’efforce de respecter la vérité, voici une histoire montrant clairement comment s’opère le passage du mensonge à l’idéologie.

En 2009, Herman Rosenblat, Américain d’origine polonaise, a rédigé de touchants souvenirs sur l’Holocauste. Avant même la publication du script, les droits d’auteur ont été vendus 25000 $. LAnge à la clôture du camp ( Angel at the fence ), raconte comment Rosenblat, emprisonné pendant la seconde guerre mondiale dans le camp de concentration de Buchenwald, rencontrait à la clôture extérieure du camp, une fillette de neuf ans qui lui lançait des pommes et du pain par-dessus la clôture. A la fin de la guerre, ils se sont perdus de vue. Il émigra aux États-Unis. Des années plus tard, à New York, il recourut à une agence matrimoniale pour trouver une épouse ; mais devinez qui se présenta au rendez-vous ? L’ange de la clôture en personne, maintenant devenue femme ! Il la reconnut immédiatement, la demanda en mariage ; elle accepta, et c’est ainsi qu’ils ont vécu heureux depuis.

Comment ne pas être touché par cette histoire ? Tout le monde y a cru, car le récit de Rosenblat laissait entendre que cela s’était réellement passé. Toutefois, en vérifiant cet écrit, des chercheurs démontrèrent, d’après des faits remontant à la guerre, que l’histoire de Rosenblat était un pur produit de son imagination. Par exemple les détenus de Buchenwald étaient dans l’impossibilité de s’approcher de la clôture extérieure du camp. C’était donc, une fois de plus, une “fausse histoire de l’Holocauste”. Mais, voilà qu’un visiteur régulier du site mentionné ci-dessus, un certain Seymour Zak, protesta avec véhémence, disant qu’il n’existe pas de « fausse histoire de l’Holocauste ». Son raisonnement a de quoi effrayer. Voici ce qu’il dit :

Les antisémites ne cessent d’incriminer les “fausses histoires de l’Holocauste”. Mais ces récits doivent se comprendre dans une perspective plus positive : selon “la vérité de l’imagination” comme dit le célèbre poète John Keats. Supposons qu’un événement soit perçu comme vrai par l’esprit, alors que, à strictement parler, rien ne s’est passé. Si, par la suite, cet événement est considéré comme une vérité vivante par des millions d’autres personnes bien intentionnées qui ont eu connaissance de cette version sublimée de la réalité, alors on ne peut en aucun cas la rejeter comme un “mensonge” ( . . . ) Prises dans un sens métaphysique plus élevé, toutes ces histoires sont vraies ; les nier, c’est commettre un sacrilège ( . . . ) Nous avons un devoir sacré envers les six millions d’hommes morts sous la tyrannie maléfique du dictateur nazi Adolf Hitler, nous devons conserver le souvenir des morts et rejeter avec mépris tout ce qui tend à nier l’Holocauste sous prétexte de “fausses histoires de l’Holocauste”. Je le répète : il n’y a pas de fausse histoire de l’Holocauste. Qu’elle se soit passée ou non, toute histoire de l’Holocauste est vraie ; 100 % vraie. ( . . . ) Selon les mots sublimes d’Elie Wiesel : “En littérature, certaines choses sont vraies bien qu’elles n’arrivèrent pas, tandis que d’autres ne sont pas vraies, alors qu’elles arrivèrent de fait”.

Si l’on suit le raisonnement de Seymour Zak, il est donc superflu de savoir si les six millions en question sont morts ou non “sous la tyrannie . . . ”. Ce qui compte, c’est que les 6,000,000 constituent une “version sublimée de la réalité qui, dans l’esprit de millions de personnes bien intentionnées, s’impose comme une vérité bien vivante, etc.”. Et, de ce fait, déclarer qu’elles ont été exterminées, alors qu’en réalité, elles ne l’ont pas été, n’a rien d’un mensonge, car il s’agit d’une vérité plus haute ! C’est dire que la réalité n’est plus la mesure de la vérité, surtout quand il s’agit de cette vérité supérieure, quasi-religieuse, de ce “devoir sacrée” interdisant, sous peine de “sacrilège”, de nier l’Holocauste. En d’autres termes, il existe une réalité historique et une réalité non-historique, mais seule la seconde mérite le nom de « réalité » !

C’est de la folie furieuse, mais voilà qu’elle imprègne toujours plus la société qui nous entoure. Et nous, êtres humains, qui sommes des animaux sociaux, nous nous trouvons forcément influencés par la société. Catholiques ! – et vous, les non-catholiques ! – si vous voulez garder la tête au-dessus des flots de cette folie qui monte, récitez tous les jours les 15 Mystères du Saint-Rosaire. A elle seule Notre Dame est capable de préserver votre santé mentale. Ces « Commentaires » n’ont pas d’autre remède à proposer.

Kyrie eleison.

Sarto, Siri ?

Sarto, Siri ? posted in Les Commentaires Eleison on septembre 29, 2012

Lors d’un sermon pour la fête de Saint Pie X, je me suis surpris à prononcer une « quasi-hérésie » : Je me demandais à voix haute si Joseph Sarto aurait désobéi à Paul VI lorsque celui-ci détruisait l’Église, si au lieu de mourir étant le Pape Pie X en 1914, il était mort comme Cardinal, disons en 1974. Dans la Fraternité Saint Pie X, cela doit ressembler à une hérésie car, comment la sagesse du patron céleste de la FSPX peut-elle être prise en défaut ? Néanmoins la question n’est pas inutile.

Dans les années 1970Mgr. Lefebvre entreprit quelques visites personnelles à un certain nombre de cardinaux et d’évêques de l’Église parmi les meilleurs, dans l’espoir d’en persuader au moins une poignée à offrir une résistance publique à la révolution de Vatican II. Il disait souvent que la résistance unie de rien qu’une demi-douzaine de ces évêques aurait pu sérieusement entraver la débâcle Conciliaire de l’Église. Hélas, ni même le Cardinal Siri de Gênes que Pie XII souhaitait avoir comme successeur, ne voulait faire un geste publique contre l’Église officielle Conciliaire. Finalement, Monseigneur de Castro Mayer s’associa en public à Mgr Lefebvre, mais pas plus tôt que dans les années ‘80, alors que la Révolution Conciliaire s’était déjà bien incrustée au sommet de l’Église.

Vient alors la question : comment fut-il possible que les meilleurs parmi les esprits les mieux préparés aient pu être aussi aveuglés ? Comment au moins quelques-uns parmi les meilleurs hommes d’Église de l’époque ne furent-ils pas en mesure de voir ce que l’Archévêque voyait, par exemple que la « loi » qui instaurait la Nouvelle Messe ne pouvait être en aucune façon une vraie loi, car il appartient à la nature même d’une loi d’être un ordonnancement de la raison pour le bien commun ? Comment Monseigneur Lefebvre put-il se trouver si relativement seul pour refuser qu’un principe de bon sens aussi fondamental se laissât étouffer par respect de l’autorité, alors que la survie même de l’Église était gravement menacée par Vatican II et la Nouvelle Messe ? Comment l’autorité put-elle arriver à prendre ainsi le dessus de la réalité et de la vérité ?

Je réponds que depuis sept siècles la Chrétienté glisse dans l’apostasie. Pendant 700 ans, avec de nobles interruptions telle la Contre-réforme, la réalité du catholicisme s’est vue lentement ronger par le rêve cancéreux du libéralisme, comme quoi l’homme doit se libérer de Dieu en libérant sa nature de la grâce, son esprit de la vérité objective, et sa volonté du bien et du mal objectifs. Pendant très longtemps, pendant 650 ans, les chefs de l’Église catholique se sont accrochés à la réalité et l’ont défendue, mais à la fin, la force du rêve de la modernité, fantaisie toujours plus éblouissante et séduisante, finit par pénétrer dans leurs os suffisamment pour que la réalité perdît son emprise sur leurs esprits et leurs volontés. La grâce venant à leur manquer, ainsi que le dit Saint Thomas Moreà propos des évêques anglais de son époque qui trahissaient l’Église catholique, les prélats de Vatican II laissèrent le rêve des hommes peser plus que la réalité de Dieu, et l’autorité peser plus que la vérité. Il y a ici des leçons pratiques pour le clergé comme pour les laïcs.

Chers confrères, à l’intérieur comme à l’extérieur de la FSPX, pour servir Dieu, prenons garde de ne pas réagir comme Joseph Siri alors qu’en réalité il nous faut réagir comme Joseph Sarto, avec ses magnifiques condamnations des erreurs modernes dans Pascendi, Lamentabili et Notre Charge Apostolique sur le Sillon. Et pour obtenir la grâce dont nous avons besoin dans cette crise la plus terrible de toute l’histoire de l’Église, nous avons terriblement besoin de prier.

Quant à vous, fidèles, si les horreurs de la vie moderne vous font avoir « faim et soif de justice », réjouissez-vous, si vous pouvez, de ce que ces horreurs vous maintiennent dans la réalité, et ne doutez pas que si vous persévérez dans cette faim et soif, « vous serez rassasiés » (Mt.V, 6). Bienheureux les pauvres en esprit, les doux, ceux qui pleurent, dit Notre Seigneur au même endroit. Quant à la protection la plus sûre pour éviter que vos esprits et vos cœurs ne soient pris par le rêve, priez cinq, ou mieux quinze, Mystères chaque jour du Saint Rosaire de Notre Dame.

Kyrie eleison.

La Résistance Minée

La Résistance Minée posted in Les Commentaires Eleison on juillet 21, 2012

La bonne nouvelle sortant du Chapitre Général de la Fraternité St Pie X qui a pris fin il y a une semaine, c’est que la Fraternité menée au bord du suicide a obtenu du Chapitre un sursis. Mais si les paroles suivantes tirées d’une interview transmise au monde entier représentent l’état d’esprit des chefs de la Fraternité toujours en place pour six années encore, il va falloir prier pour que le sursis perdure. Ces paroles sont peut-être accessibles encore à l’Internet (voir Catholic News Service ) :—

« Beaucoup de gens ont une notion du Concile (Vatican II) qui est une notion fausse, et maintenant il y a des Romains qui le disent. On peut dire, je pense, que dans les Discussions (menées entre Rome et la Fraternité de 2009 à 2011) nous voyons que beaucoup de choses que nous autres (de la Fraternité) nous aurions condamnées comme venant du Concile, ne viennent pas en réalité du Concile, mais de la notion commune du Concile. »

Pour commenter ces paroles, il faut retourner à Vatican II. Les 16 documents du Concile, contenant et de la vérité et des erreurs, sont profondément ambigus et contradictoires. A la suite de Mgr Lefebvre, la FSSPX n’a jamais dit qu’ils ne contiennent aucune vérité, mais elle les a toujours accusés de contenir des erreurs sérieuses, par exemple la doctrine que l’État n’a aucun droit de réprimer les religions non-catholiques. Par contre la Rome Conciliaire a toujours défendu ces documents, en relevant les vérités opposées qu’ils contiennent, par exemple l’affirmation qu’en matière de religion tout homme doit chercher et professer la vérité. Mais ces vérités n’ont jamais été le problème. Le problème, c’est l’erreur et la contradiction. Par exemple, si une masse d’individus, tel l’État, peut rester neutre en matière de religion, pourquoi l’ individu seul ne le peut-il pas ? Une telle contradiction ouvre la porte en grand pour libérer l’homme de Dieu – c’est l’essence même du libéralisme.

Les Discussions doctrinales de 2009 à 2011 ont été établies pour examiner l’affrontement doctrinal entre le subjectivisme des Romains conciliaires et l’objectivisme de la FSSPX catholique. Elles ont montré, comme l’on s’y attendait, que l’affrontement est profond et inconciliable, pas entre la vérité conciliaire et la vérité catholique, mais entre l’erreur conciliaire et la vérité catholique, en effet entre la religion de l’homme et la religion de Dieu.

C’est ici qu’intervient celui qui a parlé ci-dessus pour affirmer que « des Romains » ont raison et que « nous » avons tort, c’est-à-dire la FSSPX, parce que « beaucoup de choses » que la FSSPX a toujours condamnées comme venant du Concile ne viennent de fait que d’une « notion commune » du Concile. Autrement dit, depuis le début Mgr Lefebvre et sa Fraternité ont eu tort d’accuser le Concile, et donc de résister à la Rome conciliaire. Il s’ensuit que les sacres d’évêques en 1988 ont dû être une décision inutile parce qu’on aurait pu faire confiance aux évêques conciliaires pour qu’ils s’occupassent de la Tradition catholique. Pourtant Mgr Lefebvre a appelé ces sacres « Opération Survie », tandis qu’il a qualifié d’« Opération Suicide » l’alternative de faire confiance à la Rome conciliaire.

Aujourd’hui, en conformité avec les paroles citées ci-dessus, leur auteur favorise certainement un accord entre Rome et la FSSPX. De plus il aurait suggéré en Autriche le 25 mai que cet accord laisserait à la Rome conciliaire le choix des futurs évêques de la FSSPX. A moins donc que cette Rome n’ait cessé d’être conciliaire depuis le temps de Mgr Lefebvre, et toute l’évidence s’inscrit en faux contre une telle illusion, Mgr Lefebvre aurait dit que l’auteur de ces paroles promouvait l’« Opération Suicide » de la FSSPX. Et cet auteur, les a-t-il désavouées depuis ?

Kyrie eleison.